Alassane Ouattara ou le démocrate faussaire

Mardi 14 Octobre 2014 - 06:16


Alassane Ouattara, Chef de l'Etat ivoirien
Alassane Ouattara, Chef de l'Etat ivoirien
Alassane Ouattara, comme tous les Ivoiriens et Africains le savent, a accédé au pouvoir après une meurtrière crise post-électorale qui a fait plus de 3000 morts officiellement avec plus de 800 morts dans la seule ville de Duékoué, à l’ouest de la Côte d’Ivoire. A moins d’un an de la fin de son premier mandat, pendant qu’il réclame un second mandat et qu’il veut s’imposer comme unique candidat du RHDP, il convient de revenir sur certaines des actions qui font de lui un « démocrate faussaire » en référence au livre de Pascal Boniface, Les intellectuels faussaires : le triomphe médiatique des experts en mensonge. (JC Jean-Claude Gawsewitch Editeur, 2011). Alassane Ouattara est un démocrate faussaire vu sa gestion de l’Etat et du pouvoir politique qu’il a cherché à s’approprier par tous les moyens. Il s’est toujours présenté et ses parrains et « maîtres » occidentaux l’ont toujours présenté sous le jour d’un technocrate chevronné et d’un gestionnaire faisant de la bonne gouvernance sa priorité.
 
L’Etat de droit en agonie sous Alassane Ouattara
 
Selon toute évidence l’État de droit est une obligation dans toute véritable démocratie. L’État de droit est cet État dans lequel le Droit est appliqué à tous les citoyens y compris les gouvernants et l’État lui-même trouve sa puissance limité par le Droit. Or la Constitution d’un État démocratique demeure la Loi fondamentale. Alassane Ouattara, lui est au-dessus de la Constitution ivoirienne vu qu’il la viole constamment lui dont c’est la première responsabilité d’en assurer le respect car selon l’article 34 de la Constitution ivoirienne du 1er août 2000 le Président de la République a le devoir de veiller « au respect de la Constitution ». L’article 35 lui enjoint de déclarer son patrimoine et d’en justifier l’origine. Pour preuve il lui est difficile voir impossible de respecter l’article 54 de la Constitution ivoirienne qui stipule que « Les fonctions de Président de la République sont incompatibles avec l'exercice de tout mandat parlementaire, de tout emploi public, de toute activité professionnelle et de toute fonction de dirigeant de parti politique. » Mais Alassane n’en a cure du respect de la Constitution ivoirienne, lui qui a été d’abord reconnu  par la « Communauté internationale » (L’ONU, l’Union Européenne...). Depuis sa prestation de serment et son investiture en grande pompe, il réfuse toujours de démissionner de la présidence de son parti politique le Rassemblement des Républicains (RDR), parti dont est d’ailleurs membre Zoro Epiphane Ballo l’ « expert indépendant » de la CPI. A ce propos Mariam Traoré Député de Tingrela, qui n’a sans doute jamais lu la Constitution ivoirienne vu la gravité de ses propos ci-après, s’exclame : « Le débat relatif à la léthargie du RDR est opportun parce que nous voulons faire bouger les choses. (…) Nous sommes un peu timorés parce que le Président Ouattara n’a pas encore démissionné. S’il le fait vous verrez le RDR sur le terrain. (…) Quand Ouattara va démissionner, nous allons faire bouger le parti. » (Nord-Sud quotidien, N°2459, du vendredi 13 septembre 2013, p. 4) Voici ce que dit un député ivoirien, chargé de voter les lois d’un pays ! Sans commentaire ! La Côte d’Ivoire est vraiment un pays extraordinaire. A propos de la justice, Eugène Nindorera, alors chef de la division droits de l’homme de l’Onuci, lors d’une interview sur RFI le 27 mai 2014 dans l’émission « Invité Afrique »; répondant à une question relative à la destruction du camp de Nahibly par des Frci et dozos en présence du préfet de région le 20 juillet 2012, confesse « que les juges ont peur » c’est pourquoi le « dossier avance lentement ». Depuis 2 ans la lumière n’a pas été faite sur les tueries qui ont été commis et dont le bilan oscille entre 20 et plus de 100 morts selon les sources.
 
Corruption et mauvaise gouvernance

Le mardi 3 décembre 2013 Transparency International, ONG qu’on ne peut accuser d’être une organisation pro-Gbagbo, publie son rapport pour l’année 2013 sur l’indice de la perception de la corruption. Miracle : la Côte d’Ivoire a dégringolé de 6 places par rapport au classement de l’année précédente. Elle est passé du 130ème au 136ème pays sur 177 pays classés. Le classement de l’année 2012 de l’Indice de perception de la corruption de Transparency International classait le pays au 130ème rang sur 183 pays avec un score de 29 sur 100. Ce classement était en progrès par rapport au classement de 2011 dans lequel, la Côte d’Ivoire occupait la 154ème  place sur 183 pays avec une note de 22 sur 100. Dans le classement de la Fondation Mo Ibrahim sur la gouvernance africaine en 2013, la Côte d’Ivoire occupe le 44e rang sur 52. Pis, dans l’espace CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), l’administration ivoirienne occupe la 15e place sur les 16 pays concernés. Malgré l’existence d’un Secrétariat National à la Bonne Gouvernance et au Renforcement des Capacités la corruption à la peau dure en terre ivoirienne. L’Agence France Presse dans une dépêche datée du 19 novembre 2013 et intitulée « La Côte d’Ivoire, critiquée pour sa corruption, crée un organisme de bonne gouvernance » écrit « dans les milieux diplomatiques et d'affaires, beaucoup se disent surpris par le niveau de corruption atteint dans certains cercles du pouvoir. »  Le 20 novembre 2013 le gouvernement a annoncé la création par décret présidentiel d’une Haute Autorité pour la bonne gouvernance. Institution dont les membres ont prêté serment à la présidence de la République le 5 septembre 2014 en présence du Chef de l’Etat lui-même. Un difficile travail attend donc cette équipe dont on imagine l’environnement et l’atmosphère dans lesquels elle travaillera. Quant à l’Autorité nationale de régulation des marchés publics (Anrmp) elle annoncera que de 2011 à 2013 97% sur un échantillon de 60 marchés publics ont été passé de gré-à-gré. Le président de cette structure se veut clair : « le gré-à-gré n’est pas interdit mais il doit demeurer l’exception ». On a tous été ahuri d’entendre le chef de l’Etat déclarer lors d’une interview télévisée que c’était lorsque le coût du marché excédait les 15 millions que le marché pouvait être concédé de gré-à-gré alors que la loi stipule tout le contraire. « En 1599, William Shakespeare a écrit une pièce intitulée : «Much Ado about nothing», ce qui signifie littéralement «Beaucoup de bruit pour rien». Je trouve que cela est très représentatif du bilan d’Alassane Dramane Ouattara. »  (Cf. Nathalie Yamb, « Le bilan d’Alassane Ouattara ? Beaucoup de bruit pour rien » sur  lider-ci.org)
Le président Laurent Gbagbo disait : « Ouattara n’apportera rien à la Côte d’Ivoire. Juste quelques temps et vous le découvrirai dans toute son incapacité. (…) Observez-le, vous retiendrez qu’il est friand du superflu, du cérémonial, du beau décor, du côté martial du pouvoir…que du travail lui-même. Les plus enchantés de son camp commenceront bientôt à se poser des questions sur ses prétendues relations qui feraient pleuvoir des milliards sur le pays. Et puis, cela m’étonnerait qu’on l’ait installé pour le bonheur du peuple ivoirien… » (in Aujourd’hui, N°75, du lundi 17 octobre 2011, pp. 2-5)
Triste sort qu’est celui de la Côte d’Ivoire sous Alassane Ouattara !

 
Imhotep MAÂT




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