Acculée par les critiques:Bensouda annonce des investigations dans le camp Ouattara en mai 2015

Mardi 7 Avril 2015 - 07:36


FATOU BENSOUDA
FATOU BENSOUDA
Dans une interview récente accordée à France24, version anglaise, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda a annoncé des investigations dans le camp Ouattara, pour le mois de mai 2015. Dans cet élément filmé de 8 minutes 15 secondes la magistrate gambienne revient largement sur les dossiers ivoiriens ouverts par son bureau. Si l’annonce de fouiner enfin dans le camp Ouattara n’est pas nouvelle en soi, la date indiquée,- la mimai 2015-, pour le début officiel des enquêtes, constitue en revanche, une avancée même si certains observateurs restent encore septiques tellement que la Cour pénale internationale (CPI) a des atomes crochus avec le régime d’Abidjan. Mais Fatou Bensouda, a-t-elle aujourd’hui, des raisons de vouloir ruser avec l’opinion internationale en servant encore, un autre effet d’annonce dont elle a fini par être coutumière ces dernières années ? Cela semble peu probable, à en croire un diplomate qui officie dans l’une  des principales chancelleries, sur la place abidjanaise qui lui, est plutôt d’avis que c’est la communauté internationale, sous la pression des principales associations mondiales de défense des droits de l’homme, qui a demandé au bureau du procureur d’équilibrer quelque peu la balance en terme de poursuites contre les différents acteurs du conflit ivoirien. Et cela, avant les procès du président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé prévus théoriquement pour se tenir cette année. On se souvient que sur la question, la juridiction internationale de la Haye, après avoir initialement fixé la mi-juillet 2015, pour l’ouverture du procès de l’ex-chef de l’Etat, a annoncé il y a quelques semaines, le report de celui-ci à une date qui reste encore à déterminer, le bureau du procureur ayant eu entre temps, l’ingénieuse idée de vouloir coupler les procès de Laurent Gbagbo et celui de Charles Blé Goudé, au motif qu’il s’agit des mêmes chefs d’accusation et  que la jonction des deux affaires fera gagner et du temps et de l’argent à la Cour. Pour revenir aux investigations dans le camp Ouattara, celles-ci, si elles sont effectives, pourraient brouiller bien de cartes dans le plan de réélection d’un Alassane Ouattara qui manœuvre en ce moment pour que la mobilisation soit des plus totales dans son camp, en attendant les voix de l’allié Pdci, à lui promises par le président Henri Konan Bédié. Et pour sur, le regard inquisiteur du gendarme Bensouda dans les affaires des ex-chefs de la rébellion qui se vantent d’avoir installé Ouattara au pouvoir, ne manquera pas de faire désordre. Avec des accusations de trahison que les  pestiférés  ne manqueront pas de faire monter contre les dirigeants actuels. Pour échapper au canif de la CPI, Guillaume Soro, lui, multiplie les actions tendant à polir son image d’ancien patron de la rébellion ivoirienne qui aura commis les pires atrocités entre 2002 et 2011, soit pendant toute une décennie entière. Pas un seul jour ne passe sans que l’homme ne parraine soit une cérémonie culturelle, ne participe sot à une action de charité ou n’apporte son aide à des populations en souffrance, ou encore ne distribue ça et là de l’argent à des groupements qui sollicitent sa magnanimité. Bref, autant d’œuvres pour tenter d’effacer le sang innocent versé par ses hommes et qui continue de crier justice à Dieu. La dernière action en date de l’ex-leader estudiantin, reste la création d’un prix Guillaume Soro pour la photographie, devant récompenser les meilleurs photojournalistes. Aussi, de bonnes sources, on apprend que recevant en début de semaine des mouvements de soutiens à la candidature d’Alassane Ouattara, le président de l’Assemblée Nationale s’est dit fier d’avoir réussi sa rébellion là où le RUF, en Sierre-Leone, le NPFL de Charles Taylor et l’Unita ont disparu sans avoir atteint leurs objectifs et leurs leaders, tués ou emprisonnés dans le meilleur des cas.             
«Je peux vous dire que c’est extrêmement difficile de diriger une rébellion. Et pourtant, il nous fallait réussir. Je n’oublie pas qu’aux premières heures, cette rébellion était taxée de regroupement de maçons, de menuisiers, de mécaniciens, tant le mépris de nos propres concitoyens était fort et accentué. Subitement, nous étions devenus des idiots. C’est cette rébellion qu’il fallait patiemment organiser; c’est cette rébellion qu’il fallait patiemment polir, qu’il fallait résolument inscrire dans l’arène politique. Et aujourd’hui, en 2015, nous avons réussi là où beaucoup ont échoué. Chers amis, vous ne reconnaîtrez le mérite de la rébellion ivoirienne qu’à la lumière de ce qui est advenu pour les autres rébellions en Afrique. Quand on prend la rébellion de la Sierra Léone, du RUF, quand on prend le NPFL au Libéria, l’UNITA en Angola…Ces rébellions ont disparu. Les leaders tués. Leurs mouvements, en déliquescence, atrophié. Quand on regarde tout près de nous, ce qu’est devenu Dadis Camara en Guinée, Sanogo, au Mali…C’est à ce moment qu’on se rend compte que la rébellion ivoirienne a été particulière en aidant à instaurer la démocratie en Cote d’Ivoire », en permettant la tenue d’une élection présidentielle ouverte à toutes les forces politiques et à faire respecter le verdict des urnes. » Ce plaidoyer suffira-t-il à absoudre Guillaume Soro ? Seul l’avenir nous le dira.

 Géraldine Diomandé

Source: Aujourd’hui / N°862
 




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