Annoncé à l’Elysée le 11 avril prochain: Ouattara veut s’assurer de la protection de Hollande

Samedi 6 Avril 2013 - 05:58


Annoncé à l’Elysée le 11 avril prochain: Ouattara veut s’assurer de la protection de Hollande
Le chef de l’Etat, Alassane Ouattara est annoncé à l’Elysée le 11 avril prochain pour une rencontre avec le président Français. Visiblement les déclarations médiatiques ne suffisent plus, Ouattara veut s’assurer personnellement du soutien et de la protection de la France et du pouvoir Hollande dans une période où il est sous les feux des rampes, notamment dans la presse française et les différents rapports d’organisations internationales.
En séjour privé en France depuis le vendredi 29 mars 2013, dans sa résidence de Mougins, le chef de l’Etat, Alassane profite de ses «vacances» pour multiplier les rencontres informelles et non officielles avec le pouvoir socialiste. Dans la foulée, Ouattara est annoncé à l’Elysée le 11 avril prochain pour un tête-à-tête avec le président français, François Hollande. «Actuellement présent dans sa résidence de Mougins [Sud de la France], Alassane Ouattara rencontrera son homologue français François Hollande le 11 avril, à 16 heures à l’Elysée», écrit La Lettre du Continent  dans sa dernière parution du jeudi 4 avril 2013. Malmené ces dernies temps par la presse française et épinglé par les différentes organisations internationales de défense des droits de l’homme, Alassane Ouattara va tenter de se rapprocher davantage de l’Elysée afin d’obtenir beaucoup plus de «protection» des autorités françaises.  Le choix de la date du 11 avril 2013 pour une éventuelle rencontre entre les deux chefs d’Etat n’est pas fortuit. Ouattara veut profiter de la date anniversaire de sa prise du pouvoir, dans les conditions que tout le monde sait, pour témoigner sa reconnaissance et son infinie gratitude à la France pour avoir instauré la démocratie – des bombes en Côte d’Ivoire. Et il ne va pas se priver de la chanter publiquement devant les medias au sortir de sa rencontre avec le président français, si la date du 11 avril est maintenue pour le tête-à-tête entre les deux hommes. Au-delà de cet aspect, Ouattara va réaffirmer son indéfini attachement à la France. Même si ces dernières semaines, le chef de l’Etat a prospecté vers d’autres cieux, à la recherche d’appuis. Son premier ministre avait séjourné une semaine durant en Inde et le chef de l’Etat lui-même s’était rendu au sommet du BRICS, où il devrait ren - contrer le tout nouveau président chi- nois. Même si le régime d’Abidjan se targue de toujours bénéficier de rapports privi- légiés avec le nouveau pouvoir français, il est évident que l’après Sarkozy a laissé des traces évidentes. Si au plan économique, l’axe Paris-Abidjan est toujours prospère, ce n’est pas toujours le cas au plan politique, dans les rapports entre Hollande et Ouattara. Lequel peut tout de même s’enorgueillir d’avoir son vieil ami Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, comme un soutien de taille dans le Gouvernement français. La relative distance entre Paris et Abidjan se matérialise de plus en plus par les interpellations du régime Ouattara sur la question importante des droits de l’homme. Si le pouvoir Sarkozy était moins regardant sur la question, il n’en est pas de même pour Hollande. Il y a quelques semaines, la Responsable Afrique de l’Elysée, Mme Hélène Le Gal, avait rencontré le chef de l’Etat ivoirien et la question avait été évoquée dans les discussions. Et un allié de taille de François Hollande dans sa quête du pouvoir, Jean-Luc Mélenchon du Parti de Gauche, quelques jours plus tard, avait appelé, dans un communiqué, le président français à couper l’aide à Ouattara dont le régime est constamment épinglé dans les rap - ports des droits de l’homme. Human Rights Watch semble abonder dans le même sens, mais dans une approche différente. L’ONG américaine demande aux partenaires internationaux de la Côte d’Ivoire - dont l’Union européenne, les Nations Unies, la France et les États- Unis -  d’accroître également leurs pres - sions diplomatiques et leur soutien financier aux efforts de justice impar - tiale. Avec la parenthèse Bozizé (le président centrafricain renversé par la rébellion de la Seleka, le 24 mars 2013), lâché par la France qui pourtant l’avait installé au pouvoir le 23 mars 2003,  Ouattara a jugé bon de courir à Paris pour tenter de se rapprocher davantage de son «protecteur», le pouvoir français, et éviter tout malentendu.

Par Frank Toti

Source: Le Nouveau Courrier N°768 du Vendredi 05 Avril 2013




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