Alassane Ouattara et Tiburce Koffi: Incarnation de la trahison en politique

Mercredi 17 Juin 2015 - 08:42


Tiburce Koffi
Tiburce Koffi
Ne pas tenir ses promesses a un nom: la trahison. En politique, la trahison signifie traîtrise, abus de confiance, et mépris des populations. Elle signifie aussi pour les poltrons et surtout pour les théoriciens du mensonge et de la dissimulation, le retournement contre son camp pour joindre celui de l’adversaire contre un privilège, une position ou une amnistie.


Trahison: Vertu en politique?


La trahison en politique est la caractéristique de ceux qui n’ont aucune conviction. Elle ne se résume pas seulement dans des promesses de campagne. Elle est encore plus perceptible lorsqu’on se réclame d’un courant politique, puis se renie, l’abandonne, pour s’allier à une ligne politique en opposition avec ses convictions intimes, non pour des raisons politiques justifiables, mais pour assouvir son égoïsme. La conséquence d’une telle traîtrise est très souvent source potentielle de tension sociale d’une part, et donne d’autre part un excès d’autorité au parti adverse qui peut dans l’exercice du pouvoir, pervertir les règles du jeu et se transformer en parti-Etat avec des pouvoirs absolus.

Dans certains cas,  la trahison militaire accompagne la trahison politique. Pour quelques intérêts ou par lâcheté, des officiers félons  s’allient avec leurs troupes à une armée conventionnelle ou rebelle conquérante, la soutiennent, se soumettent à sa cellule de commandement, et retournent leurs hommes et leurs armes contre leur armée d’origine. Acte de déloyauté et de couardise dans l’espoir de préserver leur vie, ou de s’assurer une position de prestige au terme de la guerre, au détriment de leur patrie et de leur peuple. Équilibrisme qui dans certains cas se paie cash.

Que la trahison soit d’ordre politique ou militaire, elle est portée dans la pratique par les théoriciens de la trahison: des intellectuels de la mort. Idéologues des thèses conflictuelles, ils en ont fait un métier à rentes. Ils ne croient en rien, ni à leurs propres théories. La conviction et l’honneur ne sont pas dans leur champ d’analyse. La loyauté, l’intégrité, et la probité, qui devraient être le fondement de tout engagement politique ne sont pas dans le domaine de définition de l’art politique qu’ils développent. De leur fait, la politique n’est plus une sphère où l’abnégation,  la sincérité, le courage, et la confiance, devraient primer.


Ouattara: Liturgie de fabulation


Suivant cette logique, les activateurs Ivoiriens de la théorie de trahison ont construit des thèses qui ont d’une part, donné une base ‘idéologique’ aux rebelles, accompagné d’autre part, Ouattara dans sa prise du pouvoir dans le sang; et enfin, soutenu sa politique de rattrapage ethnique. Sans le génie des mots pour redynamiser la société et le monde politique, ni élégance qui n’est pas dans l’étalage des ambitions démesurées, Ouattara avait promis “de moderniser l’agriculture en développant la transformation des matières premières; et de rendre gratuit des frais d’accouchement pour qu’une femme ne perde pas la vie en donnant la vie.”  Sur le plan moral, il s’était engagé  à “sortir la Côte d’Ivoire de l’immoralité, de l’insalubrité, et de mettre fin à la corruption, à la cupidité, et à l’impunité.”  Ouattara qui apparait aujourd’hui comme la pègre au sein du clan de ses anciens alliés avait déclaré avoir “des solutions pour la santé et l’éducation.”   Dans sa liturgie de fabulation, il disait “croire en la démocratie, en une Côte d’Ivoire où le mérite prime sur les relations et qui donne du travail à ses jeunes au lieu d’en faire des martyrs.”   

Egrenant son chapelet de promesses mensongères, des crédits sont annoncés. Des postes promis. Des chantiers engagés et bâclés. A part faire des déclarations tapageuses, emprisonner les opposants, le quotidien ne s'améliore pas. L’urgence sociale est à son pic et n'a jamais été aussi expressive: le chômage bat les records jamais atteints dans ce pays. La pauvreté s'accroît. Le fossé sur le plan du bien-être et du capital confiance entre les Ivoiriens et les tenants du régime est désormais béant.

Même ceux qui s'étaient engagés aux côtés de Ouattara pour sa rébellion et les présidentielles de 2010, et qui avaient non seulement préconisé l'indulgence à l'égard de ses premiers signes de mal-gouvernance,  mais également justifié sa dictature naissance, sont dans l’illusion et pleins de haine et de rancœur. Pour eux Ouattara et son système sont en train de broyer des générations entières. Le sentiment de trahison est général. Ses adeptes sortent un à un des rangs. C’est  le désespoir total.  

En quatre ans, Ouattara a organisé  “la casse sociale”   selon Jean Charles Tiemélé, Expert Economiste Financier, dans une Côte d’Ivoire où “les fruits de la croissance” tant chantés par le régime n’est qu’un mirage pour les populations. La cherté de la vie soutenue par “un taux d’inflation de plus de14%; les acquis sociaux remis en cause avec la confiscation des libertés et la répression des mouvements sociaux.” Le tout scellé par une “insécurité galopante.” Pourtant, ce bonimenteur avait promis de sortir la Côte d’Ivoire de la crise politique, économique et sociale, et de faire des jeunes sa priorité…Jusqu’à ce jour, personne n'a rien vu de tout ça. Les Ivoiriens et même ses supporters n'attendent plus rien. C’est la confusion totale.


Tiburce Koffi: Théoricien du crime


Ouattara n’aurait jamais pu réussir sans l’apport de la bien-pensance locale à faire de la Côte d’Ivoire son “champ” et surtout réaliser la prouesse de doter ce pays des indicateurs économiques et sociaux négatifs jamais réalisés même au plus fort de la rébellion dont il a été l’initiateur. Ces marabouts du verbe ont répété en chœur le refrain des tenants de l’ordre mondial, mandataires de Ouattara. Ils ont chanté les qualités d’un Ouattara super-redresseur des économies sur béquilles, qui s’est malheureusement révélé au pied du mur n’être qu’un intellectuel au rabais sans aucune production intellectuelle théorique probante, ni pratique convaincante. Il a révélé ses dérives, son manque de probité et ses carences déontologiques.

Les chantres du rattrapage ethnique qui ont construit un “unanimisme primaire” autour de Ouattara contre le président Gbagbo et fait le lit du crime en Côte d’Ivoire, déchantent. Au rang de ces théoriciens de malheur, Tiburce Koffi. Lorsqu’il a fallu promouvoir l’ivoirité comme l’idéologie du PDCI et du Bacchus Bédié, Tirbuce et Venance Konan se sont portés volontaires pour théoriser sur cette trouvaille “inique.” Difficile de dire s’ils défendaient la tribu, la ligne du parti ou s’ils tapissaient le chemin d’une promotion sans gloire.

Venance ou Tirbuce?  Le sujet c’est Tiburce. A-t-il une carte de presse ou une carte du parti? Carte de presse ou carte du parti? Les deux se confondent chez lui. Où s’arrête l’information et où commence la propagande, avec Tiburce? La réponse n’est pas simple. Toujours est-il qu’il est une machine de propagande morbide qui nourrit la haine et la guerre.  Il a utilisé les medias d’Etat pour manipuler volontiers les faits et n’a pas hésité d’utiliser ces moyens et d’autres pour relayer de fausses informations et cultiver la haine.

Journaliste, écrivain, musicien, c’est la fanfare des mercenaires Français armés de plume et du micro pour la marche de leur servile Tiburce Koffi. Adaptes du camouflage, ces “journalistes” ne précisent pas que lorsqu’il change de veste, il remet la même. Puisque l’envers et l’endroit de son costume sont taillés dans la même toile. Ce coq sans ergo ni crête –symboles de courage et d’honneur–,  après avoir idéalisé l’ivoirité, il a–jusque tout récemment–, idéologisé le rattrapage ethnique.

Sur le plateau de Itélé, dans une présentation de Audrey Pulvar, une autre négresse de maison, entourée de Antoine Glazer, et de Alain Toussaint que Tiburce Koffi débattait, ce dernier, faisant un parallèle entre le camp Gbagbo et le camp Ouattara explique: “J’ai même eu tort d’appeler cela le camp Ouattara. J’appelle cela le camp de la légalité républicaine.” Dans le zèle mensonger qui caractérise les traîtres, il ajoute, “monsieur Ouattara était le président élu par les Ivoiriens. Les forces qui soutiennent la cause du RHDP sont les forces républicaines.” Pourtant, ce que Koffi appelle camp de la légalité républicaine, est “un camp qui s’est rendu coupable d’exaction voire de massacre” recadre Pulvar qui rappelle à sa mémoire sélective et oublieuse les “massacres de Monokozohi, de Guitrozon, de Duékoué,” survenus dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002.

Pris dans les cordes par la journaliste (?), ce reconverti au rattrapage ethnique, frétillant comme une carpe hors de l’eau se défend. “Dans des situations conflictuelles comme celle-là il y a des choses. tous les sens sont déréglés. Aucune guerre n’est humaine. Aucune guerre ne développe des valeurs d’humanité. On ne peut pas faire de guerre sans mort.”  Il cite la guerre d’Irak et les deux guerres mondiales comme illustration à sa thèse mortifère pour “excuser les massacres en parlant de l’instinct. ” En d’autres termes, pour cet apologiste du crime, “des individus seraient prédisposés à tuer parce que c’est la guerre qui le permet.”  Ce que corrige Alain Toussaint pour qui, “il n’y a pas d’excuses à ce genre de crimes.”

Ce “essuie-glace qui passe d’un côté à l’autre parce que les intérêts du moment les lui recommandent” comme le “portrait” Toussaint, a donc été parmi ceux qui ont élaboré les mécanismes de construction de la haine artificielle contre Gbagbo, qu’il accuse entre autres d’être l’instigateur de “la politique des machettes.” Une haine irréelle, inventée par ses maîtres et exécutée par des esclaves comme lui.

Sur ce point, Shlomit Abel décapite le “fonctionnement mafieux [de cet] homme qui n'a pas d'honneur.” Elle révèle. “Je l'ai entendu sur TV5 Monde délirer sur Gbagbo et encenser Ouattara, c'est trop facile maintenant de dire qu'il ne savait pas, qu'il n'était pas au courant... ll aurait pleuré sur la capture de LG [Laurent Gbagbo], mais même après cela sa bouche n'avait pas perdu de sa perfidie. Personnage peu intéressant; tant mieux s'il peut vivre maintenant de sa plume ou de sa musique, mais qu'il ne revienne pas surfer sur les événements comme il le fait en ce moment pour faire parler de lui où se préparer à rentrer en scène lorsque le vent soufflera d'une autre direction.”


Perfidie: Apologiste et CPI


Perfide, il l’est. En effet, le 29 Mai 2015 sur une webradio Ivoirienne basée à Washington, il déclarait, “Je ne savais pas que Ouattara était impliqué dans la rébellion. Ce sont mes recherches dans ce repos forcé qui m'ont permis de découvrir une vidéo dans laquelle les rebelles ont clairement dit que c'est Ouattara qui les a armés. Je ne l'avais jamais su. Je viens enfin d'avoir les preuves que ce  monsieur est le père de la rébellion Ivoirienne.”   Sur ces affirmations, de quel journaliste parle-t-on quand on cite Tiburce Koffi? S’il ne sait pas ce que tout le monde savait depuis plus de dix ans, il faudrait simplement conclure qu’il est un griot au sens triste du terme. Un nain politique, un intellectuel (?) véreux, qui mange dans tous les râteliers.

Sur son parcours de caméléon, cette fois-ci le 9 Juin, sur France 24, l’un des media publics de ses commanditaires,  le même Tiburce Koffi qui, quelques jours plutôt déclarait avoir pleuré sur le sort du président Laurent Gbagbo, accuse à nouveau l’ex-président Ivoirien d’être avec Ouattara et Bédié, les “trois criminels en Côte d’Ivoire.” Et recommande que les pères de l’ivoirité et du rattrapage ethnique soient déportés aussi à La Haye.

Dans un monde sérieux, ce théoricien et idéologue de Bédié et Ouattara, devrait lui aussi être transféré à la CPI où il recommande que ses patrons soient enfermés et jugés.  Car si ces dictateurs ont conçu pour l’un l’ivoirité et pour l’autre le rattrapage ethnique, Koffi les a développés, leur a donnés sens, et arguments à ceux qui ont tué. Par conséquent, il a par ses “énormes ramassis de mensonges” autant tué que ceux qui ont conçu ces concepts de division d’une part, et ceux qui ont porté les armes pour la sale besogne. Puisque “la manipulation et la désinformation sont autant de bombes meurtrières larguées à travers les lignes d’un texte, les ondes d’une radio, les pixels d’un écran,”  comme l’écrit Ahmed Bensaada, analysant “l’Affaire Bugingo,” journaliste vedette québécois,  créateur de fables et reportages faux sur les guerres dans lesquels il se met en évidence.

Le bien-pensant Tiburce Koffi qui pointe du doigt la haine de l'autre, devrait répondre de sa propagande rugueuse et de ses mensonges répétés qui ont fini par convaincre des inaptes politiques et enflammé tout un peuple. Il est inutile qu’il veille se donner une nouvelle virginité. Néanmoins, il pourrait se consoler qu’il a atteint ses objectifs: contribuer à faire déporter un valeureux fils d’Afrique: Laurent Gbagbo, et participer comme co-auteur au massacre des Ivoiriens. Tout ça pour un minable poste de Directeur de l’Institut National du Spectacle des Arts et de la Culture.


Une contribution de:

Dr. Feumba Samen,
Galena, Ohio, USA

 




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