Akoun Laurent : «Nous préférons mourir debout que de vivre à genoux»

Mercredi 9 Mai 2012 - 00:55


Akoun Laurent : «Nous préférons mourir debout que de vivre à genoux»
«Ouattara ne veut pas que notre pays avance. Un Etat,cest la continuité. On ne remet pas en cause les acquis de son prédécesseur. Cest la preuve quil ne connaît rien de la gestion dun Etat. Il ne peu pas changer notre pays, il est incapable. Il est dramatiquement limité ; mais on fera en sorte que ce pays vive. Car pour Gbagbo et nos camarades en exil et emprisonnés, on ne peut pas tuer le combat pour la démocratie et les libertés, rien que pour des postes ministériels. Personne ne fera le combat à notre place. Nous préférons mourir debout que de vivre à genoux. Tenez bon ! Car Laurent Gbagbo va revenir bientôt et gouverner la Côte dIvoire. il a pris son billet davion aller et retour pour la Haye».
Sest exprimé Akoun Laurent lors de la première étape de ses rencontres avec ses militants dans la ville de Goumeré et le village de Tagadi dans le département de Bondoukou. Cétait le week-end dernier. Laurent Gbagbo dérange et trouble le sommeil dAlassane Ouattara, dira un simple citoyen lambda. En effet, à peine sorti de la troisième convention ordinaire, Akoun Laurent, Secrétaire général du Front populaire Ivoirien (Fpi) est déjà sur le terrain, à la rencontre de ses «soldats aux mains nues» dans le district du Zanzan, pour les mobiliser en vue de la «rencontre du match retour» quil souhaite tant. Une armé de combattants prêts pour le combat pour la restauration de la démocratie et des libertés, forte de 7 fédérations, 262 sections et 1289 comités de base pilotés au quotidien par NGuettia Yao Kouman, Secrétaire national chargé des Fédérations Fpi du Zanzan. Il sest réjoui daccueillir son Secrétaire national. Arrivé dans la soirée du vendredi 4 mai 2012 et après avoir rendu ses civilités aux autorités administratives, coutumières et religieuses de la ville aux mille mosquées, Akoun Laurent va annoncer les couleurs à sa première rencontre avec ses Secrétaires fédéraux. «Je suis venu pour rendre un dernier hommage à un camarade de lutte, Koffi Yao Taki, membre du comité central qui vient de tirer sa révérence. Mais aussi vous rencontrer en vue de préparer les batailles futures et relever les défis qui nous attendent ». Une rencontre qui a permis à Akoun Laurent dinformer et de former davantage ses «préfets et sous-préfets de départements»  sur la lutte politique en cours et les défis du moment. Dabord, il faut recomposer le fichier des militants à travers lachat de la carte de militant. Lensemble des bases de données des militants est parti en fumée avec la destruction du patrimoine du Fpi à Abidjan. Ensuite, il faudra recruter de nouveaux militants et enfin réaffirmer et maintenir son engagement au Fpi en participant de manière active et à sa vie. Se prononçant sur la réconciliation en cours, il dira, entre autres observations, que «Ouattara nest pas capable dassumer ce quil dit. Il dit une chose et fait son contraire. Pour la réconciliation dans un pays de démocratie, quand le tissu social est déchiré, il faut revenir en arrière. Ce sont des hommes quon gouverne et non des cimetières. Nous voulons la réconciliation. Parce que notre pays a trop souffert et de manière gratuite. Quel mal ont fait Affi NGuessan, Simone Gbagbo .et tous nos camarades pour quils soient incarcérés ? Les Koné Zakaria, Soro Guillaume Fofié Kouakou qui ont tué, égorgé, mis des personnes dans des conteneurs, les a- t- on tués ou inquiété ? Nous sommes libres et personne ne peu nous soumettre », a-t-il dit.


Pascal Assibondry
Correspondant régional


In Le Temps N°2614 du lundi 17 mai 2012




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