Analyse / Les dessous d’une dissolution avortée du gouvernement

Lundi 29 Juillet 2013 - 05:52


Analyse /  Les dessous d’une dissolution avortée du gouvernement
A-T-ON VRAIMENT FRÔLÉ  une dissolution du gouvernement hier ? Des observateurs le pensent, en mettant en avant les derniers développements de l'actualité marquée par la situation à la Maca, l'ajournement de l'examen par les députés des traités et conventions sur l’apatridie à l'initiative du Pdci, et les impatiences répétées des Ivoiriens face au coût de la vie, sans oublier la polémique pas trop lointaine suscitée par la sortie de Jean Louis Billon. Selon cette lecture de l'actualité, même si lors de sa visite au Nord, le chef de l'Etat a adressé un satisfecit aux membres du gouvernement (et se sent lié par cette promesse et parole donnée de ne pas changer une équipe qui gagne), les raisons de changer le gouvernement étaient bien plus nombreuses. C'est dans cette atmosphère qu'est tombée hier, pendant le con- seil des ministres, la nouvelle de l'importante déclaration, que devait faire comme d'habitude sans état d'âme et avec le même aplomb, Amadou Gon Coulibaly,  le Ministre d'Etat, Secrétaire Général du gouvernement, le diseur de bonnes comme de mauvaises nouvelles de la Présidence (comme Félix Tyéoulou à l'époque). Toute la presse et le pays se sont alors mis en branle, et ont commencé à spéculer. A l'arrivée beaucoup plus de peur que de mal, car les populations ivoiriennes n'ont eu droit qu'à un léger réamé- nagement technique, un réaménagement cosmétique destiné officiellement  à rendre plus efficace la gestion de  la question minière d'une part et d'autre part, à per- mettre à Adama Toungara de se concentrer sur les questions de Pétrole et surtout la préoccupante question de l'électricité. Peut-on dire que le ministre Adama Toungara paie les coupures récurrentes d'électricité et qu'il a échappé à un vrai limogeage, en perdant le département des mines ? Selon une source proche de la présidence si c'était sur la ques- tion de l'électricité que portaient les griefs du président qui avait publique- ment interpellé le ministre sur la question lors du dernier séminaire gouvernemental, il ne l'aurait pas maintenu au même poste, pour ne lui retirer que le département des Mines. Mais alors quel est le reproche fait à Adama Toungara, un proche et fidèle du Chef de l’Etat depuis longtemps, pourtant annoncé depuis longtemps en disgrâce ? Le chef de l'Etat a-t-il voulu montrer qu'il n'y a aucun in- touchable autour de lui et parmi ses proches ? Sur la gestion des ressources minières du pays, une mesure conservatoire avait été prise en son temps, pour éviter que des conventions et prospection sur les per- mis soient engagées de façon solitaire. Ensuite sous la supervision du secré- tariat général de la présidence Amadou Gon, le premier ministre et le ministre de l'économie et des finances avaient passé au peigne fin, de nombreux projets du ministère des Mines, de l'énergie et du Pétrole.
Adama Toungara supportait mal, ce qu'il considérait comme des entraves et des bâtons mis dans ses roues, et ruminait sans dire mot ce qu'il subissait. Son entourage, à défaut de flinguer le chef de l'Etat s'en prenait à Amadou Gon Coulibaly et l'indexait comme le responsable des déboires du Ministre. Et ces mêmes proches de rappeler l'épisode des municipales d'Abobo marquées par les velléités de candidature de Jeanne Peuhmond. De bonnes sources, la candidature de la conseillère spéciale aurait été suscitée par le chef de l'Etat, au départ opposé au cumul au cas par cas. Il a fallu qu'Adama Toungara demande ce qui lui était reproché et réaffirme sa totale loyauté et disponibilité depuis toujours pour que le président de- mande à Jeanne Peuhmond, par ailleurs Trésorière du Rdr, de se retir- er de la course. Le Ministre Adama Toungara, qui a bénéficié du soutien et de la solidarité de plusieurs de ses collègues hier, aurait été prévénu des intentions du chef de l'Etat, de sorte à lui permettre de digérer la nouvelle en évitant tout surprise.

Pourquoi c'est Jean Claude Brou qui a été choisi ?

Selon nos informations, le désormais ministre de l'industrie et des mines, avait été pressenti en novembre dernier pour occuper le ministère de l'économie et des finances. Cette information lui aurait été donnée quand il fut contacté au départ, pour faire partie du gouvernement Duncan. Au finish, il sera doublé et dans la confusion avec l'ajout de son nom au dernier moment, en bas de liste, il se contentera du Ministère de l'industrie. Le réaménagement d'hier permet donc de faire rentrer les choses dans l'ordre. Ce réaménagement renforce l'autorité du Premier ministre. Mais est-ce un clin d'œil au Pdci, qui se plaignait de ne pas avoir une grosse part de cadeau ? Rien n'est moins sûr puisqu’il s’agit d’un simple réamé- nagement. Pour sa part, Adama Toungara dont l'expertise et la compétence, en matière de Pétrole ne font l'objet d'aucun doute, devra mettre son énergie au service de la redynamisation de ce secteur de plus en plus important dans l'économie ivoirienne, sans oublier que les solutions envisagées par lui, pour résoudre les intempéries en matière d'électricité lui permettront de glaner des lauriers certains. En clair, ce n'est que partie remise, si on s'en tient aux informations selon lesquelles le chef de l'Etat a voulu plutôt mettre le ministre-maire à l'épreuve mais au-delà, donner un signal à tant d'autres. Vu sous cet angle Alassane Ouattara et Adama Toungara seraient totalement en phase.

 Charles Kouassi

Source:L'Intelligent d'Abidjan-N°2875 Du Vendredi 26 Juillet 2013




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