Affi N’Guessan à Bangolo :«Gbagbo gérait seulement la moitié du pays mais on prêtait l’argent aux autres»

Au 14ème jour sa tournée, le président du FPI a animé un meeting à Bangolo le dimanche 17 novembre 2013 à la place de la paix. Affi N’Guessan a indiqué que Ouattara mène une réconciliation traquenard en tendant la main d’un côté et en dissimulant les menottes dans l’autre.

Mercredi 20 Novembre 2013 - 04:00


Le porte-parole des populations de Bangolo lors du meeting du président Pascal Affi N’Guessan, Lenace Guéhi Zougnon, a expliqué que Bangolo souffre «dans la fameuse zone de confiance» depuis la rébellion de 2002 jusqu’à la crise postélectorale avec les tueries, arrestations, pillages et incendies de maisons, occupations des terres et plantations. Selon lui, la sous-préfecture de Diéouzon a été brûlée «5 fois de suite», une colonne de 108 personnes du village de Gonié en partance pour Duékoué, fuyant les exactions, en mai 2003 a été assassiné « en un seul jour et en un seul lieu ». 28 jeunes de Béoué-Zibiao ont été égorgés dans leur village, 42 personnes ont été tirées de leur sommeil et égorgées à Dah. 22 hommes de Koulahoué ont été enfermés dans une maison et égorgés, des enfants, des femmes et des hommes ont été ligotés, enfermés dans une case et brûlés vifs à Baably, toujours en 2003. Il ajoute que sur les quelques 700 prisonniers pro-Gbagbo, plus de 500 sont des jeunes Wê. «Que la communauté internationale sache que la réconciliation ne sera possible en Côte d’Ivoire autour d’une seule personne : le président Laurent Gbagbo. Nous exigeons par conséquent sa libération ici et maintenant», a-t-il indiqué.   «Ouattara tend la main avec les menottes derrière» Pour sa part, Affi N’Guessan a encore insisté à l’occasion de son meeting le dimanche 17 novembre 2013 à Bangolo que Gbagbo reviendra de la CPI. Il a réitéré son exigence que les détenus politiques soient élargis et les exilés rentrent car cela participera à la réconciliation. C’est d’ailleurs pourquoi le FPI s’étonne du jeu trouble du régime qui lance des appels incessants aux exilés à rentrer et arrête paradoxalement les pro-Gbagbo là où l’on attend des actes d’apaisement. Pour le président du FPI, les appels à la réconciliation «restent des mots creux» pour l’heure. «Nous souhaitons que les autorités gouvernementales saisissent cette main que nous tendons. Ils disent toujours qu’ils nous tendent la main. Mais souvent c’est une main vide qu’ils tendent et derrière l’autre main il y a les menottes. Nous, ce que nous leur tendons, c’est une main avec une proposi- tion concrète : les états généraux de la république», a-t-il déclaré.
Foncier et nationalité : «Que le gouverne- ment arrête sa politique de fuite en avant» Selon lui, ce sont les états généraux qui permettront de résoudre les problèmes cruciaux qui divisent les ivoiriens depuis de longues années. Notamment les questions liées à l’éligibilité, à la nationalité, à l’immigration, la libération des détenus politiques, le retour des exilés, le dégel des comptes bancaires des pro-Gbagbo, au foncier rural… Pour l’ancien premier ministre de Gbagbo, au lieu de chercher à résoudre les questions notamment celle du foncier qui touche particulièrement l’ouest avec l’occupation illégale des terres, le gouvernement fait la politique de l’autruche en faisant adopter des lois biaisées. «Il faut donc que sur la question le gouvernement prenne toutes ses responsabilités et ne mène pas cette politique de fuite en avant que l’on observe à travers le vote de lois qui ne reflètent pas la réalité sur le terrain», a-t-il rejeté. «Gbagbo gérait avec la moitié du pays et prêtait de l’argent aux autres» L’ancien locataire de la primature n’a pas manqué de  voler dans les plumes d’Alassane Ouattara sous le mandat duquel tous les indicateurs sont « au rouge ». Il estime que Ouattara a tellement appauvri et endetté le pays qu’il est désormais obligé d’aller quémander de l’argent à des petits pays pour payer les fonctionnaires. En se tournant vers le Congo, explique-t-il, cela signifie que les bailleurs de fonds traditionnels notamment des institutions de Breton Woods « ne nous font plus confiance ». « Quand vous voyez quelqu’un qui laisse FMI, qui laisse Banque Mondiale, qui laisse BAD, et puis il s’en va au Congo, c’est que son dossier est tellement gâté, son dossier est tellement sale que tous ceux-là ne veulent même plus le voir à leurs guichets (…) Quand on voit la Côte d’Ivoire qui s’en va maintenant prendre crédit au Congo, ça veut dire que vraiment la situation est grave, que le pays est presqu’en faillite », a fait remarquer Affi N’Guessan. « Si c’était pour ça, il fallait laisser Laurent Gbagbo en place. Gbagbo Laurent il gérait seulement la moitié du pays mais la Côte d’Ivoire pouvait prêter l’argent aux autres», a-t-il poursuivi. Affi N’Guessan a également engagé les militants à la mobilisation pour la reconquête du pouvoir. Il les a exhortés à braver la peur, les persécutions et exactions. «Ils peuvent entreprendre tout ce qu’ils veulent sur les militants du Front populaire ivoirien, les militants, les dirigeants du Front populaire ivoirien ne renonceront jamais à la lutte pour la liberté, pour la dignité et pour le progrès de la Côte d’Ivoire», soutient-il. Car, affirme-t-il, le régime Ouattara a montré son incompétence et doit quitter à la tête du pays. Pour lui, les Ivoiriens ne peuvent pas s’accommoder à un régime qui fait des promesses aux populations et n’arrive pas à les réaliser. « Ils sont arrivés au pouvoir, bientôt leur mandat va prendre fin. Mais où sont les milliards qu’ils ont promis à Bangolo ? Où sont les milliards qu’ils ont promis à Duékoué ? Où sont les milliards qu’ils ont promis à Kouibly, à Facobly ? A la place des milliards promis, on nous donne la pauvreté, la misère », a dénoncé Affi N’Guessan.

Par Anderson Diédri, envoyé spécial

Le Nouveau Courrier N° 929 Du Mardi 19 Novembre 2013




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