Année 2013 :Comment Gbagbo a tout bouleversé à la Cpi

Vendredi 3 Janvier 2014 - 09:09


Le 11 avril 2011, le Président Laurent Gbagbo est arrêté à la résidence officielle du chef de l’Etat de Côte d’Ivoire à Cocody, par les Forces françaises de l’opération Licorne. Avant d’être remis aux ex-rebelles proches de Ouattara. À partir de cet instant, les ennemis de la Côte d’Ivoire jubilent. Ils  pensaient avoir définitivement « tué », anéanti l’esprit Gbagbo et la démocratie en Côte d’Ivoire. Connaissant son influence et son aura au sein de la population, Ouattara le déporte dans le goulag du Nord. Tout précisément à Korhogo. Le Président Laurent Gbagbo y passe 7 mois. Entre-temps, la mafia internationale qui l’a renversé s’active rapidement pour mettre en scelle la Cour pénale internationale (Cpi). Cette Cour a pour mission  de monter un dossier contre le Président Laurent Gbagbo, pour crimes contre l’humanité, génocide, viols, meurtres etc. Aveuglées par le désir de broyer du Gbagbo, la communauté internationale et la Cpi foulent aux pieds, le processus du mandat d’arrêt avant de demander la déportation du Président Laurent Gbagbo à La Haye. Mais la machine  a des difficultés à se mettre en place. Le procureur Argentin, Luis Moreno Ocampo, qui a la charge de noircir le Président Gbagbo monte un dossier très bancal et truffé de mensonges. Ces voyages effectués en Côte d’Ivoire pour la recherche de preuves accablantes contre Gbagbo, sont toutes infructueuses au sens juridique du terme. Le complice de Ouattara n’arrive même pas à rassembler les preuves matérielles et factuelles de crimes contre l’humanité, de viols, de meurtres, de génocide contre Gbagbo. Il se contente rapide- ment de recueillir ça et là des ouï-dire, des coupures de presse pro-Ouattara, des rapports controversés d’Ong, des montages inventés etc. Croyant avoir suffisamment obtenu des preuves, la communauté internationale instruit la Cpi de déporter  le Président Gbagbo à La Haye, le 29 novembre 2011. De la manière la plus maladroite et il- légale possible. Le temps passe et lors de sa première comparution le 5 décembre 2011, le Président Laurent Gbagbo dénonce la manière dont il  a été déporté de Korhogo à La Haye.  Et il lâche la phrase qui va faire mouche dans l’opinion nationale et in- ternationale. « C’est l’armée française qui a fait le travail. Elle a bombardé ma résidence. ( … ) Nous irons jusqu’au bout » , avait- il dit. L’ayant amené loin des siens, Ouattara et ses alliés ont cru s’être débarrassés ainsi d’un colis très gênant parce que très populaire. Ils ont cru qu’en quelques semaines,  voire en quelques mois, la Cpi allait expédier le dossier Gbagbo comme ça été le cas pour les précédents dossiers qu’elle a eu à traiter en matière de guerre. L’Onu avec à sa tête,  Young Jin Choi a même eu la malencontreuse réaction de dire que « c’est fini pour Gbagbo e t le F pi». Le camp Ouattara jubile en annonçant cyniquement que  Gbagbo va mourir à la Cpi, parce qu’il sera condamné en l’espace de quelques mois. Mal leur en a pris sérieusement. Mais c’est le contraire  qui se produit. Le procureur Luis Moreno
Ocampo peine pour sa part, dans son travail. Jusqu’à ce qu’il cède le fauteuil à Fatou Ben- souda. Là aussi,  rien de concret, de solide, de fiable, de vrai, dans la recherche  de preuves contre le Président Laurent Gbagbo. Bensouda hérite d’un dossier politico-juridique très sensible. De même que le dossier de notification des charges que lui laisse son prédécesseur qui est vierge sur le plan juridique et matériel pour ouvrir un procès rapide comme l’exige la communauté internationale. Le Président Gbagbo venait de signer ainsi sa toute première victoire. Telle- ment, les preuves contre lui manquent parce qu’inexistantes, la procureure Bensouda n’a pas pris soin de bien inspecter la vidéo d’un Kenyan brûlé vif que lui a transmis Ocampo avant de décamper. Sans réfléchir, elle fait de cette vidéo,  une de ses pièces à conviction irréfutables. La supercherie a été découverte par la défense de Gbagbo. C’est donc toute honteuse que la procureure va reconnaitre avoir été induite en erreur, par le Rdr de Ouattara qui est habitué au men- songe. Nous sommes en fin d’an- née 2012. La Cpi révèle que les appels téléphoniques que le Président Gbagbo a reçus en l’es- pace d’une semaine,  voire d’un mois, sont inédits. Jamais, un prisonnier de La Haye, n’avait reçu autant d’appels téléphoniques. Ce qui a démontré aux yeux de la communauté internationale que Gbagbo n’est pas un génocidaire ou un meurtrier. Sa popularité a dépassé les frontières ivoiriennes. Une autre victoire importante pour le fonda- teur du Fpi. Les juges de la Cpi fixent l’audience de confirmation des charges pour le 19 février jusqu’au 28 février 2013.  Ici en- core, le monde entier va véritablement découvrir la supercherie, le mensonge de Bensouda et ses commanditaires. Durant une semaine, l’ac- cusation a été incapable de déposer aux juges, des preuves tangibles et irréfutables contre le Président Gbagbo. Pendant cette audience, la procureure a été ridiculisée et confondue par son propre témoin. Au  6ème jour de l’audience, le témoin P44 va ré- duire à néant la ligne d’accusa- tion du procureur sur l’une des charges importante de Ben- souda. Notamment la prétendue tuerie des femmes à Abobo. Voilà ce qu’a raconté le témoin clé de Bensouda : « Les Fds étaient à Abobo pour sécuriser  les populations. Elles ont été attaquées » . Pour ce témoin, il est impossible que les Fds aient tiré sur des civils. Non sans dire que tous ceux qui n’étaient pas  du Rdr ont été pris pour cible par les membres du Commando invisible. Un aveu en faveur du Président Laurent Gbagbo qui engrange ainsi de grands points contre le procureur. Pendant cette audience, les avocats du Président Gbagbo ont démonté le document contenant les charges de Bensouda.  Ce document est truffé de  mensonges flagrants. Au point que Me Fauveau Ivanovic s’exclame : « On se demande si c’est un brouillon ou un mémorandum interne au Bureau du procureur pour savoir quel mode de responsabilité choisir à l’encontre du Président Laurent Gbagbo. Pourtant, le Président Gbagbo a le droit de savoir de quoi, pourquoi et en vertu de quoi on l’accuse mais on ne sait rien avec le Dcc. Aucune preuve concrète de ces allégations vagues, imprécises, politiques et brumeuses, n’est visible dans le Dcc. Car ne s’appuyant pas sur la réalité » .  Alors que le  statut de Rome impose  que le Procureur enquête tant à charge qu'à décharge. « Ces allégations citées dans le Dcc sont des accusations vagues, imprécises, brumeuses et politiques (...) ne s'appuyant sur aucune réalité » , a dénoncé l’avocate Ivanovic.  Revenant sur l’incongruité du Dcc, la défense a indiqué le flou qu’il contient. Notamment au niveau temporel. « Nous ne savons pas exactement à quelle période le procureur se réfère. Antérieure à novembre 2010 ne veut rien dire. 2002 ? 2005 ? 2009 ? 2010, on ne sait pas », s’est  demandée la Défense. On ne  sait pas avec le document du  procureur,  qui sont les co-auteurs et les auteurs directs des crimes commis pendant la période postélectorale. On ne sait pas aussi  si le Président Laurent Gbagbo est le co-auteur indirect. Le Dcc n’a pas fait mention du mode de responsabilité, se contentant de citer la coaction indirecte. « Le procureur n’a pas mis en doute seulement son indépendance, mais aussi son impartialité. Il a jeté une ombre sur la justice internationale. Il a mis la justice au service de la politique » , a regretté la Défense.  En ce qui concerne les femmes qui auraient été violées, la Défense s’est interrogée de savoir si les femmes violées étaient des parti- sanes de Ouattara. Parce que la réalité est que des femmes, parce qu’appartenant à la même ethnie bété que le Président Gbagbo et militantes Lmp, ont bel et bien été violées, dépecées, brûlées et tuées par les hommes en treillis à la solde de Ouattara, témoigne un ancien membre du Commando invisible. « Aucune précision pour vérifier les faits et les lier aux forces dépendant du Président Laurent Gbagbo. Un viol allégué qui est une reprise mot à mot d'un rappor t d'Amnesty International. Dans quel quartier ça s'est produit ? Qui est la victime ? Qui sont ces agresseurs ? Ils son t identifiés par le mot générique soldats et miliciens » , explique  la Défense. «Le Procureur allègue qu'au moins 17 femmes auraient été violées le 16 décembre 2010. Il a fourni l'identité de deux victimes. Sans même parler de la crédibilité de ces déclarations, le procureur aurait dû mener des en- quêtes supplémentaires. A-t-il interrogé le patron de l'Ecole de police au moment des faits ? Peut-être. Mais personne ne le sait. A-t-il cherché le violeur ? A-t-il demandé aux femmes d'identifier les responsables du viol ? A-t-il interrogé un seul policier sur ces viols ? Non. Le procureur n'a rien fait. S'est contenté des reportages médiatiques et de rapports se fondant uniquement sur des témoignages non vérifiés et non vérifiables» , s’est encore interrogée la Défense.  La maestria avec laquelle, la Défense a démonté les allégations fallacieuses de Bensouda, le monde et les intellectuels ont compris que Gbagbo est innocent.  Et il est une victime d’un vrai complot international. Visiblement édifiés par la Défense, les juges  décident de statuer le 03 juin 2013. Et, à cette date, deux des juges sur trois de la Chambre préliminaire I, vont estimer qu’il n’y a pas lieu de confirmer les charges contre le panafricaniste Gbagbo.  La Chambre exige de la procureure de compléter son dossier avec d’autres preuves si possible. Une importante victoire pour le Président Laurent Gbagbo que le Rdr, Ouattara, la France et l’Onu ont trop vite fait d’enterrer vivant. Ainsi venait d’éclater la lumière. La vérité s’est mise en marche. Gbagbo va encore enregistrer une autre victoire le 16 décembre 2013. Lorsque la Chambre d’appel va confirmer la décision d’ajournement prise par la Chambre préliminaire I.  Les juges de la Chambre d’appel ont même sommé Bensouda de présenter ses nouvelles preuves au plus tard le 13 janvier 2014. Non sans émettre de sérieux doutes sur le processus d’obtention  de preuves par Fatou Bensouda.
«(…) Dans son arrêt d’aujourd’hui (Nldr : 16 décembre 2013) la Chambre d’appel a rejeté l’appel du procureur à l’encontre de la décision de la chambre préliminaire I.  la chambre d’appel a noté que, dans son appel, Mme le procureur a fait valoir qu’elle s’est appuyée sur les quatre évènements qui sont reprochés à M. Gbagbo pour établir qu’une « attaque lancée contre une population civile » , l’un des éléments contextuels de « crimes contre l’humanité » tels que définis dans l’article 7 du statut de Rome avait eu lieu. La Chambre d’appel a conclu que cela ne reflétait pas précisément les charges que le procureur avait présentées en vue de l’audience de confirmation des charges.  (…) En conséquence, la Chambre d’appel a conclu que le procureur n’avait pas démontré que la Chambre préliminaire I a commis une erreur en traitant l’ensemble des 45 évènements comme formant l’ « attaque lancée contre une population civile » au sens de l’article 7 du statut de Rome», avait décidé la Chambre d’appel.  Du coup, la Chambre préliminaire I a établi un calendrier demandant au procureur d’apporter ses preuves d’ici le 13 janvier 2014 afin que la défense apporte ses observations en mars 2014. Pour que l’affaire Gbagbo connaisse un épilogue après les  manigances et la roublardise de Bensouda, qui veut perdre du temps. Les juges sont exaspérés par ce dossier qui pue le politique à mille lieues. Le Président Gbagbo, comme l’a soutenu le colonel français Michel Goya : « n’est pas n’importe quel  leader panafricaniste, q u’on peut juger aussi facilement comme un  prisonnier de droit commun. L a Cpi n’a pas su négocier dans ce dossier burlesque. Elle a donné un grand nom à M. Gbagbo et s’en est offert un petit» . Un Gbagbo dont la libération prochaine se dessine grandement et doucement. Il viendra rejoindre ses camarades du Fpi, qui ont été déjà libérés. Grâce à la pression et la résistance de Miaka Oureto, Koua Justin et autres. Le président Affi N’Guessan et plusieurs autres cadres du Fpi, sortis de prison, préparent activement le retour triomphal du père de la démocratie ivoirienne, en sillonnant villages, campements et régions. En somme, le Président Gbagbo n’est plus loin.

 Fabrice Tété

Source: L e Temps N ° 3088 du jeudi 2 janvier 2 014




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