Abou Cissé, l’oncle d’Alassane Ouattara : « Le Nord en a assez de la propagande d’Alassane»

Alassane Dramane Ouattara a effectué une visite d’Etat dans la région des savanes du 2 au 9 juillet 2013. L’oncle du chef de l’Etat, Abou Cissé, passe au scanner les propos que M. Ouattara a tenus sur le retard du Nord et son discours sur les origines.

Jeudi 18 Juillet 2013 - 08:32


Abou Cissé, l’oncle d’Alassane Ouattara : « Le Nord en a assez de la propagande d’Alassane»
Notre Voie : Les cadres du Nord se sont mobilisés du 2 au 9 juillet pour accom - pagner le chef de l’Etat dans le cadre d’une visite d’Etat, étiez-vous du voyage ?

 Abou Cissé : Je n’étais pas de la visite. Parce qu’effectuer une visite d’Etat dans son village, ça n’a pas de sens. Vous savez en Afrique, quand tu vas chez toi, on ne t’accueille pas comme on devrait le faire pour un étranger. Pour la simple raison que tu es chez toi. C’est pourquoi je trouve très regrettable qu’on dise qu’on fait une visite d’Etat chez soi et qu’on découvre seulement maintenant que rien n’a été fait dans sa région. Il dit être sur les traces d’Houphouët, mais Houphouët n’a jamais effectué de visite d’Etat à Yamoussoukro, Bédié n’en a jamais fait à Daoukro. Et Gbagbo qui partait à Mama tous les samedis n’a pas organisé une visite d’Etat à Mama. Vous savez, quand on est attaché à sa région, on n’a pas de problème et on ne fait pas ce genre de choses. J’ai été surpris que certains cadres soient partis au Nord sous le prétexte de recevoir le chef de l’Etat. C’est un non sens. Et je refuse de m’inscrire dans cette logique d’incompréhension de l’évidence. Je suis plutôt pour le développement de notre Nation dans toute sa dimension. Et moi, cadre du Nord, regardant d’un processus global, j’ai estimé que cette visite est un échec qui accentue l’incompréhension que le président a du Nord, mais aussi de l’ensemble du pays.


N.V.  : Malgré ce que vous dites, on ne peut pas nier que M. Ouattara fait le constat d’une évidence, le retard du Nord…


 A.C. : Vous savez tout cela constitue un langage poli - tique. Qui a mis le Nord en retard ? Est-ce Houphouët, Bédié, Guéi ou Gbagbo ? Le Nord n’est pas en retard. Le Nord a des cadres qui le délaissent au profit d’autres régions. Le président lui- même qui dit aujourd’hui que le Nord est en retard, a construit sa première villa à Ouagadougou, à côté de celle de Lamizana. Sa deuxième maison, il l’a construite à Sindou au Burkina Faso. S’il est du Nord, depuis qu’il était au FMI à ce jour, quelle action a-t-il posée pour le Nord ? Y a-t-il construit une petite case pour s’identifier à cette région ?


N.V. : Mais nous croyions savoir qu’il a bâti une résidence à Kong ?


A.C. : Non. Et même son frère Gaoussou dormait à l’hôtel de la sous-préfecture de Kong. Il dormait soit à Kong soit à Ferkessédougou. Au-delà, ce sont tous les cadres du Nord qui ont construit les villes du Sud, du Centre, de l’Ouest… Personne ne les a empêchés d’aller construire chez eux. Donc, il ne faut pas mélanger les peuples. D’ailleurs, c’est parce que les hommes du Nord n’avaient pas de regar - dant pour leur région qu’Houphouët-Boigny a fait la fête tournante et les a obligés à aller construire chez eux. Mais ils se sont contentés de construire des bicoques sans créer de conditions réelles de développement de la région. En tant que fils de la région, j’estime qu’il n’est pas juste de rendre les autres responsables du retard de notre région. Qui a le pouvoir financier en Côte d’Ivoire ? Nous sommes présentement en carême. A partir de 16 h, les activités s’arrêtent, c’est la preuve que cette communauté détient l’économie. C’est donc la démission de ses fils qui fait que le Nord est en retard


N.V.  : Quand Alassane Ouattara a fait cette déc - laration, des cadres du Pdci ont estimé que le président Houphouët avait été insulté parce qu’on ne peut pas dire que le Nord est en retard par sa faute.


 A.C.  : Je ne vois pas de bâtisseur comme Houphouët. Il a insufflé le développement de l’ensemble de la Côte d’Ivoire. Quand il faisait Yamoussoukro, il a demandé à chacun d’aller construire au moins chez lui. Je prends comme exemple El Hadj Lanciné Cissé, le richissime cadre du Nord qui a construit beaucoup de villas à Abidjan ici, qui a fait acheter un ensemble de plusieurs hectares devant la lagune à Marcory. Il avait la possibilité de construire toute la ville d’Odienné et il ne l’a pas fait. Avec lui, il faut voir de nombreux autres cadres du Nord, riches mais qui désignent leur village par la main gauche. Même les mosquées qui foisonnent dans les villes sur l’ensemble du territoire, c’est le travail des fils et filles du Nord. Pourquoi ne font-ils pas tout cela chez eux ? Tenons nous-bien, un développement ne se fait pas dans une région sans ses fils. On ne peut pas donc dire que le premier président est à l’origine du retard de la région. D’ailleurs si Korhogo et autres ont ces visages, c’est parce que Houphouët a institué les fêtes tournantes et demandé aux enfants du Nord d’aller construire chez eux. Quand vous observez les cadres et les responsabilités qu’ils ont occupées, vous vous rendez aussi compte que personne n’a négligé le Nord. Par exemple la Bceao à Dakar et ici, c’étaient des gens du Nord. Ils étaient multimilliardaires. Lamine Diabaté était multi - milliardaire, le gouverneur Fatiga était multimilliardaire…


N.V.  : Alassane Ouattara aussi ?


 A.C.  : Alassane Ouattara est milliardaire. Quelles possibilités a-t-il données à ces jeunes du Nord qui sont restés dans le terroir, et qui souffrent ? Maintenant qu’il est pouvoir, est-ce qu’il a créé une indus - trie, une richesse ? Et les fils du Nord qui ont pris les armes parce que la région est en retard selon eux, ils ont la gestion des ressources de la région depuis plus de 10 ans, est-ce qu’ils ont créé des richesses ? Ce que nous  con - statons en revanche, c’est que le Nord s’est appauvri et ces individus sont devenus riches. Je crois qu’il ne faut pas soulever encore les popula - tions du Nord contre ces dérapages.


N.V.  : Mais ce n’est pas nouveau. C’est au nom de son retard que les enfants du Nord disent avoir pris les armes…


 A.C. : Oh ! Vous savez, en réalité, les gens ont utilisé certains arguments pour justifier leurs actions à la face du monde et surtout de la communauté internationale. Les Blancs ne connaissant pas la Côte d’ivoire. Ils regardent les choses comme ça. Mais nous qui sommes les natifs du Nord, nous savons qu’on ne peut en vouloir à personnes. On peut créer mille opportunités de développement. Si les gens du Nord ne vont pas chez eux pour faire le commerce, pour mettre les structures en place, tous les efforts seront vains.
N.V.  : N’est-ce pas que ça va s’arranger parce que le chef de l’Etat a promis qu’il allait travailler beaucoup plus pour le Nord et que dans deux ans le Nord va rêver ? A.C. : Vous connaissez les promesses dans ce pays. Entre le rêve et la réalité, il faut savoir où se trouve la vérité. Mais si un tel rêve se réalisait, ce serait au détriment du Nord. Parce qu’on ne va pas prendre toute l’économie de la Côte d’Ivoire pour l’engloutir dans une seule région, fut-elle la région du chef de l’Etat. Ce qu’il n’a pas fait hier en sollicitant les amis qu’il se vante d’avoir, ce n’est pas en gérant les biens du contribuable ivoirien qu’il va le faire.


N.V. : On dirait que vous êtes contre le développement du Nord ?


 A.C. : Je suis contre le fait de faire croire qu’on se dévoue pour la région alors qu’en dessous, il y a d’autres visées. Le Nord n’a pas besoin de toutes ces publicités qui vont se retourner contre lui. Il ne faut pas vendre le Nord au reste de la Côte d’Ivoire en donnant l’impression que tout ce qu’on amasse c’est pour lui seul. Le Nord veut être en harmonie avec les autres régions pour faire ensemble le développement dans la même dynamique. Il a besoin pour cela qu’on libère les gens et qu’en harmonie avec les populations de toutes les régions, le travail se fasse. Il veut des actes et non la propagande. Le Nord en a assez.


N.V. : Mais chaque Ivoirien n’est-il pas partout chez lui ?


A.C.  : Je suis d’accord avec vous. Il y a des Nordistes qui sont députés dans toutes les autres régions du pays, mais combien de gens de l’Ouest, du Sud de l’Est sont députés dans le Nord ? Quand ils vont là-bas, on leur dit qu’ils ne sont pas chez eux. Et pourtant au sud, même des gens qui n’ont pas la nationalité et qui se font passer pour des gens du Nord, viennent s’imposer. Je conçois qu’au nom de la démocratie on puisse se présenter partout. Mais encore faut-il que les chances soient équilibrées. Donc Alassane Ouattara, s’il veut aider le Nord, il faut qu’il dise aux fils et filles de cette région d’accepter que leurs frères des autres régions soient admis là-bas aussi. Il n’est pas bien de la part d’un chef de l’Etat de dire qu’il va travailler pour sa seule région et qu’il va travailler deux fois plus pour elle. Il donne raison à ceux qui soutiennent que son pourvoir est du Nord  alors qu’au finish, le Nord ne va rien tirer de lui. D’ailleurs, tous ces programmes qui sont en train de se faire ont été conçus depuis 1967, à l’époque où j’étais au Bnetd. Il y a un aspect qu’on occulte, Houphouët avait injecté des milliards dans des programmes de développement. Ces projets étaient destinés à faire des barrages et les fonds étaient gérés par des cadres du Nord.  Cet argent manifestement n’a pas servi à la région. Ce qu’il faut aussi reconnaître, c’est que les gens du Nord ne sont pas répondants sur l’action. Ils le sont quand il y a des élections. Et comme le fait le chef de l’Etat, de temps en temps, ils souffrent sur les problèmes du Nord de sorte que les populations ne peuvent s’identifier à eux.


N.V.  : Vous dites tout cela alors qu’on a vu une mobilisation quand le M. Ouattara s’est rendu au Nord.


 A.C. : Non, ce n’était une mobilisation réelle mais factice. La télévision a donné des images. Mais en réalité, ce n’est pas une telle mobilisation que nous devons avoir quand un fils comme Alassane Ouattara arrive. Ça devait être plus grand s’il n’avait pas cette tendance à la sectorisation. Dans son entendement, c’est cette partie du Nord qui l’intéresse. Et quand on voit les nominations, on se rend compte qu’il privilégie les cadres de Korhogo et de Séguéla. Les autres régions sont un peu négligées. Donc on ne peut pas créer un Nord qu’on veut, il faut prendre le Nord dans son ensemble.


N.V.  : Dans le Nord, il a dit ses conditions pour aller à la paix. Le FPI doit demander pardon. Est-ce votre avis ?


A.C.  : Vous savez, ces genres de déclarations, c’est pour cacher la vérité un peu. Vous vous souvenez que pour se faire valoir de l’extérieur, il a dit qu’on ne veut pas qu’il soit président parce qu’il est musulman et du Nord. Certes à un moment donné, il y a eu certaines choses. Mais voilà un homme comme Laurent Gbagbo qui s’est fait violence pour dire, « ce n’est pas la peine de l’empêcher de se présenter, on va se mettre face à face, s’il arrive à me battre, les Ivoiriens auront choisi ». Mais le combat à la loyale n’a pas eu lieu. Alassane Ouattara s’est servi de l’étranger pour s’imposer. Donc quelque part, les Blancs ont adhéré à tout ce qu’il a raconté. Les Blancs ne connaissent pas la sociologie ivoirienne et Alassane ne connaît pas la Côte d’Ivoire. Sinon, ce qui se passe actuellement n’allait pas avoir lieu. Et tout ce qu’il raconte ne correspond pas à la dynamique de paix dont l’ivoirien a besoin. Mais sans cette paix, il n’y aura pas la reconstruction encore moins le développement. La Côte d’Ivoire n’a pas besoin de dif - férenciation et c’est cela que je veux dire à Alassane. Ce pays a besoin de l’unité de ses enfants. On ne peut pas développer la Côte d’Ivoire avec le langage de la discrimination. Nous voulons la paix, la réconciliation vraie et non la diabolisation de ceux qui sont passés. Car avec cette gouvernance, il est en train de créer les conditions de sa dia - bolisation quand il ne sera plus.


N.V.  : Un homme du Nord et musulman chef de l’Etat, et vous, musulman, n’êtes pas satisfait ?


A.C. : En quoi les musulmans devraient être satisfaits ? Ce sont les imams qui roulent désormais dans les 4X4 huppées, achetées par Alassane qui doivent être contents. Sinon, quand je vois le pauvre musulman qui doit aller à la Mecque lui-même. Et vous savez bien que les frais ont augmenté de 500.000 Fcfa. De 1.500.000, les frais sont passés à 2 millions, pourquoi le musulman devrait être con - tent ? Quand on prend aussi leplanteur qui fait la culture de l’anacarde, du temps de Gbagbo, c’était à 200 f, avec Alassane ça coûte 50 f, au plus 75 f. Comment le musulman qui est du Nord peut être satisfait ? Tu as beau être mon fils, avec cette politique qui ne m’arrange pas, je ne peux pas être content de toi. Et moi, je ne m’élève pas contre lui, mais contre le système. Car sa poli - tique n’arrange pas la Côte d’Ivoire du Nord. Et si ça n’arrange pas la Côte d’Ivoire du Nord, ça n’arrange pas la Côte d’Ivoire entière.


N.V.  : Que reprochez- vous à sa politique ?


 A.C. : Il ne doit pas travailler en tant que président du Nord, mais président de toute la Côte d’Ivoire qui a une idée pour harmoniser le développement en tenant compte de toutes les cultures. Il ne doit pas gérer l’adminis - tration en catégorisant les Ivoiriens.

N. V . : B e a u c o u p d’Ivoiriens ignorent que votre neveu, Alassane Ouattara, est musulman…

A.C. : Vous savez, chacun est libre devant Dieu. Et moi, je n’ai pas à déterminer quelle religion il pratique. J’ai à savoir quelle âme il a et si cette âme est tolérante. Ce que nous voulons, c’est qu’il se rende compte qu’il conduit le pays à la catastrophe, vers le chaos. Ces arrestations intem - pestives, ces violations massives des Droits de l’Homme, bref cette gouvernance me fait honte. Voir qu’un homme du Nord, dont les frères et sœurs ont été acceptés et intégrés par les autres communautés, arrêter ces gens de l’Ouest, du Sud, les mettre en prison depuis maintenant deux ans comme il le fait, cela me paraît inimaginable ! De grâce, on ne fait pas la politique pour aller en prison, sinon lui ne serait pas en liberté.  Les Ivoiriens voient bien les dégâts qu’il a causés à l’économie à l’époque où il était Premier ministre. Il a privatisé les secteurs dits stratégiques comme l’eau et l’énergie, il a vendu un certain nombre de sociétés d’Etat dont l’EECI et la SODECI, quelquefois à un franc sym - bolique. Qu’est-ce que la Côte d’Ivoire a eu dans ces opéra - tions ? Rien. Est-ce qu’en revanche, il s’est enrichi ? Et qu’est-ce que le Nord qu’il aime temps a eu quand il était Premier ministre ? Ces questions restent posées. Alors, je lui demande de marcher comme sur des œufs et de cesser de faire des propositions non réalisables du genre «dans deux ans vous allez rêver». Il doit arrêter sa poli - tique de discrimination sinon s’il n’était pas là - et je pense qu’il ne sera pas là - quel sera le comportement des autres régions à l’égard du Nord ? C’est sur la base d’accusation de génocide et autres crimes que les gens sont poursuivis. Mais combien de fosses com - munes il a découvert dans les régions de l’Ouest où vivent depuis toujours 65% des gens du Nord ? Quand on prend le département de Gagnoa où on parle Odienneka, pourquoi on ne nous dit pas qu’on a fusillé des Dioula dans cette région ? On peut commettre des erreurs, mais ne pas les recon - naître est plus grave. Des gens vous ont permis de construire chez eux et vous voulez leur dire de quitter pour que vous vous installiez. Allez construire à Boundiali, à Odienné, à Séguéla!...


N.V.  : Vous demandez d’aller construire au Nord et vous insistez. C’est comme si vous n’aviez pas intégré le message du chef de l’Etat qui dit qu’il faut raison - ner ivoirien et ne pas par - ler de ses origines.

A.C. : Moi, je parle d’abord en tant que Cissé. On ne peut pas m’empêcher de le faire. Ensuite, je parle en tant que fils d’Odienné. Et enfin, je parle en tant qu’Ivoirien. C’est parce que je suis Cissé, Odienneka que je suis ivoirien. C’est cela la logique. Si une personne veut en changer les contours, il faut faire un référendum pour que les Ivoiriens se prononcent. Une seule personne, fût-elle chef de l’Etat, ne peut en décider seule. Mais je me demande si cette façon de par - ler n’est pas une astuce pour faire accepter d’autres personnes qui souffrent qu’on leur dise qu’ils sont Burkinabés, Maliens, Guinéens ? La Côte d’Ivoire, c’est le seul pays au monde où il n’y a pas d’é - tranger, où l’étranger souffre qu’on dise qu’il est de tel ou tel pays. Je ne comprends pas. Il y a des ressortissants d’un cer - tain nombre de pays de la CEDEAO qui souffrent qu’on dise qu’ils sont de leur pays. Surtout  les Burkinabés, les Maliens, les Guinéens.  Il y en a qui sont originaires de ces pays qui prennent des certifi - cats de nationalité sur la base de pièces fausses et qui ne veulent pas qu’on dise qu’ils ne sont pas ivoiriens. Ces per - sonnes sont certes identifiées comme des Cissé, des Koné, mais il y a des Cissé au Mali, au Burkina, en Guinée. De grâce, il faut que ces person - nes s’acceptent et acceptent les origines de leurs parents. Alassane Ouattara dit de ne pas parler de nos origines. Mais ce qu’il oublie, c’est que chacun vient absolument de quelque part. Moi, mon père est un notable. Un des plus grands imams qui a dirigé la mosquée d’Abidjan. A l’époque, c’était la « mosquée Dioula » de Treichville. Mais mon père était identifié comme venant d’Odienné. Si on ne fait pas attention qu’on veut vulgariser la nationalité sans tenir compte de la cul - ture, elles vont créer des prob - lèmes entre les gens du Nord eux-mêmes qui ne se sentent plus en sécurité, et entre les gens du Nord et du Sud. Il faut faire attention à cette façon de vouloir brader la nationalité alors que dans les pays comme le Burkina, le Mali, la Guinée, on nous identifie tout de suite. On dit «c’est un Ivoirien».

N.V. : Selon vous, pourquoi Alassane Ouattara ne veut pas qu’on parle des origines en Côte d’Ivoire? Est-ce qu’il a un problème ?

A.C. : Il croit qu’il a un prob - lème. Mais son problème ce n’est plus la nationalité puisqu’on a accepté qu’il soit chef de l’Etat. Son problème, c’est plutôt comment développer la Côte d’Ivoire. Mais avant, il doit faire en sorte que la paix revienne et qu’il y ait la réconciliation. Sinon si ça pète, je crois que ça va être plus grave que ce qui s’est passé.

Interview réalisée par Armand Bohui bohuiarmand@yahoo.f

Source Notrevoie N°4470 du mercredi 17 juillet 201 3  




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