Aminata Traoré, Jean Luc Mélenchon, les autres et moi.

Mercredi 26 Octobre 2016 - 00:32


Aminata Traoré (au milieu)et Jean Luc Mélenchon (à droite)
Aminata Traoré (au milieu)et Jean Luc Mélenchon (à droite)

L’ancienne ministre de la Culture de la République du Mali, Aminata Traoré, a rencontré Jean-Luc Mélenchon, député européen, ancien ministre de l'Enseignement professionnel, candidat à l’élection présidentielle 2017 en France. « Échanges sur le codéveloppement, la sécurité, les migrations », twittait Mélenchon le 10 septembre 2016.

Alors, lorsqu’on m’a proposé d’assister au colloque de celui-ci, qui se tenait à Lille, du 15 au 16 octobre 2016, je n’ai pas hésité, même pas une minute, j’ai accepté. Je l’ai fait parce que ça me fait toujours du bien de militer ou d’être en présence des gens qui le font. Qui le font si bien d’ailleurs !

Le colloque avait mal commencé pour moi, j’avais perdu mon téléphone, un Smartphone, je ne savais pas trop où, je me demandais si c’était dans le transport en venant à Lille ou pendant les fouilles de la sécurité, à l’entrée. Plusieurs questions occupaient mon cerveau en même temps que les hostilités débutaient.

Plusieurs personnalités du monde étaient présentes. Ça se voyait que la France n’était pas que la métropole, les beaux quartiers de Paris ou uniquement sur le continent européen. La curiosité amenait à prendre en considération qu’il existe d’autres territoires de France dans le monde. Par exemple, la France sur le continent américain, avec la Guyane et les Antilles françaises : Martinique, Guadeloupe, etc. La France sur le continent africain, avec La Réunion, Mayotte, etc. La France sur l’Océanie avec la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, etc.

Alexis Corbière, le porte-parole de J.L.M, a pris la parole pour rappeler que ce moment était nouveau, jamais vu jusque-là. Que ce que nous faisions ce week-end, personne en France ne l’avait fait avant nous. Les gens ont applaudi, il a continué à parler. Il lisait les grandes lignes, écrites sur une feuille, posée sur un pupitre. Il se décalait et occupait l’espace, la scène, pendant qu’il développait ses propos.

Je me suis levé pour aller au petit coin, j’ai retrouvé mon téléphone portable, il était posé sur une petite table, à l’endroit où il remettait, il y a quelques minutes auparavant, les dossiers de travail de chaque invité. Heureux, je n’ai pas tardé à rentrer dans la salle continuer le colloque…

Leila Chaibi, du mouvement Nuit debout, qui occupait la place de la République à Paris. Elle nous parlait de la création de ce mouvement et de ses attentes.

Rémy Garnier, ancien inspecteur des impôts d'Agen, l'un de ceux par qui le scandale Cahuzac est arrivé, nous parlait, en enregistrement vidéo, de ses périples.

Il y a eu un autre monsieur qui nous parlait de politique et je me suis endormi. La grosse voix d’un certain Issa m’a réveillé. Il est membre d’une association qui lutte contre le contrôle au faciès. Il a dit en quelque sorte que quand un enfant est victime des contrôles, il finit par ne plus se considérer comme un citoyen à part entier.

Il y a une personne qui nous parlait de la cause des personnes transsexuelles. Elle le faisait si bien, il y avait des fioritures, j’ai beaucoup applaudi.

À la pause, je me suis rendu compte que j’avais perdu à nouveau mon téléphone. Et à nouveau, je n’étais plus de bonne humeur.

Il y a une femme qui témoignait de sa situation de mère célibataire et pauvre. Ça me gonflait. J’étais gêné pour cette courageuse. Je n’aime pas ce style de témoignage, encore moins dans ce genre d’évènement, je trouvais que ça faisait TOO MUCH.

Je me suis à nouveau levé pour aller au petit coin, j’ai retrouvé mon téléphone posé à côté du sèche-main, je n’en revenais pas…

Une militante intermondialiste nous parlait du réchauffement climatique et nous recommandait un livre qui a pour titre : « Tout peut changer. »

Après avoir travaillé ensemble par groupe, voter sur les cinq premières mesures que chacun voulait voir figurer en premier, il était venu l’heure d’aller se restaurer. D’aller manger et boire un coup, comme on le dit au quartier. En me levant, j’ai oublié mon téléphone, on me l’a signalé immédiatement. Ça m’a fait chaud au cœur. …

Le lendemain, il y avait comme un air d’enchantement.

Le colloque a débuté avec de très bons mots. Il y a eu, en enregistrement vidéo, les paroles de José Alberto Mujica Cordano, surnommé « Pepe Mujica », ancien président de la République de l'Uruguay. Il a dit : 

« Au lieu de s’occuper de la pauvreté en Afrique, nous tentons de les retenir pour éviter qu’ils traversent la mer Méditerranée. Après les avoir exploités, après avoir bien pompé leur plus-value ; qu’ils restent là-bas ! Qu’ils n’essayent pas de s’aventurier par ici ! Mais la grande aubaine serait de faire le contraire : aller chez eux promouvoir le développement. Trouver une solution aux problèmes de l’eau dans l’Afrique subsaharienne pour qu’une femme n’ait pas à marcher cinq kilomètres pour deux seaux d’eau. Voilà qui serait une cause pour l’humanité globalisée. Car qu’on le veuille ou non, on dépend tous les uns des autres. Nous sommes tous sur le même bateau et ce bateau s’appelle la planète Terre… »

Ensuite, on a donné la parole à Aminata Traoré, elle s’est levée et s’est dirigée vers la scène. Quand elle a pris le micro et prononcé sa première phrase, le ton de sa voix donnait la chair de poule, tellement il était chargé d’émotion. Elle a dénoncé le capitalisme primitif, la mauvaise communication sur le Mali, le mépris de l’Afrique subsaharienne, la violation par Nicolas Sarkozy de la résolution 1973 du conseil de sécurité des Nations unies. Etc.

Et là, standing ovation.

Comme je le disais, il y avait des ambassadeurs de plusieurs pays de l’Amérique latine. L’ancienne présidente du parlement grec, plusieurs mouvements de gens qui luttent dans le monde pour un peu plus de justice sociale. Les gens parlaient humains. Ça changeait des discours xénophobes qu’on entend ici et là.

Tout à coup, il y a eu deux personnes, qui n’étaient pas là hier et qui ne semblaient pas être invitées à la convention, présentées comme étant des soutiens de Jean Ping, candidat malheureux à l’élection présidentielle au Gabon. Les gens ont applaudi et ça s’est arrêté là ! Là tout net.

Plusieurs autres personnes présentes physiquement ou sur enregistrement vidéo ont pris la parole pour afficher leur soutien à J.L.M.

Après un long moment d’applaudissements, J.L.M a pris la parole. Il a commencé par une blague. Les gens ont ri. Il a ensuite commencé à parler plus sérieusement. Il a dit, entre autres :

« L’engagement est une implication personnelle, individuelle, en toute liberté de conscience, qui se renouvelle à chaque instant de l’engagement. Qui peut être retiré, qui peut être différent d’un jour à l’autre, d’un mois à l’autre, d’une saison à l’autre, dans la vie… ».

Il a appelé les gens à s’inscrire sur les listes électorales. ETC.

Ce fut un grand moment d’émotion et même de frisson. Que c’était intense !

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