Après l’audience à la CPI Les Femmes du FPI : « Libération pure et simple pour Gbagbo ! »

L’audience de confirmation des charges contre le président Gbagbo à la CPI continue de susciter des commentaires à travers le monde entier. En Côte d’Ivoire, l’Organisation des Femmes du Front populaire ivoirien (OFFPI) réunie en assemblée extraordinaire a décidé d’exiger la libération sans condition du fondateur de son parti. En voici la déclaration.

Jeudi 7 Mars 2013 - 06:07


Après l’audience à la CPI Les Femmes du FPI : « Libération pure et simple pour Gbagbo ! »
Après 15 mois de détention à la prison de la Haye, le président Laurent Gbagbo a enfin comparu, le 19 février 2013, dans le cadre de l’audience de confirmation ou non des charges. Ayant suivi avec intérêt cette audience, l’Organisation des Femmes du Front Populaire Ivoirien (OFFPI), réunie ce samedi 2 mars 2013, en Assemblée Générale Extraordinaire, a décidé de faire la présente déclaration, afin de demander la libération pure et simple du président Laurent Gbagbo. Pour comprendre cette position, il convient de faire l’historique de la crise socio politique que vit la Côte d’Ivoire depuis plus dix ans.

1/ Les faits

Le 19 septembre 2002, une tentative de coup d’Etat contre le régime du président de la République, Laurent Gbagbo, s’est transformée en rébellion armée. Les assaillants défaits à Abidjan s’étant retirés sur la partie Nord du pays, ce retrait a consacré une partition entre le Nord et le Sud. Estimant que la Côte d’Ivoire ne pouvait sortir de la crise par la guerre, Laurent Gbagbo a opté pour le règlement négocié du conflit. Pendant 10 ans, il a tendu la main aux rebelles et mis en œuvre des mesures concrètes.

Les mesures mises en œuvre par le président Laurent Gbagbo

Dès son accession au pouvoir d’Etat, Laurent Gbagbo a organisé un forum de réconciliation nationale. Pour réussir cette œuvre de paix et de cohésion nationale, le président de la République d’alors a dû consentir d’énormes efforts. Il a fait revenir au pays Alassane Ouattara alors en exil en raison d’un mandat d’arrêt international émis contre lui par Henri Konan Bédié. Le président Gbagbo a fait également revenir au pays Henri Konan Bédié lui-même, en exil après le coup d’Etat de 1999 contre son régime. Des dispositions ont été aussi prises pour que le Général Robert Guéi, auteur du coup d’Etat qui s’était retiré dans son village après l’élection d’octobre 2010, participe également à ce forum.
La crise survenue, Laurent Gbagbo a pris une loi d’amnistie pour mettre en confiance tous les rebelles. Il a fait intégrer tous les militaires déserteurs de l’armée avec rappel de leurs soldes… Outre ces mesures et bien d’autres, Laurent Gbagbo a accepté le partage du pouvoir. Avant et pendant les 10 années de crise, il a gouverné avec l’opposition et tous les mouvements rebelles pendant que ceux-ci détenaient encore les armes. Outre le partage du pouvoir, Laurent Gbagbo a initié le dialogue direct, qui a abouti à l’Accord politique de Ouagadougou (APO), entériné par la communauté internationale. C’est dans ce cadre, qu’il a nommé Soro Guillaume, le chef de la rébellion armée, au poste de Premier ministre. Par ailleurs, il a usé des pouvoirs exceptionnels que lui conférait l’article 48 de la constitution, pour que soient éligibles Konan Bédié, constitutionnellement forclos à cause l’âge, et Alassane Ouattara inéligible pour « nationalité douteuse » selon un arrêt de la Cour suprême.
Toujours dans le cadre de cet accord de paix, le Président Gbagbo a cru de bonne foi pouvoir organiser des élections, alors que les rebelles étaient toujours en armes. Le scrutin qui a commencé en octobre 2010 s’est achevé en novembre 2010, avec un second tour opposant Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara. Il fut marqué par de nombreuses irrégularités dans les zones sous contrôle de la rébellion. Alors que la Cei était forclose, son président, Youssouf Bakayoko s’est retrouvé seul, à la surprise générale, au QG de campagne du candidat Alassane Ouattara pour y annoncer des chiffres qui le donnent gagnant. En revanche, conformément à la constitution de Côte d’Ivoire, le Conseil constitutionnel, unique juge des élections, a proclamé Laurent Gbagbo vainqueur et l’a investi le samedi 4 décembre 2010. Mais Alassane Ouattara entreprit, avec l’aide de la communauté internationale, la conquête du pouvoir par les armes. Et c’est dans cette logique que la France de Nicolas Sarkozy a bombardé la résidence officielle du président de la République de Côte d’Ivoire, durant 11 jours. A l’issue de cette opération militaire, Laurent Gbagbo est déposé et Alassane Ouattara installé. Depuis cette date, le président Laurent Gbagbo qui a pourtant demandé le recomptage des voix, comme ce fut le cas aux Etats-Unis, en Haïti et en France avec l’UMP, est en prison. Après huit mois de détention arbitraire dans des conditions inhumaines, au Nord du pays, il a été déporté à la Haye où il est détenu. Le 19 février 2013, a eu lieu l’audience de confirmation ou non des charges. De cette audience, l’Offpi observe ce qui suit :

2/ Les observations de l’OFFPI

L’audience de confirmation des charges ou non a été une séquence historique dans l’affaire Procureur de la Cpi contre Laurent Gbagbo. L’Organisation des Femmes du Front Populaire Ivoirien fait les constats suivants :

a/ L’accusation est un grossier montage

Les faits d’accusation contre le président Gbagbo constituent un montage grotesque. En effet, au plus fort de ses démonstrations, l’accusation a brandi une pièce en charge, notamment une vidéo. Projetée pour montrer qu’en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a brûlé des personnes, la pièce était un faux. C’est une image volée de la crise kenyane, rien que pour accabler Laurent Gbagbo et obtenir sa condamnation. Avec une légèreté inimaginable, la procureure Fatou Bensouda a reconnu que cette pièce importante a été introduite par mégarde dans les dossiers de l’accusation.

b/ L’accusation est une revue de presse

L’Offpi note avec déception que les actes d’accusation contre le président Laurent Gbagbo se résument en une revue de presse. En effet, il apparait clairement que ces actes se résument pour l’essentiel, à une revue des articles de presse des journaux du pouvoir Ouattara, diabolisant Laurent Gbagbo. Au total, la procureure ne parvient pas à démontrer que Laurent Gbagbo a mis en œuvre un « plan commun » pour se maintenir au pouvoir.

c/ L’accusation est une procédure déséquilibrée

L’Offpi fait remarquer que, dans l’affaire qui l’oppose à la procureure de la Cpi, le président Laurent Gbagbo est poursuivi comme co-auteur indirect. Cette procédure pour le moins est incohérente et déséquilibrée. Parce que l’accusation est jusqu’ici, incapable de montrer les auteurs directs dans la procédure. Celle-ci ne peut donc prospérer. D’ailleurs, peut-on reprocher à un chef d’Etat d’avoir pris des dispositions sécuritaires pour la protection des populations dans un environnement de guerre, créé par ceux qui voulaient à tout prix prendre le pouvoir par les armes?

d/ Une accusation uniquement à charge

L’OFFPI a été surprise de constater que la procureure et son équipe occultent fort étrangement les crimes commis par le camp Ouattara dans la période visée. Alors que deux des quatre chefs d’accusation concernent la commune d’Abobo, la procureure ignore royalement l’existence du commando invisible et ses actes criminels, l’assassinat de dizaines d’éléments des Fds, le massacre des populations d’Anonkoua-Kouté, un village de la même commune d’Abobo. L’accusation oublie les exterminations commises par les partisans de Ouattara à Duékoué, Nahibly, etc., à l’Ouest du pays. Ce qui sous entend que l’accusation n’a enquêté qu’à charge alors qu’elle a l’obligation de le faire aussi à décharge.
Devant tous ces défauts, toutes ces défaillances, l’Offpi adopte la position qui suit.

3/ La position de l’OFFPI

L’Offpi, comme l’ensemble des démocrates d’Afrique et du monde entier, a suivi avec intérêt la procédure initiée par la Cpi contre Laurent Gbagbo. Issue elle-même du Front populaire ivoirien, un parti profondément attaché à la légalité, l’Offpi n’a pas voulu faire entrave à la procédure, en faisant des déclarations pendant l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges. Après la dite audience, l’Offpi constate que l’accusation n’a pas apporté la preuve que Laurent Gbagbo a commis les faits pour lesquels il est poursuivi. Bien au contraire, l’accusation a fait des allégations graves sur la base de rumeurs, d’amalgames et de contrevérités. Ce qui la discrédite totalement. L’Offpi demande par conséquent à Mesdames et Messieurs les juges de la Cpi d’en tirer toutes les conséquences. Et de libérer purement et simplement le Président Laurent Gbagbo pour la paix et une vraie réconciliation nationale en Côte d’Ivoire.

Fait à Abidjan, le samedi 2 mars 2013
Pour l’OFFPI
L’Assemblée générale
extraordinaire »
 

 

Publié le jeudi 7 mars 2013  |  Notre Voie




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