Appel citoyen à Charles Konan Banny et à Bertin Kouadio Konan

Dimanche 18 Octobre 2015 - 22:03


Le 25 octobre 2015 est la date constitutionnelle qui met fin au mandat de cinq ans du président de la République. Le lundi 19 octobre 2015, nous commençons la dernière semaine qui nous sépare de cette échéance. Si cette adresse vous interpelle tous les deux, elle n’est pas moins indiquée à l’endroit d’autres acteurs de la Coalition nationale pour le changement en Côte d’Ivoire, sur certains aspects de sa déclinaison. La responsabilité qui incombe à nos politiques est aujourd’hui de trouver la voie qui ne permette pas le déroulement de l’élection présidentielle dans les conditions actuelles. Car ces conditions déjà habitées par de nombreux germes de conflits, préfigurent des contestations et vont intensifier les tensions devant un élu qui sera passé en force et par la force. Il importe également de noter que plusieurs atermoiements liés à des positionnements hétéroclites ont dispersé les énergies. Etait-ce voulu pour qu’on se retrouve devant un mur  ? Mais on pourra par contre constater l’illégitimité de celui que Youssouf Bakayoko et Koné Mamadou auront tour à tour désigné comme élu sans une réelle élection. L’illégitimité de cet  auto-proclamé va être encore puante au point d’agrandir le fossé entre une dictature qui n’a de sorties qu’arrogance, propagande et violence et une opposition avec un pan à la soupe, qui devra contenir la colère d’un peuple qu’il a fait espérer. Mais en dehors de messsieurs Essy Amara (qui ne s’est pas inscrit dans la CNC) et de Mamadou Koulibaly - qui est de cette coalition – qui se sont retirés de la mascarade électorale, votre position (Charles Konan Banny et Bertin Kouadio Konan) nous parait des plus troubles et mérite d’être éclairci au plus vite. Par l’espoir que vous avez contribué à susciter dans les déclinaisons de la charte de la CNC, le peuple attend de vous jusqu’au 24 octobre que vous preniez vos responsabilités devant l’histoire. Devant une jeunesse dans l’impasse et en proie à des interrogations diverses sur son devenir  ; devant un peuple dont le vécu est empreint d’une paupérisation sans précédent  ; devant des impostures de natures diverses, le peuple de Côte d’Ivoire attend que vous l’entraîniez. Par ailleurs, l’expérience des uns et des autres montre qu’il est bon en matière politique de parler avec des pays amis et/ou des décideurs dans le domaine des relations internationales. Mais l’essentiel pour changer les choses dans son pays reste ce qu’on doit faire localement. Les décisions d’Essy Amara et Koulibaly Mamadou de se retirer sont à saluer et méritent d’être suivies.
Monsieur Charles Konan Banny, la CNC vous a porté à sa tête, espérant que vous mettriez à disposition votre carnet d’adresses. La CNC espérait aussi que vous construisiez un argumentaire qui pourrait entraîner toute l’opposition. Face à Ouattara, vous aviez avec vous le peuple. Mais vous avez pour l’instant choisi des petits pas dans la mollesse là où les Ivoiriens attendaient un ton de celui qui a réellement envie de briguer la magistrature suprême. Vous avez dirigé la CDVR, nous n’en connaissons pas les résultats. Et c’est toujours ainsi. Vous attendiez peut-être trop de vos nombreux aller/retours Abidjan-Paris-Abidjan.  Messieurs Charles Konan Banny et Kouadio Konan Bertin, à côté de vos argumentaires pour justifier votre révolte vis à vis du mot d’ordre de votre parti, le PDCI et donc du RHDP, vous avez expliqué pourquoi vous avez déposé vos candidatures nonobstant la non-reconnaissance de la CEI. Plus, vous avez tenté d’expliquer aux Ivoiriens et à l’opinion internationale pourquoi vous avez rompu votre alliance avec Ouattara. Charles Konan Banny et Bertin Kouadio Konan, vous avez les Ivoiriens devant vous. Il faut quitter la politique des petites phrases, arrêter de faire la fine bouche, retirer vos candidatures et appeler maintenant les Ivoiriens à manifester devant la CEI nuit et jour jusqu’à ce que monsieur Alassane Dramane Ouattara comprenne quel est le rapport de force politique dans le pays. En tout état de cause, si le «  rendez-vous  » était manqué, si les espérances que vous avez choisies d’incarner devraient être déçues, une certaine classe de politiques devra consommer son échec.



Claude Koudou, Analyste politique.
 




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