Akoun et Douaty, les armes lourdes de Simone Gbagbo

Laurent Akoun et Alphonse Douaty, dans une orchestration bien huilée, ont beau ruer dans les brancards pour dénoncer, selon leurs propres termes, « la façon cavalière » avec laquelle Affi N’guessan, le président de leur parti a opéré les derniers changements au sein du Secrétariat général, les réalités découvertes par « L’Eléphant » après investigation, sont moins prosaïques pour leur propre image. D’autant plus que, comme « L’Eléphant » l’a encore découvert, les munitions qui leur permettre d’envoyer des salves en direction d’Affi N’guessan sur fond de défense des intérêts de Laurent Gbagbo, proviennent du côté, oh surprise, d’Odienné.

Lundi 21 Juillet 2014 - 07:28


Akoun Laurent
Akoun Laurent
« Je l’ai appris sur les réseaux sociaux »
 
 Dans une interview accordée au confrère « Le Temps », Alphonse Douati, sans craindre le ridicule, a af- firmé qu’il  n’a appris sa nomination par Affi au poste de 9ème vice-président, que sur les réseaux sociaux. Selon donc Alphonse Douati, toutes les nominations qui ont été faites par Affi N’guessan au niveau du Secrétariat général, l’ont été sans consultation aucune des autres dirigeants du parti. Il y aurait donc eu un passage en force de la part d’Affi N’guessan, on ne sait pour quelles raisons. « (…) Tout comme ces militants, je suis surpris du remplacement de Laurent Akoun et par le réaménagement de tout le secrétariat général. Mais au-delà de la surprise et de l'étonnement, j'en suis à me demander sur sa pertinence et son opportunité. Je suis choqué et je ne m'explique pas l'humiliation politique infligée à Mme Simone Gbagbo qui demeure un grand symbole du parti. J'en suis à m'interroger sur la nécessité d'humilier Mme Amon Agoh Marthe, l'ex première vice-présidente de l'Assemblée Nationale, élue dans cette instance selon les mêmes critères que celui de président de la République et de surcroit mise en mission par le FPI auprès de Bernard Dadié président du CNRD.
Je m'interroge sur le gain que le parti engrange en humiliant l'ex député de Port Bouët, Mme Bamba Massani, Me Kouassi André, réfugié politique avant Laurent Gbagbo. Toutes ces personnes ont été rétrogradées, soit en vidant leurs postes de leurs contenus, soit en les faisant passer d'une échelle supérieure à l'échelle inferieure (Sga-Sn). Je ne trouve pas de mots pour expliquer la mise à l'écart des camarades qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes dans l'équipe intérimaire et qui continuent d'en faire autant actuellement (…) Je suis d'autant plus choqué que ce réaménagement porte atteinte à l'esprit de camaraderie et de cohésion indispensable à tout parti politique. Le choc s'appro- fondit quand on sait que le FPI a besoin de toutes ses forces pour mener l'unique bataille qui vaille la peine d'être menée, la libération de Laurent Gbagbo. Ce ré- aménagement me fait penser à une opération d'humiliation politique publique et de règlement de compte. Je ne peux admettre que les agissements de cette nature mettent en péril notre instrument commun de lutte démocratique qui est le Front Populaire Ivoirien… » A rugi Alphonse Douati, dans les colonnes du confrère. Avant même d’avoir exprimé toutes ces belles choses de vive voix à Affi N’Guessan à qui elles étaient pourtant destinées. 
 
 
La partitionn de la lionne d’odienné
 
 
 « Après Douati, Simone Gbagbo se révolte », a titré le lendemain, le confrère « Le Temps ». « Je ne suis pas d’accord ; on viole les principes du Fpi, la Direction  est bouleversée ; c’est une tentative de passage en force », aurait-elle transmis pour publication, au confrère. Tiens donc ! Elle peut réagir depuis la prison et s’est cependant murée dans le silence quand Affi a été empêché d’aller lui rendre visite ?  L’interview la veille de Douati, était la préparation du terrain? Toujours est-il que si on s’en tient à ce qui a été écrit dans les colonnes du confrère, Simone Gbagbo n’aurait pas du tout apprécié les décisions « cavalières et sans consultation » de ses camarades de parti. « Le président n’a eu, ni la gentillesse ni la courtoisie de requérir mon avis. Le fait de me décharger de mes attributions initiales, me donne le net sentiment d’être inutile au parti. Alors que mon cabinet constitué et connu travaillait sous la supervision de mon intérimaire. Cette façon de faire, me semble relever d’une tentative de passage en force du président, quand on sait que la pratique commande que le Comité central valide toute proposition de réorganisation du secrétariat général avant publication dans la presse. Cette décision viole les principes élémentaires qui régissent la gouvernance de notre parti. Aussi voudrais-je te demander de bien vouloir signifier au président, mon désaccord total avec ce nouveau secrétariat général et mon retrait pur et simple de ce nouveau secrétariat général» A protesté Simone Gbagbo. Pour une femme qui a en a vu des vertes et des pas mûres, démissionner pour si peu est un courage qu’on est bien obligé de saluer. Pauvre Affi, le voilà taxé par tous d’avoir fait cavalier seul comme un dé- butant dans un parti dont il ne connait aucune règle. 
 
 
Affi, un « objet » non reconnu par le « logiciel d’odienné » 
 
 
Comme chacun s’en souvient, Affi N’Guessan a récemment effectué une tournée de mobilisation dans les zones nord du pays. A l’étape d’Odienné, il a tenu, après avoir fait toutes les démarches, à rencontrer Simone Gbagbo, pour avoir une idée de son état de santé et surtout en profiter pour lui faire part des nouvelles orientations qu’il entendait imprimer au parti pour lui redonner un nouveau souffle, vues les nouvelles réalités sur le terrain. Sauf que cette rencontre n’aura jamais lieu, non pas parce que les autorités ivoiriennes s’y étaient systématiquement opposées, encore moins les élus de la ville d’Odienné. La première per- sonne à s’être farouchement opposée à l’arrivée d’Affi N’Guessan à Odienné et, encore moins à le recevoir, eh bien, c’est la grande Simone Gbagbo. La- quelle n’a toujours pas pardonné à Affi son attitude à Marcoussis et de s’être rapproché, dans l’esprit de Simone Gbagbo, de Nadiana Bamba qui, dans les mois à venir, selon les sources de «L’Eléphant », risque bien d’être la seule et unique épouse de Laurent Gbagbo. Aussi, pour la prisonnière d’Odienné qui, dans les coulisses, négocie, selon les sources de « L’Eléphant » et en ce moment, sa libération avec le pouvoir Ouattara afin  de récupérer le Fpi et y bouter hors Affi N’Guessan, les nominations actuelles de ce dernier sont perçues comme un grand pas d’avance qu’il prend dans la course à la succes- sion à Gbagbo. Ce à quoi il faut immédiatement mettre fin, en lavant le linge sale en public alors que cela aurait pu être fait en toute sérénité, en famille. Pour un parti aussi malade que le Fpi et surtout dans une période aussi pluvieuse.  C’est que, le but de la manœuvre est de présenter Affi N’guessan comme un traître à la cause de Gbagbo parce qu’il chercherait à pactiser avec le régime Ouattara via Ahoussou Jeannot avec qui il entretient des rapports plus que cordiaux. Les propos à peine voilés prononcés par Douati et Akoun lors de leur dernier point de presse, ne laissent aucun doute sur le sort qu’ils réservent à Affi N’guessan dans les semaines à venir et cela, quelle que soit l’issue du recours qu’ils ont introduite après de la commission de contrôle du parti. L’ANC a bien attendu Mandela pendant 27 ans, ont-ils dit. Sauf que Mandela n’était pas à la CPI, ce qui fait une sacré différence.  
 
 
Contrevérités et disgrâces
 
 
 Dans la guérilla qu’ils ont engagée contre le président de leur parti avec pour chef d’orchestre Simone Gbagbo depuis Odienné, les soldats Akoun et Douati crient à qui veut l’entendre que Affi N’guessan n’a consulté personne avant ses nominations. Sauf que les documents que « L’Eléphant » s’est procurés montrent en pleine lumière que ces deux soldats de Simone Gbagbo ont pris quelques libertés avec la vérité. D’abord Akoun Laurent, en raison d’un certain nombre d’actes qui ne partici- paient pas au combat pour la cause du Fpi, a, le 4 mars 2014, été interpellé par Affi N’Guessan. Par écrit.  Dans ce courrier dont « L’Eléphant » s’est procuré une copie, Affi N’Guessan écrit : « Camarade Secrétaire Général, à plusieurs reprises, il m’a été donné de constater de nombreux dys- fonctionnements dans l’organisation des manifestations du Parti. Je voudrais citer, à titre d’exemple, la cérémonie d’échanges de vœux de nouvel an, le 7 janvier 2014, où la maîtrise de cérémonie a été mal assurée et l’installation des membres de la Direction, notamment les Secrétaires Nationaux, mal encadrée. Ma récente tournée de compassion et de mobilisation dans le District d’Abidjan, doit son succès à la forte implication de la JFPI qu’à toute autre initiative. Si la Convention a été un succès, sur le plan scientifique, force est de constater que la mobilisation et l’organisation matérielle ont souffert de nombreuses défaillances. Il en est de même du meeting de rentrée du 23 février à Yopougon. Le samedi, 01 Mars 2014, j’ai dû renoncer à participer à la cérémonie de dédicace de l’œuvre de monsieur Germain Séhoué ‘’le com- mando invisible raconte la bataille d’Abidjan’’, au regard des conditions d’impréparation de la cérémonie que le parti avait pourtant accepté d’organiser. Au total tout se passe comme si les responsables politiques commis à ces tâches et placés sous ton autorité, man- quent d’engagement, de capacités et de motivation dans l’exercice de leur mission. La phase actuelle de la lutte du FPI – phase de restauration – et les défis à relever ne pouvant souffrir le laxisme et l’incompétence, je te saurai gré des dispositions et des initiatives afin de re- dresser la situation…. » A écrit Affi N’guessan. Traduction, Laurent Akoun ne jouait plus son rôle à la tête du Secrétariat gé- néral du parti. Pour quelles raisons  pro- fondes ? Mais ce n’est pas tout ! Avant de reformer le Secrétariat général, selon des documents confidentiels que « L’Eléphant s’est procuréS, Affi N’Guessan a entrepris de larges consultations, il a rencontré tous les actuels frondeurs et notamment Laurent Akoun et Alphonse Douati. Ainsi, le 1er juillet 2014, Affi N’guessan a rencontré, à la Résidence M’Ba- don, de 13H30 à 16 heures, l’ex-secrétaire général manifestement démotivé, Akoun Laurent. Pour échanges sur la formation du nouveau Secrétariat. Avant de rencontrer d’autres personnes dont Géraldine Odéhouri, à 17 heures, dans la même résidence. Le 2 juillet 2014 à 17 heures, toujours à la Résidence M’Badon, Affi N’guessan a rencontré le ministre Alphonse Douati. Ils ont abordé la même question. D’où vient-il donc qu’aujourd’hui, les mêmes personnes prétendent qu’elles n’ont été informées de ce qui se passe que sur internet et dans les journaux ? C’est vrai qu’au Fpi, Affi N’Guessan est soupçonné de « vouloir se débarrasser des cadres de ce parti qui s’opposent à la soumission au régime Ouattara. » « L’Eléphant » n’en sait rien ! Mais les uns et les autres devraient peut-être commencer par méditer cette pensée : Quand on veut mener un vrai combat et surtout si l’on veut avoir l’opinion de son côté, il est toujours moins fatiguant de commencer par dire la vérité. 
 
ASSAlE TIEMOKO 
 
L’Eléphant déchaîné N°269 du vendredi 18 au lundi 21 juillet 2014 / 3ème année
 




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