Absence prolongée de Ouattara: Soro se prépare à Bouaké

Les hommes de Soro quadrillent Bouaké

Jeudi 27 Février 2014 - 08:03


Depuis l’installation du nouveau régime ivoirien au pouvoir d’Etat dans les conditions que l’on sait, les Ivoiriens et ceux qui leur font l’amitié de vivre avec eux en bonne intelligence savaient déjà qu’ils vivent sur un volcan endormi. Cela, au regard des faits et gestes des nouveaux dirigeants qui ne font rien pour ressouder le tissu social lourdement fragilisé par la sale crise dans laquelle ils ont plongé le pays entier, depuis bientôt 12 ans. Mais leur inquiétude est devenue davantage grande à la faveur de la maladie d’Alassane Ouattara. Situation qui fait planer une très grande incertitude au som- met de l’Etat quant à la succession de l’actuel chef de l’exécutif dont l’absence prolongée et les velléités de ses proches achè- vent de convaincre les observateurs de ce que quelque chose de pas claire se prépare dans l’ombre. Et les bruits de bottes à Bouaké en sont l’illustration parfaite. l’isolement de Bouaké en ligne de mire Selon plusieurs témoins et cela est confirmé par des sources bien introduites, Guillaume Soro et ses hommes n’ont pas du tout confiance aux responsables du Rdr qui seraient prêts à confisquer le pouvoir, au cas où le pire se produirait du côté de la France où le chef de l’Etat est en convalescence depuis son opération à la sciatique. Pourtant, soutiennent des cadres des Forces nouvelles (Fn), «c’est grâce à nous que le Rdr est aujourd’hui au pouvoir.»Et d’ajouter : «voici des gens que nous avons aidé à installer au pouvoir et une fois installés, ils se comportent comme si ce sont eux qui ont fait le travail sur le terrain. Comme ils sentent que le pire peut se produire, ils veulent barrer la route à Soro. En violation de la Constitution... Non, ça ne va pas se passer comme ça, nous veillons au grain. Car, au cas où, nous allons nous faire entendre…» Pour ne pas se laisser surprendre par ‘’l’ennemi’’, les hommes de Soro, révèlent nos sources, ont déjà pris leurs dispositions, à Abidjan, mais surtout à Bouaké, leur fief, où ils comptent se retrancher si les choses dégénèrent. «S’il faut encore diviser le pays, nous allons le faire»,menacent-ils. dans cette logique, Lg infos apprend que, depuis quelques jours, précisément la semaine dernière, des cadres des Forces nouvelles partis d’Abidjan sont à Bouaké où ils rencontrent leurs hommes sur le terrain afin qu’ils soient en alerte maximale. Ceux-ci ont donc mis en place des dispositifs impres- sionnants autour de la ville et du côté de l’Ecole des forces armées (Efa) vers l’aéroport. «Les Forces nouvelles ont fait engager au moins 2000 ex-combattants sans numéro matricule en poste à Bouaké. Bien armés, ils sont prêts à agir. Ils n’attendent qu’on leur donne le feu vert…», soutient une source. «Actuellement, tous les collaborateurs de Soro, notamment du Secrétariat général des Forces nouvelles sont cantonnés à Bouaké en train de travailler sur le terrain…», ajoute la même source qui précise que l’isole- ment de la région de Bouaké du reste de la Côte d’Ivoire n’est pas à exclure dans ce pro- jet d’une nouvelle rébellion au cas où le Rdr s’oppose au respect de la Constitution. les 570 ex-Fds menacent Toujours selon nos informations, au sein des Forces armées des forces nouvelles (Fafn), on dénombre au moins 570 éléments des ex-Forces de défense et de sécurité (Fds), en grande partie composés des partisans de Soro qui sont, par ailleurs, ses espions au sein des Frci. Ceux-ci, depuis un moment, réclament des arriérés de salaire d’au moins sept (7) ans (2002- 2009). Ces derniers temps, nous renseigne-t-on, ils grognent et projetteraient même de se faire entendre. Puisque les autorités militaires ne se penchent pas sur leur sort. A défaut de cela, ils veulent profiter de ce moment d’incertitude qui plane sur la République pour agir aux côtés des hommes de Bouaké. Parmi ces 570 ex-Fds, il y aurait 80 (tous des retraités) qui ont perçu leurs chèques. Aux autres, dont onze chefs de guerre ou de zone des Fafn,  il a été refusé le paiement de leur chèque, sous prétexte qu’ils sont encore en service. «Ces onze personnes ne sont pas contentes et ils n’hésiteraient pas à être solidaires de Soro». Comme on le voit, Bouaké, déjà quadrillé par les hommes de Soro, est une véritable poudrière. les soldats onusiens en alerte maximale Ayant eu vent de ce qui se prépare à Bouaké et pour pouvoir faire promptement face à toute éventualité, indiquent nos renseignements, les forces onusiennes qui n’avaient pas l’habitude de patrouiller dans les rues de Bouaké, sont depuis quelques jours très visibles dans la capitale du Centre. Ils auraient eu les consignes de veiller au grain et d’être quotidiennement en alerte maximale. Pour ce faire, ils sillonnent régulièrement dans la ville et occupent même, dit-on, certains coins reculés de la région. «C’est bizarre, les soldats de l’Onuci qu’on voyait rarement dans les rues de Bouaké sont, curieusement, très visibles ces derniers temps, armes au poing. On ne sait pas ce que cela cache, mais ça inquiète la population qui pense que c’est lié à la maladie de Ouattara…», soutient un habitant de la ville. Celui-ci ajoute que Bouaké est très calme depuis l’annonce de la maladie de Ouattara.

Ferdinand Bailly  ferdinandbailly@yahoo.fr
 Source: LG Infos N°671 DU MERCREDI 26 FÉVRIER 2014




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