AVANT…

Mardi 10 Juin 2014 - 11:57


Avant, dans notre société, un Bété, un Abbey, un Guéré, un Dida, un Agni, un Ebrié…c’est-à-dire, un ressortissant du Sud, de l’Est, de l’Ouest ou du Centre, n’était pas automatiquement catalogué Pro- Gbagbo, militant du FPI, ennemi juré des hommes actuellement au pouvoir.

Avant, tout «  Dioula  » n’était pas systématiquement Pro- Ouattara, militant du RDR, fanatisé et prêt à se sacrifier –même contre le bon sens- pour «  la Cause commune  »  ; prêt à en découdre, brutalement, avec des machettes et donc barbarement et sauvagement, avec tout opposant à son mentor ADO.

Avant, «  les gens du Nord  » ne se disaient pas refoulés par les autres peuples ivoiriens  ; et, eux-mêmes ne considéraient pas les autres ethnies comme un conglomérat de «  cafris, boyorodjans, blakoros  ».

Avant, tout travailleur, tout aspirant à une fonction professionnelle, tout enseignant, était recruté selon ses capacités intellectuelles intrinsèques, son cursus scolaire et universitaire et donc selon des diplômes dûment attestés, certifiés, homologués  ; ce qui, naturellement, ne faisait pas la part belle au recrutement lié à l’ethnie, à la région, à la religion et surtout au parti -le RDR-.

Avant, tout enseignant, tout employé, était, partout sur tout le territoire de la République de Côte-d’Ivoire, le bienvenu  ; même au Nord  !
 Il n’était un paria que s’il avait un comportement aux antipodes de la morale sociale  ; une façon d’être dans la société, n’ayant donc rien à voir avec sa profession, son ethnie, son choix politique.
Il ne faisait pas, dans les Zones du Nord de notre pays, l’objet d’une chasse à courre, d’une poursuite meurtrière, d’une discrimination ethnique et politique.

Avant, nos enfants élèves pouvaient être orientés dans tout l’espace national et même dans les zones du Nord. Partout, ils étaient accueillis comme le serait un membre de la famille qui les hébergeait. Ils pouvaient même y vivre toute la durée de leur cursus scolaire. Ils apprenaient à vivre avec les enfants de leurs tuteurs «  Dioula  », liant pour le restant de leur vie, ces amitiés véritables qui savent si brillamment et si durablement se transformer en fraternité.

  Avant, les journaux bleus (de l’Opposition démocratique dirigée par les partisans de Laurent GBAGBO et tous ceux qui lui sont proches) et les journaux verts (regroupant tous les opposants aux journaux du premier groupe), pouvaient écrire ce qu’ils croyaient être la réalité sociale de leur pays  ; de plus, ils ne mettaient pas leur vie en péril ni la survie de leurs groupes de presse, quand ils publiaient des écrits de citoyens très critiques sur les tenants du pouvoir.

Avant, tout journal qui publiait des articles ne caressant pas les autorités dans le sens du poil, n’avait pas, suspendue au dessus de sa tête, l’inique et vengeresse épée de Damoclès, mise, de façon éhontée, au service de la «  Justice des Vainqueurs  ».

Avant, écrire et se faire publier, dans les journaux qui ne sont pas proches des sphères du pouvoir, n’exigeait pas, comme (illusoire) garantie d’anonymat-et donc, pour préserver sa vie, sa profession et celles des siens-, de signer ses articles sous les appellations les plus diverses, les plus invraisemblables, des pseudonymes loufoques.

Avant, tout parti politique national, remplissant les conditions légales, constitutionnelles, conditions déterminées à la suite d’un consensus de toute la classe politique  ; oui, avant, toute formation politique dans cette situation-là, recevait de l’Etat ivoirien, une contribution financière qui lui permettait de s’organiser, de mener ses activités politiques  ; bref, l’Etat l’aidait à exister et ne faisait pas de ce financement exigé par la loi, un honteux moyen de chantage.

Avant, oui, avant, on pouvait être opposant et vivre sa vie tranquillement  ou espérer faire de vieux os, malgré les emprisonnements qui rythmaient nos vies  !

 Même sous le règne de ceux qui se sont alliés au pouvoir actuel, par opportunisme politico-social ou par froid calcul revanchard ou haineux  !
Avant, la vie était plus amène, moins risquée et égale pour tous  !
MAIS ÇA, C’ETAIT AVANT…et, MAINTENANT  ?
                                                                     

  LUNDI DE PENTECÔTE, 09/06/2014.
                                                                     
WANDAOGO  Padezem.




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