Appel au peuple pour le rétablissement de la démocratie en Côte d’Ivoire

Dimanche 25 Octobre 2015 - 22:38


Les élections de 2010 n’ont pas ramené en Côte d’Ivoire la paix escomptée. Le peuple espérait alors voir une élection consensuelle en octobre 2015 qui pourrait réconcilier les Ivoiriens. Car c’est au travers d’une élection transparente que les rapports de forces politiques sur le terrain se dégagent. Au contraire, le chef de l’Etat actuel veut la confiance par procuration alors qu’il n’a donné aucun gage de bonne conduite durant les cinq années qui viennent de s’écouler dans la douleur.
Les appels répétés de l’opposition allaient dans le sens d’un dialogue national en vue de l’organisation d’une élection incontestable, censée ramener la confiance entre les Ivoiriens et donc la paix dans le pays. Mais le chef de l’Etat ivoirien traite ces appels – qui sont pourtant pour l’intérêt national – avec mépris. Pis, il continue dans sa logique de menaces, de pressions, d’intimidations et de violences parce qu’il est décidé de passer en force.
L’opposition aurait voulu participer à l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2015. Mais à cause des pratiques du pouvoir qui n’ont aucun respect pour le pluralisme politique, des compétiteurs et non des moindres, ont dû se retirer. D’abord, Essy Amara, ensuite Mamadou Koulibaly et aujourd’hui Charles Konan Banny. Il faut saluer ces leaders qui ont joué le jeu de la démocratie pour l’opposition.
Face aux nombreuses anomalies observées dans le processus électoral – impossibilité à d’autres candidats (en dehors du chef de l’Etat et des opposants qu’il s’est choisi) de faire campagne dans le nord du pays  ; preuves de doublons constatés sur le listing électoral  ; circulation de fausses cartes électorales et la caporalisation des médias publics … –, après des violations successives de la Constitution, il est établi qu’il est maintenant temps de s’opposer frontalement à Alassane Dramane Ouattara.
Je suis d’un parti politique. Mais après de longues réflexions et au vu des expériences successives, ma conscience et le désespoir du peuple m’interpellent. Les effets des efforts de l’opposition sur le terrain apparaissent pour l’instant comme de l’immobilisme. C’est toute l’opposition unie qui doit prendre ses responsabilités. Attendre après le 25 octobre pour se dresser contre celui qui nous vole à tout prix notre victoire, me semble inopportun dans la mesure où il faudra se justifier pour retourner la situation.
Le 25 octobre, c’est la fin de la mandature du chef de l’Etat. Ce dernier ayant refusé l’organisation d’une élection transparente pour être incontestable, le pouvoir devient alors vacant ce jour-là.
Peuple de Côte d’Ivoire, le devoir nous appelle. Il faut à partir de cet instant compter sur tous ceux qui voudront mener la résistance pour obtenir la voie qui doit remettre le pays sur les rails.
Dès maintenant, tous les responsables politiques doivent prendre leurs responsabilités dans le sens qui vient d’être décliné et qui est la seule voie pour éviter des aventures incontrôlables au pays.

Vive la Côte d’Ivoire  !

Fait à Paris le 23 octobre 2015

Dr Claude KOUDOU, exilé à Paris (France)

DEA Sciences physiques du Centre scientifique d’Orsay (Université de Paris XI)  ;
Docteur ès Sciences de l’Université Pierre et Marie Curie Paris VI – Jussieu  ;
Enseignant-Ecrivain  ; Directeur de la Collection «  Afrique Liberté  » chez les Editions L’Harmattan  ;
Président de l’ONG «  Convergences pour la Paix et le Développement de l’Afrique.
 




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