A peine ont-il signé l’acte de naissance de la coalition pour le changement que le régime tremble déjà et décide d’arrêter les signataires de cette charte.

Vendredi 22 Mai 2015 - 00:49


Après l’arrestation des responsables du FPI, Ouattara s’apprêterait, selon une source proche de la présidence de la République à mettre aux arrêts, à cinq mois de l'élection présidentielle, des leaders de la coalition de l’opposition, notamment Laurent Akoun, Konan Banny, KKB, Essy Amara, Mamadou Koulibali, Ahipeaud Martial, Samba David… Il leur reproche, selon la même source, d’attiser  la haine entre les Ivoiriens et de vouloir semer le chaos dans le pays. Car pour Ouattara, le fait d’exiger que l’on sache qui a gagné les élections de 2010 remet en cause sa légitimité, de même que demander à chaque sortie aux Ivoiriens de retrousser leurs manches pour descendre dans la rue. « C’est un appel à l’insurrection populaire », commente la présidence. Le chef de l’Etat se prédisant une victoire éclair reproche à la coalition nationale pour le changement de vouloir sans doute briser son rêve de gagner les élections présidentielles au premier tour. Les responsables de la coalition que nous avons joints confirment l’information qui n’est plus une simple rumeur. « J’ai un ami qui est un des leurs et qui m’a annoncé cette manigance  des tenants du pouvoir. Ils veulent commettre l’erreur d’arrêter tous ceux qui ont signé la charte de la coalition nationale pour le changement, ou du moins la plupart de ceux qui l’ont signée », s’est-il confié. Avant d’ajouter : « si Ouattara pense que c’est par des intimidations qu’il va nous assujettir, alors il se trompe  énormément car il aura cette fois-ci face à lui, la farouche détermination de l’ensemble des Ivoiriens. Qu’il essaie d’arrêter un seul parmi nous et il verra la réaction énergique des Ivoiriens qui aspirent au changement».
De nombreux cadres du FPI ont déjà été arrêtés et continuent d’être emprisonnés. Mais visiblement, cela ne suffit pas. Et à bientôt cinq mois des élections, on peut se demander si Alassane Ouattara n’a pas vraiment l’intention d’aller aux élections en octobre 2015 en candidat unique ? Sinon, de quoi a-t-il réellement peur « le démocrate » sorti de l’antichambre de la communauté internationale et qui emprisonne ses opposants à tour de bras ?  
Notons que partis politiques et leaders de la société civile réunis au sein de la Coalition nationale pour le changement (CNC) ont signé le vendredi 15 Mai 2015, une charte pour des élections sans heurts en Côte d’Ivoire. Cette charte  s’insurge contre la modification de la constitution dont l’article 35 bloque la candidature du chef de l’Etat actuel.  La charte exige également  la libération de tous les prisonniers politiques qui croupissent dans les goulags de Ouattara mais aussi le président Laurent Gbagbo et le retour sécurisé des exilés. Les leaders de la nouvelle coalition exigent surtout la mise en place des conditions d’élections justes, transparentes, démocratiques et inclusives et la dissolution de la CEI qui n’est pas véritablement indépendante pour créer une autre dirigée par la société civile. L’autre exigence de la CNC est que l’identification des électeurs soit faite par l’Institut national de la statistique (INS) et que le code électoral soit reformé. A l’exception de Essy Amara qui, selon les membres de son parti, apposera sa signature au bas de ce document dès son retour au pays, tous les leaders de la coalition ont signé la charte le 15 mai dernier à l’hôtel Belle Côte d’Abidjan-Angré

Georgette Afi
Source: Aujourd’hui / N°893




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