Alassane Ouattara…L’Islam et la Démocratie en Côte-d’Ivoire

Jeudi 22 Août 2013 - 07:03


Alassane Ouattara…L’Islam et la Démocratie en Côte-d’Ivoire
Le printemps arabe et les différentes crises qui endeuillent le monde musulman suscitent en chacun de nous cette question fondamentale à laquelle nous ne pouvons nous dérober: «La démocratie et l’Islam sont-ils conciliables?»
Pour apporter à une telle demande une réponse satisfaisante, il serait opportun de l’aborder d’un point de vue spirituel et non philosophique ou politique, afin de nous élever au-dessus de nombreuses divergences qui nous conduisent inéluctablement à une impasse politique, à un dialogue de sourds entre les acteurs politiques, les populations musulmanes et celles d’autres confessions religieuses. Il nous appartient de nous interroger, avant tout, sur la volonté divine qui trouva utile de susciter l’Islam après deux religions monothéistes; le Judaïsme et le Christianisme qui confessaient déjà la foi d’Abraham. Les réponses des musulmans à cette question sont connues; ils se hâtent d’affirmer que le prophète Mahomet est le dernier des prophètes, et la religion musulmane est celle des justes. Elle est née parce que le Judaïsme et le Christianisme ont failli à leur mission, en falsifiant la Parole de Dieu… De telles réponses sont erronées parce que la religion d’Abraham est fondée sur la foi, l’abandon total à Dieu. Le juste n’est pas sauvé au moyen de la religion mais de la foi exclusive en Dieu qu’il adore en esprit et en vérité. En outre, l’Islam n’est pas l’aboutissement spirituel du Judaïsme et du christianisme, car Jésus fut envoyé non vers les fils d’Ismaël mais plutôt vers la descendance d’Isaac et de Jacob appelé Israël, dans le but d’accomplir la Loi de Moïse et non pour l’abroger. Le Créateur qui est Omniscient sait en effet tout depuis les origines, il n’abroge pas la Loi qu’il introduit, mais sanctifie les générations futures en les invitant progressivement à aller à l’essence, à l’esprit de la Loi. Dieu ne nous enseigne pas « n’importe quoi n’importe quand », en grand pédagogue, il tient compte de nos limites et de nos faiblesses. Nous appréhendons l’esprit de l’Islam et la volonté divine à l’origine de sa création lorsque nous parcourons le récit d’Abraham, un homme invité par Dieu à mettre fin au culte rendu aux faux dieux qui incitaient les hommes à leur offrir en sacrifice des vies hu maines, en vue d’acquérir sur terre pouvoir et gloire. Abraham se soumit en tout à son Créateur, et ce fut la naissance d’un culte qui invite tout homme à adorer un Dieu unique, Créateur du ciel et de la terre. Il eut pour fils Ismaël, son aîné, né d’une union naturelle avec sa servante Agar, et Isaac (Issiaka), né miraculeusement de son épouse légitime Sara. La descendance issue d’Ismaël est appelée «descendance naturelle» parce que leur père fut le fruit d’une reproduction naturelle, tandis que celle d’Isaac est appelée «descendance de la Promesse» puisque le Dieu unique accorda à une femme stérile et âgée de 90 ans la grâce d’accoucher d’un enfant, selon la promesse aux Patriarches, pères des Hébreux. Le père des croyants aimait profondément ses deux enfants, et fut, par conséquent, outré par le vœu de Sara de voir sa servante Agar et son fils renvoyés du domicile conjugal. Dieu apaisa sa colère et lui dit: «Ne te chagrine pas à cause du petit et de ta servante, tout ce que Sara te demande, accorde-le, car c’est par Isaac qu’une descendance perpétuera ton nom, mais du fils de ta servante je ferai une nation, car il est de ta race» (Gn 21, 12-13). La naissance de l’Islam n’est que la réalisation de la promesse faite par Dieu à Abraham au sujet d’Ismaël dont les descendants naturels et spirituels éprouvent évidemment un ardent désir de fonder une nation musulmane, d’avoir pour Loi fondamentale l’observation exclusive des préceptes du Saint Coran. Toute nation se forme sur le socle des lois auxquelles adhèrent librement tous les citoyens. Les fils d’Isaac et de Jacob formèrent une nation grâce aux lois introduites par le prophète-législateur Moïse, Dieu fit naître dans le cœur de la descendance d’Ismaël «humilié» par Sara le même sentiment de fierté, grâce aux lois introduites en Arabe par Mahomet, dans le but d’inviter leurs cousins Hébreux à ne pas être aveuglés par leur propre sagesse au détriment de la sagesse divine, de la vérité à laquelle ils doivent rendre témoignage. Les prophéties au sujet du Judaïsme sont assez explicites dans la sainte Bible. L’Ange de Dieu dit à Agar (la mère d’Ismaël renvoyé du domicile conjugal): «Retourne chez ta maîtresse et sois-lui soumise […] Tu es enceinte et tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom d’Ismaël, car Yahvé a entendu ta détresse. Celui-là sera un onagre d’homme, sa main contre tous, la main de tous contre lui, il s’établira à la face de tous ses frères» (Gn 9-12). L’Islam, fruit de la promesse faite par Dieu à Abraham, Agar et Ismaël, est voulu par Dieu, en vue d’être un contre-pouvoir aux excès des cousins Juifs, et pour imposer des limites à l’hypocrisie, et à l’anarchie du monde occidental. Les musulmans doivent leur survie à leur solidarité. Tout musulman est invité à soutenir celui qui confesse la foi d’Abraham, à défendre le Message du prophète Mahomet, à observer, comme toutes les autres religions monothéistes, la Bonne foi (celle d’Abraham qui crut contre toute espérance), la prière constante (la Salãt), à pratiquer la Charité (la Zakãt), la Miséricorde. Cet Islam pur, ami du bien, de la prière, de la miséricorde, de la bonne foi, de la paix véritable est conciliable avec la démocratie définie comme le pouvoir du peuple par le peuple, car la démocratie n’est pas favorable à l’anarchie mais à une recherche du bien-être collectif, du respect des différences, des minorités. Dans les pays où tous les citoyens confessent la foi islamique, la démocratie permettra à ces derniers de choisir librement leurs représentants qui veilleront à leur bien-être moral, matériel, culturel, spirituel. Ces pays peuvent observer la Charia parce que leurs populations adhèrent tous aux mêmes principes divins. Lorsque les citoyens ne confessent pas tous la foi islamique, comme en Égypte, les musulmans se doivent simplement de sanctifier la société, en observant les saints principes de l’Islam, en honorant le Message divin du prophète Mahomet (béni soit son nom) qui les invite d’ailleurs à respecter les croyants des autres confessions religieuses. De nombreux musulmans ne confessent pas la foi et les préceptes originels transmis par Mahomet, ils trahissent la mission originelle de l’Islam quand ils font une confusion monstrueuse entre l’héritage spirituel et le bien être matériel, confirmant ainsi la crainte de Sara qui avait perçu cette guerre fratricide lié à l’héritage matériel. Après la mort du prophète Mahomet un problème de succession, d’héritage spirituel, oppose musulmans chiites et sunnites. Pour des questions de terre, Israël, les descendants d’Isaac, et les palestiniens, descendants d’Ismaël combattent entre eux, comme avait prophétisé Sara.
C’est ce grand risque que nous fait courir aujourd’hui Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire quand il a commencé à se servir de l’Islam pour conquérir le pouvoir politique. La France et lui ont concédé à la grande majorité des musulmans ivoiriens, maliens, burkinabé la «sécurité de notre pays», les armes, le monopole de la violence physique légitime: le droit de vie et de mort en cas de «légitime défense». Certains jeunes musulmans incapables de saisir la complexité de ces thèmes politiques croient être devenus des soldats d’une guerre sainte contre les autres ivoiriens qui ne confessent pas la foi islamique. Des filles sont publiquement mises à nue parce qu’elles portent des «tenues jugées par eux indécentes». Nous ne sommes pas très loin d’une crise semblable à celle que traverse l’Égypte, puisque de nombreux musulmans sont solidaires des hommes politiques musulmans croyant agir ainsi au nom de la solidarité islamique, face à des sujets aussi délicats que celui de la nationalité, du foncier. Alassane Ouattara, le musulman, est un homme d’origine Mandé qui défend avec le chrétien Soro les intérêts, la culture, la mystique traditionnelle des peuples du Nord rejetée par l’Islam. Il n’est donc pas étonnant de retrouver en effet dans la conférence de presse de ces deux hommes, à Korhogo comme à Gagnoa, la même rhétorique. Relever la misère des populations de Gagnoa, qui n’aspirent, selon Soro, qu’au pain quotidien, c’est s’assurer simplement des objectifs atteints par la politique d’Alassane Ouattara et de ses partenaires européens dont le but est d’affamer les populations qui vivent dans les zones riches de la Côte d’Ivoire, afin qu’elles bradent pour des miettes leur pays, leur idéologie politique. Constater la misère des populations des zones riches confirme les critiques selon lesquelles elles seraient paresseuses, et elles ne survivraient que grâce au courage des hommes du Nord, des Burkinabé et des Maliens. Une guerre introduite par Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire pour résoudre un contentieux électoral lui a permis en effet de raser la rue princesse du quartier Yopougon, où vivent majoritairement les partisans de Gbagbo et les bétés, de faire disparaître un grand nombre de PME ivoiriennes créées grâce à la politique sociale et économique du président Laurent Gbagbo. Les comptes des partisans de Gbagbo ont été parallèlement gelés. Soro et Alassane savent très bien qu’en Afrique le salaire d’un cadre nourrit des familles entières et surtout les paysans qui, une fois devenus vieux, se tournent, pour leur subsistance quotidienne, vers leurs fils intellectuels, ou paysans. Les discours du PAN (President de l’assemblée Nationale) qui comparent les personnes écrasées par les atrocités de la guerre à des chats qui miaulent et les défenseurs de la démocratie à des chiens qui aboient n’honorent ni les chrétiens ni le Message de Mahomet. L’Islam sous Alassane Ouattara est en train de trahir en Côte d’Ivoire sa mission originelle parce qu’il mêle le monothéisme épuré de Mahomet (béni soit son nom) à la conquête du pouvoir politique et aux talismans, aux fétiches arborés fièrement par ses soldats.
L’Islam en Côte d’Ivoire ne sera conciliable avec les principes fondamentaux de la démocratie que si cette religion demeure une lumière qui éclaire nos consciences aveuglées par la haine et nos intérêts personnels. Il appartient aux guides spirituels musulmans de sanctifier les pratiques musulmanes en Côte d’Ivoire. Lorsque nous faisons une confusion monstrueuse entre tout héritage spirituel et celui du monde nous cessons d’être de bons croyants, de bons chrétiens, de bons musulmans. Le Message de Mahomet est universel contrairement à notre interprétation des sourates qui est simplement partisane et source de conflits.

Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)






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