Alain Cappeau, Conseiller spécial du Président Gbagbo : « Réjouissons-nous, Gbagbo est candidat ! »

Dans un texte au vitriol, comme il en a le secret, Alain Cappeau, ancien conseiller spécial de Laurent Gbagbo analyse avec sérieux la situation politique en Côte d’Ivoire et assure que le peuple ivoirien se retrouve en position de légitime défense parce que Ouattara ne laissera pas le libre jeu démocratique s’accomplir. Pour lui, c’est cette prise de conscience que Gbagbo attend pour annoncer sa candidature pour les prochaines élections.

Vendredi 3 Juillet 2015 - 13:46


Alain CAPPEAU, Conseiller Spécial du Président
Alain CAPPEAU, Conseiller Spécial du Président
Depuis la mise à sac de la Côte d’Ivoire en 2011, par la France, l’ONU et les rebelles, la politique qui en a résulté avec l’installation d’un homme à la tête d’un exécutif, a pris racine dans un marais fétide ou règne aujourd’hui, mensonge, tricherie, perfidie, clientélisme, trahison, corruption, crapulerie, sexe, en bref, où règne une répugnance morale nauséabonde. Mais ne nous trompons pas, Monsieur Ouattara qui n’a rien d’un béotien sait parfaitement manœuvrer dans cet écosystème dont il en est Le géniteur, et si depuis des mois, quelques candides s’évertuent à prouver que ce monsieur n’est pas éligible aux prochaines élections présidentielles d’octobre 2015, lui le rictus rivé aux commissures des lèvres et la paupière en goguette, nous indique explicitement qu’il n’a cure de leurs assertions ! Tous les opposants au régime auto proclamé, ont intellectuellement intégré la candidature de Monsieur Ouattara, tout en plaidant contre son irrégularité.
Quand un candidat honnête qui dénote dans un pays à la politique viciée, nous dit d’une manière obséquieuse : « nous invitons le candidat Président Alassane Ouattara, dont les décrets organiseront les élections présidentielles à venir, à accepter en démocratie le verdict des urnes s’il venait à les perdre », alors que précédemment dans la même interview il explique avec moult détails que ce Monsieur aurait déjà verrouillé le prochain scrutin avec ses dozos et ses CEI
locales aux ordres, non seulement il se met une balle dans le pied mais, de surcroit, il donne du grain à moudre à Monsieur Ouattara qui boit du petit lait à l’écoute de ses propos. Dame, bien sûr que Monsieur Ouattara sera candidat aux prochaines élections ! Bien sûr qu’il n’a que faire des articles 35, 48 et autres de la constitution ivoirienne, il parie sur l’inaction d’un peuple qu’il a anesthésié tout en balayant d’un revers de main les avertissements de sédition qui pullulent sur les réseaux sociaux s’il décidait de maintenir sa candidature, enfin ! Soyons lucides !
 
A croire que l’expérience GBAGBO ne nous aura servi à rien. Monsieur Ouattara tente un coup de poker face à des joueurs crédules qui croient au mythe de la démocratie, simplement par désir d’y croire. Monsieur Ouattara ne va pas modifier la constitution et de ce point de vue il ne sera pas en opposition frontale avec tous les tenants de sa non modification, non ! Car la constitution est plus qu’insuffisante aujourd’hui en Côte d’Ivoire pour faire respecter la justice et les lois, elle n’est tout simplement rien. A ce propos, il me revient en mémoire une harangue de Danton, qui voulant en finir avec l’institution monarchique tonnait en 1792, à la tribune des Cordeliers : « Le peuple ne peut plus recourir qu’à lui-même, car la constitution est insuffisante. Il ne reste plus que vous pour vous sauver vous-mêmes,
aux armes, aux armes ! ».
L’insurrection qui couvait alors en France depuis le début de ce mois d’Août 1792, prenait corps, la population française était d’une manière latente en état de réquisition. Alors arrêtons d’expliquer, d’être déclamatoire, arrêtons de condamner, arrêtons d’être des agitateurs bien-pensants, exit le rameau d’olivier, car nous faisons le lit d’arnaqueurs. Même l’évêque Jean-Baptiste Royer y allait de son crédo à la tribune des Jacobins : « Qu’on mette la terreur à l’ordre du jour ! C’est le seul moyen de donner l’éveil au peuple et de le forcer à se sauver lui-même.
» Il pensait que tous ceux qui n’étaient pas accusateurs étaient suspects et tous ceux qui n’étaient pas encore suspects se feraient accusateurs. Nous étions alors à des lieues des opposants à l’eau de rose qui aujourd’hui proposent en Côte d’Ivoire, le martinet pour mâter l’inquisition !
Cette Nation, la Côte d’Ivoire doit prendre conscience qu’elle est aujourd’hui en état de légitime défense, ce qui suppose d’autres arguments que ceux utilisés par des calinothérapeutes qui veulent se présenter aux prochaines élections une fleur à la boutonnière. Sieur Ouattara connait jusqu’au bout de ses ongles ses futurs opposants parce qu’il les a faits, il sait leurs failles intimes, il joue avec leur crédulité. Il fait, sans faire tout en laissant faire faire les autres, ceux qui vont l’adouber.
M. Ouattara joue au poker menteur, à ce jeu de bluff où plus on est nombreux plus le jeu en est intéressant. Cependant, en Côte d’Ivoire, sous ce régime, un adoubement
dans les règles de l’art sans cohortes de barbouzes qui sillonnent le pays pour le mettre en coupes réglées avant les prochaines élections, n’est pas un adoubement réussi. Les élections à l’ivoirienne ne doivent rien laisser au hasard, et Monsieur Ouattara en tant que stratège despote brouille intelligemment les cartes déjà préalablement truquées par quelques « loups-cerviers » occidentaux.
Le peuple ivoirien, de son côté, tétanisé par tant de machiavélisme, est aujourd’hui à la limite de la déification de son geôlier qui n’a plus à prouver ses compétences en termes de manipulations, et de « régénération guillotinière », là ou pour faire le vide on exécute et on incarcère… par amour en quelque sorte ! A croire que Monsieur Ouattara vivrait le syndrome de Lima quand les Ivoiriens seraient empêtrés dans celui de Stockholm, bref ! Peuple de Côte d’Ivoire, sache qu’une démocratie ça se mérite ! Et quand bien même la fureur humaine ne reculerait que devant la terreur divine, encore faudrait-il que celle-là existât bien. Trèves de déisme, parce que quand on sait qu’il existe bel et bien à nos côtés, un homme de providence porteur de toutes les espérances pour un peuple désillusionné, un homme toujours droit dans ses bottes, drapé dans une posture Gaullienne, un homme qui n’a cure des atermoiements des uns et des autres, qui attend sereinement une prise de conscience de ses frères et soeurs ivoiriens pour être à nouveau candidat à la magistrature suprême en cet automne 2015, alors réjouissons-nous.
Réjouissons-nous car cet homme est prêt, cet homme comme le disait Montaigne « est né pour agir », cet homme dont la sagesse qui a commencé par l’acceptation de l’inévitable, se continue par la poursuite d’un idéal, celui de libérer un peuple et au-delà un continent ; le Continent noir. Au final cet homme, Laurent GBAGBO, reste maître de son destin, à croire que l’incarcération lui autorise des prérogatives que tout homme librement enchaîné ne pourrait se permettre. Celui qui vient d’inventer malgré lui le pèlerinage de « Saint Laurent de Compostelle » en la prison de Scheveningen restera celui qui aura été l’inspirateur discret mais redoutable de ce qu’est aujourd’hui la Coalition Nationale pour le Changement. Or dans cette structure Ad’ hoc, qui devrait, suivant des rôles à répartir se confronter aux prochaines Présidentielle, il reste une case vide, celle du FPI ! Je pose alors la question : Qui à part Laurent Gbagbo est aujourd’hui le mieux à même de remporter les prochaines Présidentielles ? Qui ? Qui aujourd’hui personnalise le creuset des libertés en Côte d’Ivoire ? Qui ? Qui cristallise l’empathie de tout un peuple à son égard ? Alors appelons le de nos voeux et laissons là-bas, voler « au-dessus d’un nid de coucous » celui qui signe et persiste dans son jeu de poker menteur.
 
 
 
Une contribution de Alain CAPPEAU.
Conseiller Spécial du Président
 
Laurent Gbagbo
 
 
 
Source : Aujourd’hui / N°921
 




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