Abandonnés par le régime Ouattara: Les supplétifs Frci se révoltent à Bouaké

Samedi 13 Avril 2013 - 09:11


Abandonnés par le régime Ouattara: Les supplétifs Frci se révoltent à Bouaké
Plusieurs dizaines de supplétifs Frci, désormais ex-combattants démobilisés ont crié leur ras-le-bol face à la situation de misère et d’abandon à eux infligée par le régime qu’ils ont militairement contribué à installer, en paralysant Bouaké où ils sont basés. En effet, hier matin aux environs de 9h, plusieurs dizaines d’ex-combattants, armes au poing, ont bloqué le corridor principal de Bouaké en provenance de Yamoussoukro, empêchant toute circulation entre le nord et le sud. Ni les Frci, ni les soldats de l’Onuci n’ont pu les ramener à la raison. Ces ex-combattants, en réalité des supplétifs des Frci, ont exigé leur insertion dans le tissu socioéconomique qui reste utopique depuis pratiquement deux ans après «le sale boulot». Ils exigent la somme de 40 millions de Fcfa par individu au gouvernement, au titre de leurs indemnités de recasement. «Nous avons le sentiment d’avoir été oubliés», ont fait savoir «les mutins». Avant d’ajouter qu’ils vont poursuivre leur mouvement jusqu’à ce que le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, les entendent. Après plusieurs heures de blocus au niveau du corridor sud de Bouaké, les ex-combattants ont mis fin à leur mouvement de colère, suite à une médiation des guides religieux de la ville et de certaines autorités locales qui leur ont expliqué que le chef de l’Etat était en déplacement et qu’à son retour, il se pencherait personnellement sur leur dossier. Selon une source proche des «frondeurs», ils reprendront la rue dans une dizaine de jours si une suite favorable n’est pas accordée à leur dossier. Les ex-combattants se plai- gnent surtout d’avoir été oubliés par les ex- chefs de guerre qui ont inséré leurs proches dans la nouvelle armée. Il y a quelques mois, un groupe d’ex-combattants, au nombre de 500, avait attiré l’attention des autorités sur leur situation, révélant qu’ils étaient toujours en possession de leurs armes. Selon les chiffres officiels du gouvernement Ouattara, ce sont 64 500 ex-combattants qui devront être réintégrés dans le tissu socio-économique, pour une enveloppe de 85 milliards de Fcfa que recherche active - ment le premier ministre Daniel Kablan Duncan. On peut le dire, la question des ex- combattants est une bombe à retardement.

Gérard Koné

Le Nouveau Courrier N°773 du Vendredi 12 Avril 2013




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