Après l'adresse de Mr Mamadou Koulibaly aux ivoiriens de France: Un cadre du NPR réagit.

Mercredi 16 Juillet 2014 - 12:01


Honoré Gboto, professeur d'Anglais à la Sorbonne, Conseiller spécial du président du NPR, Blaise Pascal Logbo
Honoré Gboto, professeur d'Anglais à la Sorbonne, Conseiller spécial du président du NPR, Blaise Pascal Logbo
Je suis triste pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique lorsque je me rends compte que certains intellectuels et hommes politiques, sur qui les peuples africains pouvaient compter, ne représentent en réalité que des coquilles vides.
C’est le cas de le dire lorsque le docteur Mamadou Koulibaly qu’on croyait être un stratège de la classe politique ivoirienne passe quatre heures de temps à faire de la littérature et à réciter ses leçons d’économie et de droit là où nous les ivoiriens de France attendions de vraies réponses aux graves questions que pose aujourd’hui la situation socio-politique de notre pays.
Je pouvais comprendre  qu’il ait cruellement manqué à Mr Mamadou Koulibaly le courage des grands combattants de la liberté tels Désiré TAGRO qui a laissé sa vie sous le déluge de feu qui s’est abattu sur la résidence du Président Laurent GBAGBO, mais de là à dire que le courage qu’il faut pour libérer la Côte d’ivoire n’est pas celui de dire non à l’imposture au prix de sa vie, je trouve cela aussi grotesque que honteux.
En effet, ce n’est pas à l’intellectuel chevronné Mamadou Koulibaly que je ferai l’injure de ne pas savoir dans quel monde il vit et comment ce monde fonctionne, lorsqu’il préconise à la place de la lutte de Laurent GBAGBO, l’émergence d’une nouvelle élites politiques dont le courage consisterait à se donner comme cheval de bataille les institutions internationales tels la Cour Internationale de Justice pour faire valoir nos droits et libertés par les voies judiciaires. Alors je me demande comment le légaliste qu’il dit être peut ignorer que ces institutions sont à la solde de ceux-là même qui confisquent nos libertés, ce que même les enfants de dix ans savent.
Que le docteur Koulibaly sache ceci  : nous les ivoiriens, avons compris depuis longtemps que ses agitations ne sont que de simples diversions qui cachent mal la trouille qui l’avait plongé dans un silence coupable pendant les heures les plus chaudes de la vraie lutte pour la liberté. Il a préféré retourner sa veste en faisant allégeance au niveau régime installé par la France et l'ONU a coups de canons et de bombes. Il a préféré se jeter par-dessus bord, pendant que le navire chavirait. Cette couardise spectaculaire est celle de  l'homme qui, après avoir fait des critiques acerbes du système néo-colonial français dans ses écrits, a manqué d'audace pour dire "Non" à l'imposture installée par la France en Côte d'Ivoire. Là où des ivoiriens attendaient de lui le sursaut du "Non" à l’imposture, le professeur Mamadou Koulibaly a montré un autre visage de la collaboration.
Oui nous savons qu’à Marcoussis, il avait claqué la porte face aux fourberies de Pierre Mazaud. Bravo! Mais ce que nous ne savons pas, c’est pourquoi n’avait-il pas créé son parti politique en ce moment-là.
A-t-on entendu une seule voix dissidente lors de tous les mauvais accords non respectés jusqu’au jour du bombardement  ?
Le démocrate Mamadou Koulibaly sait pourtant que la pratique de la démocratie commence au sein des partis politiques. Il sait que dans un parti politique lorsqu’on a une voie divergente de celle de la majorité trois possibilités s’offrent  :
-Soit on s’incline face à la majorité
-Soit on crée un courant comme le prévoit d’ailleurs les textes du FPI
-Soit on démissionne et on crée un parti politique, si on le désire.

Or depuis Marcoussis, Mr Mamadou Koulibaly est resté au FPI jusqu’aux bombardements pendant lesquels il est resté terré dans sa cachette avec sa carte de membre du FPI dans la poche.
En ce qui concerne les élections de 2010 sans désarmement auxquelles il dit avoir été opposé, cela est d’autant plus ridicule que Mr Koulibaly ne pouvait pas vouloir une chose et son contraire puisqu’il était l’un des directeurs de campagne de Mr Laurent GBAGBO. C’est la preuve irréfutable que non content d’avoir trahi, Mr Koulibaly ment à qui veut l’entendre.
Quant au refus de Mr Gbagbo de déposer une plainte à la CPI, après la reconnaissance de sa compétence en Côte d’ivoire dont il charge ce dernier, cette énième opposition ne suffisait-elle pas pour créer son parti politique  ?
Or, les ivoiriens n’avaient entendu aucune voix dissidente à cet effet si ce n’est celle du NPR naissant qui a saisi la CPI en 2008 et soutenu cette saisine par des marches devant cette institution avec l’assentiment et le soutien de personne.
Et puis Mr Mamadou Koulibaly, en sa qualité de président de l’Assemblée Nationale, n’était-il pas une voix autorisée pour amener les représentants du peuple ivoirien à interpeller le président Gbagbo  pour que les crimes  de 2002 fassent l’objet d’une plainte  ?
Enfin, lorsque la camarade patriote Christine TIBALA, le reprend quand il se présente avec cynisme en ami de Laurent Gbagbo ironisant  que si le Président Laurent Gbagbo avait beaucoup d’amis comme lui sa sortie de prison ne serait pas pour demain, la réponse de monsieur Koulibaly est encore plus cynique et suscite des questions  auxquelles il pourrait peut-être répondre  pour éclairer l’opinion nationale et internationale.
En effet, Mr Koulibaly dit avec la plus grande solennité qu’il demeure le seul qui peut sortir Laurent Gbagbo de prison. Or le monde entier sait que la France et Ouattara qui ont jeté Laurent Gbagbo en prison, sont les seuls qui peuvent l’en sortir.

Alors trois questions se posent:

-La première c’est que si Mr Mamadou Koulibaly est le seul à détenir le pouvoir de libérer Gbagbo comme il le prétend, qu’attend-il alors  ? à moins que Laurent GBAGBO, son soit disant  ami,  n’ait pas encore assez souffert pour son peuple.   
-la deuxième question c’est celle de savoir d’où il tient ce pouvoir  ?
Serait-il investit d’un pouvoir mystique  ? Cela serait, à mon avis, plus plausible car le pouvoir politique qui peut sortir Gbagbo de prison se trouve indiscutablement entre les mains de la France et de Ouattara.
Dès lors la troisième question n’est plus une question parce que Mr Mamadou Koulibaly nous confirme simplement qu’il est bel et bien dans le secret des dieux que sont la France et Ouattara comme nous le pensions déjà depuis son indécent retournement de veste qu’il tente désespérément d’enjoliver aux yeux du peuple.
Ceci étant dit, je  voudrais conclure ma contribution en indiquant simplement au docteur Koulibaly que ce serait une insulte à l’intelligence des ivoiriens de penser que la mayonnaise prendra après qu’il se soit révélé comme un partisan de l’intellectualisme creux dont l’Afrique et la Côte d’Ivoire n’ont pas besoin pour se libérer du joug néocolonial et impérial.
Le problème de la Côte d’Ivoire est tellement sérieux que nous avons certes parfois besoin de plaisantins pour rire et détendre une atmosphère trop pesante, mais nous étions loin d’imaginer que le docteur Mamadou Koulibaly ferait parti de ces plaisantins.
Et même s’il en fait partie, la traitrise n’est pas une plaisanterie d’autant plus qu’il s’agit de la vie d’un peuple.

Honoré Gbatto, Professeur d'Anglais à la Sorbonne
Conseiller spécial du président du NPR, Blaise Pascal Logbo
 




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