Après l’appel de Miaka Oureto au Pdci / Pr. Dedi Séry (Fpi) répond aux accusations de xénophobie ‘‘Il y a plus ivoiritaire et plus xénophobe aujourd’hui...et l’interpellation du président Miaka vient à point nommé’’

Vendredi 19 Avril 2013 - 08:30


Après l’appel de Miaka Oureto au Pdci / Pr. Dedi Séry (Fpi) répond aux accusations de xénophobie ‘‘Il y a plus ivoiritaire et plus xénophobe aujourd’hui...et l’interpellation du président Miaka vient à point nommé’’

Après l’appel de Miaka Oureto au Pdci / Pr. Dedi Séry (Fpi) répond aux accusations de xénophobie :
‘‘Il y a plus ivoiritaire et plus xénophobe aujourd’hui… et l’interpellation du président Miaka vient à point nommé’’

Secrétaire général adjoint chargé de la doctrine et de la communication, Pr. Dédi Séri, est le maître à penser dans le landerneau du Fpi. Suite à l’appel du 15 avril, du président de son parti, Sylvain Miaka Oureto, qui invitait le Pdci à un sursaut national pour ‘’sauver la démocratie’’, l’idéologue procède à travers cette interview téléphonique, à une explication de texte. Un texte au contenu jugé xénophobe et aux antipodes du contexte sociopolitique actuel, selon certains observateurs. Pourtant Dédi Séri persiste et signe : ‘’Miaka a eu raison’’.
(Re)nir sur cet appel du 15 avril formulé par le président Miaka Oureto et appelant le Pdci à je cite ‘’sauver la démocratie dans notre pays par des décisions courageuses et responsables’’ ? Une déclaration que certains taxent de xénophobe. Est-il question de xénophobie dans cette déclaration ? C’est l’interprétation qu’en font certains observateurs. Quand il dit par exemple ‘’ resserrons nos rangs pour faire barrage aux prédateurs ’’ Les prédateurs sont-ils forcément les étrangers ? Et puis si un étranger est prédateur, on ne peut pas le refouler non plus ? Qu’appelez- vous xénophobie à tout bout de champ ? C’est l’interprétation qui en découle ! Cette interprétation est courte. Vous pensez que quand on parle de prédateur, parce que vous par exemple, vous ne pouvez pas en être un et moi non plus, que c’est forcément un étranger, donc c’est xénophobe ? Deuxièmement, quand bien même que ce serait un étranger et parce qu’il est étranger, s’il est prédateur, on ne pourrait rien dire ? C’est le sens de votre question ! Non ! Il faut qu’on essaie de surpasser toutes les intoxications pour parler de l’avenir de la Côte d’Ivoire de façon libre. Et, je pense que l’interpellation du président Miaka vient à point nommé. Nous sommes dans une période où tout nous échappe. Si vous revisitez l’histoire politique de la Côte d’Ivoire, vous verrez que nous nous éloignons des affres du monopartisme d’Houphouët déjà. Nous sommes très loin des atrocités créées par le parti unique. C’est-à-dire, que le parti unique sous Houphouët est de très loin préférable à ce que nous vivons aujourd’hui. Houphouët-Boigny avait arrêté à un moment donné de nommer les députés. Aujourd’hui, non seulement ils sont un groupe monocolore ou monoethnique, mais ils (les députés) ne jouent plus aucun rôle. Houphouët- Boigny, à un moment donné, avait arrêté de nommer les députés. Quand l’Assemblée nationale n’a plus son mot à dire, quand les journalistes de la presse d’Etat parlent d’une seule voix, quand l’université n’a plus droit à sa franchise parce que les franchises universitaires sont bafouées et qu’on nomme un président d’université, c’est pour quoi faire ? Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie un recul et c’est tout le pays qui recule. Donc nous sommes face à un naufrage collectif. Je pense que sous ce rapport, le président Miaka a raison d’interpeller ceux qui se disent encore Houphouëtistes alors que l’héritage de leur ancêtre va à vau-l’eau. Voilà ma réponse. Ne pensez-vous pas que les termes qu’il a utilisés sont trop forts quand il dit que ‘’ nous n’avons que cette patrie donc défendons-la’’ ? Cher ami, vous êtes un intellectuel et le reste vous pouvez l’apprécier comme vous voulez. Mais je vous dis ce que je ressens et je décris la situation globale devant laquelle nous sommes. Si vous considérez que cela ne nécessite pas une alliance, c’est à votre appréciation. Mais nous pensons que la politique, c’est toujours la démocratie et elle se passe à l’intérieur des frontières nationales. Lorsque l’accès est menacé et qu’on doit se taire pour ne pas paraître xénophobe, je ne vois pas ce qu’il y a lieu de faire. Il faut examiner la situation parce que l’arme de la xénophobie et de l’ivoirité, n’est pas l’apanage du FPI. Il y a d’ailleurs plus ivoiritaire et plus xénophobe aujourd’hui. Lorsqu’un Président de la République dit qu’il est là pour faire rattraper son ethnie. Est-ce que c’est moins grave par rapport à d’autres rappels comme celui de Miaka ? Vous n’examinez que les positions du plus faible qui sont pourtant les plus justes. Il faut vous décomplexer à mon avis. Et puis solliciter que nous ayons tous droit à la télévision et à la radio, pour qu’on en débatte. Nous faisons notre travail de presse écrite et c’est justement à l’occasion de ce débat que nous vous donnons la parole. Oui, mais on invite aussi la presse écrite à des débats télévisés. C’est le conseil que je peux vous donner pour qu’on sorte de ces commérages qui nous font plonger toujours plus bas. Donc, ma position, c’est celle-là. À savoir que le président Miaka a tout à fait raison d’interpeller ceux qu’on peut interpeller encore. Parce que c’était au nom d’un idéal, l’idéal Houphouëtiste. Cet idéal, qui en est le grand frère ? C’est bien le Pdci-Rda du président Bédié. Sous ce rapport là, il interpelle celui qu’on peut interpeller. C’est-à-dire celui qui est peut-être plus au fait des choses, parce qu’Alassane est plus jeune et le Rdr est né en 1994. Donc, les dérives qui menacent la survie de la nation, je pense que ces dériveslà, la première personne à qui on peut les indiquer, c’est bien le président Bédié. Je pense qu’il faut que vous revoyiez les choses. Parce qu’on a atteint un niveau de déliquescence de l’Etat. Nous ne sommes plus dans un Etat moderne. Nous sommes dans un ‘’état féodal’’. La féodalité, c’est une juxtaposition d’Etats, d’espaces féodaux, chacun avec son seigneur qui vivent à l’intérieur des frontières. Nous sommes exactement dans cette position. Mais, on peut s’étonner et s’indigner que la Côte d’Ivoire se retrouve comme au moyen âge comme un Etat féodal. Nous sommes dans la féodalité. A Bouaké, qu’est-ce qui se passe, à l’ouest, qu’est-ce qui se passe ? A Adjamé, à Yopougon, chaque coin de l’espace ivoirien a, à sa tête, un seigneur de la guerre qu’on ne peut pas maîtriser. Et, je pense que pour cette raison, on peut et on doit même être courageux d’interpeller une personne, un groupe, une personnalité qu’on peut interpeller. Quand vous dites qu’à Yopougon, à Bouaké ou à Korhogo, on a des seigneurs de guerre qu’est-ce que ça veut dire ? Ce sont des bandes de terre qui ont à leur tête des chefs. Mais, ce n’est plus l’Etat ça ! Mais, depuis longtemps, comme vous l’aviez revendiqué la gendarmerie et la police sont de retour dans ces localités et ont repris leur travail. Est-ce qu’on est encore à l’étape des seigneurs de guerre ? Ce que je dis, est une révélation des structures mieux placées que moi pour faire des observations dans le pays. Ce sont les ONG internationales qui le disent. Il faut arrêter cela pour que l’Etat redevienne un Etat moderne. Nous sommes dans la féodalité. Abidjan est subdivisée en zones avec chacune à sa tête un seigneur qu’on ne peut pas maîtriser. C’est pour cela, les impôts et la douane ont du mal à faire rentrer de l’argent. C’est pour cette raison qu’on ne voit plus l’argent, il ne circule plus pour ces raisons-là, entre autres. Donc ce que nous disons n’est pas large. Il faut des débats plus profonds et c’est une supplique que je vous demande de lancer à qui de droit. Parce que cet entretien est bon mais tout le monde ne lit pas les journaux. Celui qui est garçon doit permettre que tout le monde parle devant tout le monde. Il faut un débat parce qu’on est déjà en deçà des avancées obtenues depuis 1990. C’est un recul vertigineux. Et, je pense une fois encore que le président Miaka a raison d’interpeller tout le monde, voire même le Rdr. parce que le Rdr n’est pas forcément monolithique ou homogène, le Pdci non plus. Et c’est avec ces termes là qu ’il doit interpeller le Rdr ? Je dis qu’il doit interpeller tout le monde y compris toutes les têtes pensantes dont on a entendu parler ces vingt dernières années. Parce qu’on pense que c’est une affaire du seul Fpi. Le Fpi qu’on veut faire disparaître de la planète. Ce n’est peut-être pas ça ! Mon problème, c’est que je suis très amusé de voir que des gens ne savent pas de quoi demain sera fait. Alors que demain juge toujours. L’humanité a trois dimensions : le passé, le présent et l’avenir. Il y a aujourd’hui des gens qui ont tissé la dimension ‘’avenir’’, qui sont au présent oubliant même le passé. C’est en ces termes-là que le président Miaka continuera d’interpeller ceux qui savent encore que nous sommes dans un Etat-nation comme les autres Etats-nations qui se débrouillent pour se tirer d’affaire dans cette mouvance qu’on appelle mondialisation.

S. Debailly (coll.: L. Barro)





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