AFFI N’Guessan depuis Touba : «L’Etat est pris en otage par le Rdr»

Au terme de 5 jours de tournée dans le Bafing, le président du Fpi n’a pu animer le meeting de clôture qu’il avait prévu pour la ville de Touba.

Mercredi 11 Juin 2014 - 08:16


Image d'archives: Pascal Affi N'Guessan
Image d'archives: Pascal Affi N'Guessan
Quel est votre sentiment après deux annulations ?

C’est évidemment un sentiment de déception et de tristesse, parce que nous sommes dans la dynamique de la réconciliation et la décrispation. et c’est pour apporter notre pierre à cette entreprise que nous parcourons la côte d’ivoire, pour rassurer les populations, pour faire évacuer la peur, pour apaiser les cœurs et pour tenir le discours de la réconciliation afin que toutes les populations se mettent ensemble. ici, nous avons une population disposée, nous n’avons pas senti d’animosité. dans les localités où nous avons tenu des meetings, nous avons senti une réelle effervescente avec une bonne mobilisation, donc une disposition à aller à la réconciliation. malheureusement, il y a encore des responsables politiques, notamment des élus du rdr, qui constituent des obstacles à la normalisation, qui posent des actes pour retarder le processus de décrispation et de réconciliation nationale. c’est ce que nous avons vécu ici à touba, ville où le maire nous a refusé un espace prévu pour le meeting ; à ouaninou où le maire rdr nous a interdit la place prévue pour notre meeting. et c’est ce que nous avons constaté à odienné où le maire a pris aussi un texte pour nous interdire même l’accès de la ville. cela fait la cinquième fois que nous gérons ces genres de situations. il y a eu oumé, il y a eu doropo, il y a eu abobo et, aujourd’hui, au nord-ouest, touba et odienné. cela ne peut nous ébranler, car nous savons que ce sont des soubresauts des personnes qui veulent maintenir un monopole de fait sur certaines régions, qui veulent prendre en otage certaines localités. donc qui rament à contre-courant du processus de réconciliation nationale. ce sont des attitudes qui sont vouées à l’échec parce que le peuple dans sa grande majorité veut la paix et la réconciliation, et nous sommes persuadés de venir à bout de ces résistances. nous allons faire en sorte que le jeu démocratique soit débloqué sur l’ensemble du territoire et que les citoyens soient libres d’aller partout où ils veulent pour parler de paix et de réconciliation, et pour donner les moyens aux populations ivoiriennes de faire, en toute transparence et dans la sérénité, le choix de ceux qui méritent leur confiance pour gouverner ce pays.

Après tout cela, si vous vous asseyez autour d’une table avec le gouvernement, que lui direz-vous ?

Nous dirons au gouvernement de prendre ses responsabilités. parce que le gouvernement ne peut pas tenir le discours de la paix et de la réconciliation pendant que ses partisans et son parti lui- même rament à contre-courant et posent des actes sur le terrain qui sont aux antipodes de ces déclarations et de ces proclamations. il faut qu’il y ait une cohérence et qu’on sente que l’etat progresse avec la paix, parce que le sentiment qu’on a ici, c’est que l’etat est pris en otage. le préfet est impuissant, les autorités administratives sont présentes, mais n’ont aucune emprise sur la situation. elles ne peuvent pas faire respecter l’ordre et la loi, et cela est dommageable, ce n’est pas un signe de normalisation institutionnelle du pays.

Que s’est-il réellement passé à Touba ? Est- ce que votre fédération ici a rempli toutes les conditions administratives ?

 Il s’est passé que, le 3 juin, le maire, à la demande de nos responsables locaux, a autorisé notre meeting sur un espace bien indiqué. et, le 6 juin, soit trois jours après, pour des raisons qu’ils sont les seuls à connaître, il a rédigé un autre courrier pour refuser ce même espace. en trois jours, il y a eu revirement de situation. on est passé de l’accord pour la tenue du meeting au refus du meeting.

Quel bilan faites-vous de votre tournée dans le nord ?

 Oui, je l’ai déjà indiqué, c’est globalement positif. nous sommes venus comme je l’ai indiqué pour contribuer à débloquer le jeu politique pour que la normalisation politique progresse. or la normalisation politique, c’est quand les partis politiques peuvent se réunir librement et circuler librement partout sur l’étendue du territoire national. cela est possible dans certaines régions, mais ne l’est pas encore dans d’autres régions où le fpi, en particulier, est dans une semi-clandestinité. cette situation ne peut pas continuer si on envisage d’aller aux élections l’année prochaine. il faut que le jeu politique redevienne possible et que les populations se réhabituent aux discours politiques, aux tournées politiques et aux meetings politiques. c’est cela qui permettra aux populations de com- prendre que nous avons véritablement tourné le dos aux affrontements et à la crise ; c’est cela qui permettra de comprendre qu’on se tolère et qu’on tolère la différence et les discours différents, et que la côte d’ivoire avance véritablement sur le plan de la normalisation. c’est notre responsabilité.

Un retour dans la zone en perspective ?

 Evidemment, nous allons revenir. et ce n’est que partie remise. je voudrais dire merci à toutes les populations du Bafing pour leur accueil, pour leur attention à nos discours là où nous avons pu nous exprimer. je leur dis que le comportement anti républicain de leurs responsables politiques au niveau des élus du rdr ne peut nous ébranler et ne doit pas les ébranler. nous sommes dans la dynamique de la paix et de la réconciliation. ils peuvent compter sur nous pour que nous avancions en- semble sur le chemin de la paix et de la réconciliation nationale.
propos recueillis par A.B




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