Après l’arrestation d’Assoa Adou/ Hubert Oulaye à Ouattara : « Respectez les engagements pris vis-à-vis des exilés »

Jeudi 15 Janvier 2015 - 15:35


Après l’arrestation d’Assoa Adou/ Hubert Oulaye à Ouattara :  « Respectez les engagements pris  vis-à-vis des exilés »
Depuis le vendredi 9 janvier 2015, de folles rumeurs circulent faisant état de mon interpellation par la DST à la suite de l’arrestation et du déferrement à la MACA du Dr Assoa Adou, Directeur national de campagne du Président Laurent GBAGBO. Je tiens à dire qu’en dépit de ces rumeurs qui n’ont pas manqué de jeter l’émoi autant dans mon entourage qu’au sein des militants du FPI, dont je suis le président du Comité de contrôle, je suis resté à mon domicile. Je n’ai ni été arrêté ni reçu de convocation de la DST. Je voudrais toutefois m’interroger clairement sur l’origine et le but de cette information tendancieuse qui a circulé de façon persistante sur la toile durant trois jours, et a même été reprise à sa une par le quotidien « Le Patriote », lui donnant par ce fait, le cachet d’une vérité officielle ou le statut d’une vraie-fausse information. Voilà plus d’un mois  que je suis rentré d’exil, précisément le 30 novembre 2014, dans le but premier de participer au Congrès de mon parti, le FPI, qui n’a pu se tenir durant 13 ans à cause de la crise militaro-politique. J’ai pris cette décision au regard de trois considérations : La déclaration faite, le 19 décembre 2013, par le ministre Amani N’Guessan en la présence du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, le patron de la DST, demandant aux exilés de rentrer au pays sous la promesse que personne ne serait arrêté ; L’accord FPI-Gouvernement signé le 22 mai 2014 par le Premier ministre Jeannot Ahoussou Kouadio et le président du FPI, le Premier ministre Pascal Affi N’Guessan dans lequel est écrit ce qui suit s’agissant des exilés :
«d) Sur la question des exilés. Le gouvernement a réitéré son appel au retour de tous les exilés et s’est à nouveau engagé à s’impliquer entièrement pour un retour sécurisé des exilés, en effectuant les démarches auprès du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR). Il s’est également engagé à n’entreprendre aucune arrestation. S’agissant, de ceux qui sont sous le coup de poursuites judiciaires, ils ne seront pas mis aux arrêts à leur retour conformément aux engagements pris par son Excellence Monsieur le président de la République. Sur cette base le gouvernement a invité le FPI à lancer un appel pressant à ceux de nos compatriotes encore en exil en vue de leur retour en Côte d’Ivoire ». -Les exilés retournés au pays depuis plus d’un an et n’ayant pas été inquiétés, cela donne ainsi à croire qu’il était possible de faire foi à la Déclaration 2013 et à l’accord du 22 mai 2014. Je voudrais aussi souligner que lors de mon passage à la frontière de Noé, les autorités ivoiriennes présentes à cette occasion ont salué ce retour comme un acte républicain allant dans le sens de la réconciliation voulue par le gouvernement. Fort de cela, j’avais pensé que les esprits étaient prêts dans le pays à aller vers la vraie réconciliation, qui ne saurait se suffire d’actes louables ou isolés, mais doit se matérialiser dans un franc dialogue national entre tous les adversaires d’hier, dans le but de préserver notre pays d’une seconde catastrophe postélectorale après octobre 2015. Or ce que je vois depuis quelque temps tend à me donner tort. Tout d’abord, une ingérence inopportune du pouvoir judiciaire à la demande, il est vrai, du président Affi N’Guessan, dans les affaires internes du FPI, alors que les militants de ce parti ne demandaient qu’à organiser simplement un congrès ajourné depuis 13 ans, en vue de se donner une nouvelle direction pour embrasser l’année électorale sur la base de directives consensuelles claires et se mobiliser en vue de la libération de leur leader, le président Laurent Gbagbo. Résultat : le congrès est reporté et la candidature du Président Laurent Gbagbo invalidée sur la base d’arguments non convaincants ! Ensuite, alors que face à cette situation, nullement découragés, les militants du FPI recherchaient en interne les voies et moyens pour régler leurs problèmes et organiser le congrès, le DNC, le Dr Assoa Adou, rentré d’exil il y a également plus d’un (01) mois, est curieusement arrêté puis déféré à la MACA, sous l’accusation « générique » d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Le Dr Assoa Adou était pourtant rentré sur la foi de l’accord du 22 mai 2014. C’est dans ce même temps qu’il s’est répandu, partout, l’information selon laquelle je faisais, moi-aussi, l’objet d’une interpellation par la DST pour des motifs que ni les rumeurs ni le journal Le Patriote n’ont pu indiquer. Mon analyse Je trouve fort préoccupant qu’à moins d’un an d’une échéance capitale qui devrait amener tout le monde à rechercher résolument les voies et moyens d’apaisement et d’unité, de l’huile soit jetée sur un feu non éteint. Le feu n’est pas encore éteint car il y a des victimes à soulager et à réconforter, des prisonniers à libérer, des exilés à ramener, des maisons et des terres encore occupées, des comptes toujours gelés. Le feu n’est pas encore éteint parce que Laurent Gbagbo est à la Haye et que rien ne semble se dessiner pour aider à une réconciliation nationale qui prenne en compte tous ces problèmes. Pourquoi jeter de l’huile sur ce feu au lieu de chercher à l’éteindre? Est-ce pour les placer dans des maisons d’arrêt que l’on demande aux exilés de rentrer en Côte d’Ivoire, au mépris des engagements pris et des accords signés ? Est-ce pour les intimider et les empêcher de prendre part à la vie politique de leur parti et à la recherche de solution pour une véritable sortie de crise qu’on les invite à rentrer en mettant en avant qu’il s’agit de gestes d’apaisement voulus par le gouvernement ? Pourquoi le Comité de suivi de l’accord du 22 mai 2014 ne s’est-il pas préoccupé du sort du Dr Assoa Adou ? Mais surtout, croit-on vraiment que c’est dans la multiplication des emprisonnements, des humiliations et intimidations des opposants proches du Président Laurent Gbagbo que se trouve la voie, la seule voie de salut pour l’ensemble des Ivoiriens ? Ma réponse est mille fois non ! Qu’il me soit permis de rappeler ici que malgré la rébellion et les graves soupçons qui ont porté sur des personnalités de l’opposition à l’époque, aucun dirigeant du pouvoir actuel n’a été jeté en prison par le président Laurent Gbagbo. Au contraire, il a choisi de signer une succession d’accords politiques ainsi que des actes internes qu’il n’est pas utile de citer, dans le seul but de ramener la paix en Côte d’Ivoire. Ce sont de tels actes de portée nationale et capables d’éteindre le feu que le FPI et les Ivoiriens, dans leur ensemble, attendent du pouvoir. L’accroissement du nombre des prisonniers politiques n’est pas une victoire mais le signe d’une absence de dialogue inter-ivoirien pour tourner la page de la crise. Or, je ne pense pas que le fait d’accroître indéfiniment le nombre des prisonniers politiques, aura pour effet de répondre comme par miracle, aux nombreux points d’interrogations qui se lèvent inexorablement sur l’horizon 2015, et se dressent comme autant d’obstacles d’ordre politique, constitutionnel, électoral, psychologique à des élections apaisées. Aucun emprisonnement et aucune menace, intimidation ni manœuvre de déstabilisation d’un parti politique quel qu’il soit ne sont des solutions viables et durables aux maux dont souffrent les Ivoiriens et la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, et sans prétention aucune, je dis qu’il faut arrêter cette machine infernale et accepter de faire face à nos responsabilités devant l’histoire. Nous avons tous, dirigeants politiques mais tout particulièrement le peuple ivoirien, à y gagner. C’est pourquoi, selon moi, le temps est maintenant venu de tourner le dos à une méthode dont le seul effet est de cristalliser les rancœurs et de nous éloigner chaque jour un peu plus de ce qui peut encore nous réconcilier et nous rassembler pour sauver notre pays. Le temps est venu, je crois d’appeler tous les Ivoiriens à se parler, franchement, sans faux-fuyant, dans un cadre véritable de dialogue national, car là seulement se trouvent le salut et l’avenir de notre pays. Et c’est maintenant et pas demain. Alors, respectons les engagements pris vis-à-vis du Dr Assoa Adou et de tous les exilés de retour en Côte d’Ivoire. Pour le reste, allons à un Véritable Dialogue National.

Fait à Abidjan, le 13 janvier 2015

Le Ministre Hubert Oulaye NB : les surtitre et titre sont de la Rédaction
 




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