Albert Bourgi sur RFI : « En misant sur Affi, Ouattara montre qu’il ne connaît pas le FPI »

Devant les micros de la radio française RFI, Albert Bourgi professeur de droit à l’université de Reims en France et ami intime du Président Gbagbo a lancé une charge sévèrement dure contre Pascal Affi N’guessan adoubé par le régime dans la guéguerre qui l’oppose à ses anciens camarades. « En blanchissant Affi Nguessan, Ouattara montre qu’il ne connaît pas les militants du FPI », a dit Bourgi sans gant.

Mercredi 18 Mars 2015 - 02:42


Albert Bourgi
Albert Bourgi
«Ouattara montre qu’il ne connait pas le rapport qui existe entre les fondateurs du FPI et les militants de ce parti ». C’est ce qu’a affirmé, samedi dernier, Albert Bourgi, professeur de droit à l’université de Reims en France, et personnalité connaissant bien le Président Laurent Gbagbo, sur les antennes de la radio mondiale. Albert Bourgi réagissait aux propos du porte-parole du gouvernement Bruno Koné qui avait déclaré, quelques jours plus tôt, au sortir d’un conseil de ministres, que le gouvernement ne reconnaissait comme interlocuteur qu’Affi N’guessan, pourtant suspendu du parti et remplacé par un président par intérim Aboudramane Sangaré. Par cet acte, le régime espère remettre en scelle l’ancien président, éjecté de son poste par plus des 2/3 des membres du  comité central qui lui reprochent d’avoir bloqué le congrès et le fonctionnement du parti. Analysant la situation, le comité de contrôle a assimilé cet état de fait à une démission ; ce qui mérite la suspension du concerné. A l’issue du comité central qui a suivi, une nouvelle direction a été mise en place qui fait d’Aboudramane Sangaré, co-fondateur du FPI avec Laurent et Simone Gbagbo, le président intérimaire du FPI. Mais dans sa volonté d’arracher le parti à l’ancien président, Alassane Ouattara multiplie les chaussetrappes. C’est ainsi que par justice interposée, il a invalidé la candidature de Laurent Gbagbo au motif que ce dernier n’a pas joint à son dossier une lettre manuscrite. Or, selon les statuts du parti, une telle formalité n’est pas nécessaire. Le régime a également jeté en prison le directeur de campagne de Laurent Gbagbo  pour cette élection, Dr Assoa Adou, sans le moindre procès et en dépit de toutes les garanties de représentativité que celui-ci présente. Les autres leaders de la cause Gbagbo dans le parti sont continuellement menacés d’emprisonnement et le régime vient de profiter du procès aux assises des 83 personnalités proches de l’ancien président pour corser la peine du nouveau président intérimaire pour lequel une peine de 17 mois avait été requis, faute de preuves, par le parquet ivoirien. Le gouvernement veut se ménager une opposition qui l’accompagnera aux prochaines consultations. Pascal Affi N’guessan présente le meilleur gage, puisqu’il est pour que la page Gbagbo soit tournée et qu’il est déterminé à aller aux élections. Son représentant à la CEI, Alain Dogou, est toujours à son poste en dépit d’un vote de confiance qu’il a perdu. La guerre de fédéraux qu’Affi a déclenchée pendant les préparatifs du congrès incline même à penser qu’il croit avoir une légitimité aussi bien encrée que celle du Président Laurent Gbagbo. C’est certainement à cela qu’a voulu répondre Albert Bourgi en affirmant sur les antennes de RFI qu’Affi n’existe pas politiquement. « Depuis sa prison, Gbagbo a la mainmise sur le FPI et ce n’est pas Affi N’guessan qui pourra l’en empêcher parce que lui-même n’existe politiquement que grâce à Gbagbo».

Sévérine Blé


Source: Aujourd’hui / N°848




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !