A l’approche du 18 juin, le CPAD entre deal, affairisme et pilotage: Gbagbo n‘est pas un fonds de commerce! Patriotes ivoiriens restons vigilants!

Vendredi 1 Juin 2012 - 05:35


A l’approche du 18 juin, le CPAD entre deal, affairisme et pilotage: Gbagbo n‘est pas un fonds de commerce!  Patriotes ivoiriens restons vigilants!
Le 18 juin prochain sera-t-il un rendez-vous judiciaire historique ou un rendez-vous d’affaires à La Haye ? Une telle question mérite d’être posée, au regard des différents préparatifs décidés par certains mouvements et organisations appartenant à la résistance patriotique des ivoiriens de la diaspora. De tous ces préparatifs, ceux du CPAD (Comité de pilotage des Actions de la Diaspora) ont fortement attiré notre attentions. Nous voudrions en faire une brève analyse. La présente démarche n’a nullement pour objectif de démobiliser les patriotes ivoiriens. Car nous sommes convaincus qu’ils sauront faire preuve de maturité en ne manquant pas ce rendez-vous historique. Ils sauront donc faire la différence entre l’essentiel et le superflu. Après quoi, il sauront allez à l’essentiel, tout en espérant la réalisation de notre vœu le plus cher, à savoir la libération du président Gbagbo.
 
L’essentiel et la gratuité de la manifestation du 18 juin sont possibles.
 
Le CPAD lui-même a informé les patriotes ivoiriens que leur manifestation du 18 juin à La Haye peut s’en tenir à l’essentiel et peut être gratuite. Que la manifestation peut être gratuite, le CPAD le dit dans cet extrait de ses notes explicatives relatives au devis prévisionnel:« la place Malieveld est la plus grande place de la ville de la Haye. Elle est gérée par une entreprise privée et est donc payante. Vu le grand nombre que nous serons, l’alternative qui nous a été proposée par la mairie est une autre place gratuite qui se trouve à 5kms de la ville et qui est desservie par un seul bus. Nous avons opté pour la place centrale payante »
Qu’une manifestation essentielle est possible le 18 juin, au lieu d’une foire sur trois jours, le CPAD le dit également dans sa lettre aux « camarades de lutte»: «En dehors du Village de la Liberté, dit le CPAD, d’autres activités sont prévues, notamment une marche suivie d’un sit-in et qui partira du village. Celle-ci aura lieu le Lundi 18 juin sous réserve d’autres marches, notamment, une qui pourrait avoir lieu le samedi 16 juin en fonction du nombre d’arrivées.» Cette marche qui, pour nous, reste l’essentiel, peut donc bien partir de la place gratuite proposée par la mairie et située à 5 km de la ville. Les patriotes ivoiriens, qui ont fait preuve de bonne santé physique après plus d’un an de manifestations de rue (marches et meetings) peuvent bien marcher (5 km) de cette place gratuite pour se rendre dans la proximité de la CPI dans le cadre d’un sit-in.

Que le CPAD ne veut ni de l’essentiel ni de la gratuité de la manifestation du 18 juin. Il définit un budget de 21930 euros.


Les patriotes ivoiriens ont toujours eu à manifester à La Haye devant la Cour Pénale internationale, sans avoir eu à débourser un centime, hormis les frais de voyage. Mais pour le 18 juin prochain, ils sont invités par le CPAD à opérer une rupture. Malgré la possible gratuité de la manifestation du 18 juin prochain à La Haye, ainsi que la possibilité de la réduire à l’essentiel, le CPAD demande aux patriotes ivoiriens de payer. Dans cet optique, il a défini un budget (1) de 21900 euros pour 3 jours de manifestations, soit 7310 euros par jour. Pour avoir l’obtention des fonds,² le CPAD demande à chaque patriote qui se rendra à La Haye de donner une contribution minimale de 10 euros, en plus des contributions que sont appelées à donner d’autres organisations patriotiques. Raison de cette contribution: financement du projet d’installation d’un « village de la liberté Laurent Gbagbo». Un village qui ouvrira ses portes dès le samedi 16 juin. Pour recueillir les fonds, le CPAD a pris soin d’ouvrir un moyen de paiement par carte bancaire via Internet, pour ceux qui ne pourront pas payer directement auprès des différents responsables désignés dans chaque pays.

 
Une stratégie de l’indispensabilité du «village de la liberté»: le prétexte du CPAD.


 
Pour réussir son business, son deal, le CPAD tente de faire croire que le village qu’il projette d’installer est incontournable, est indispensable, alors qu’il sait bien qu’on peut s’en passer, pourvu qu’on veuille aller à l’essentiel et qu’on veuille éviter des dépenses inutiles aux patriotes ivoiriens. Par cette stratégie, le CPAD tente de faire croire que le village de la liberté est indispensable, et adresse une menace à peine voilée. C’est comme si le CPAD fait croire que sans le village de la liberté aucune manifestation des patriotes ivoiriens ne peut avoir lieu le 18 juin. Cela est bien perçu quand le CPAD écrit: «Suivant donc les accords qui découlent des discussions avec les autorités néerlandaises, Il est vivement recommandé que toute activité d’ordre publique à mener dans la ville fasse l’objet d’une information préalable du CPAD, qui se chargera d’en aviser les autorités administratives et policières. En conséquence de ce qui précède, les autorités insistent pour informer les Résistants qu’aucune manifestation sur la place publique qui n‘aurait pas été dûment autorisée ne pourra se dérouler sur le territoire de la Ville. De fait, le seul lieu de rassemblement autorisé et à partir duquel les activités arrêtées seront déployées est le Village de la Liberté Laurent GBAGBO

 
Obligation de financer le projet du village de la liberté: une contradiction flagrante du CPAD.


«Vu le grand nombre que nous serons, l’alternative qui nous a été proposée par la mairie est une autre place gratuite qui se trouve à 5kms de la ville et qui est desservie par un seul bus. Nous avons opté pour la place centrale payante.», peut-on lire dans la note explicative du devis estimatif fait par le CPAD. Le CPAD reconnaît donc avoir reçu de la mairie une proposition alternative d‘une place gratuite et qu‘un «village de la liberté » n’est pas nécessaire dans le cadre de l’audience du 18 juin à la CPI. Cependant le CPAD s’emploie à se contredire, sinon à s’écarter de la vérité en affirmant ceci: «Dans la mesure où nous ne disposerons pas d’autre alternative que de nous retrouver au Village de la Liberté, nous avons l’obligation de veiller à la mise en oeuvre de celui-ci. » Après avoir brandi la menace du «manque» d’alternative, tentant ainsi de jouer sur les craintes des uns et des autres relatives à l’utopie du village de la liberté, le CPAD poursuit en ces termes «Par conséquent, toutes les structures qui organisent des départs vers la Haye sont invitées à contribuer financièrement et du point de vue logistique et humain à la réalisation des différentes activités. (..)Au moment où nous écrivons ces lignes, le Village de la Liberté attendu par l’ensemble des patriotes et annoncé à grands renforts d’annonces dans les journaux risque de ne pas s’ouvrir faute de moyens suffisants. Assurément, cela serait un grand échec pour l’ensemble des résistants, lesquels se trouveraient exposés de surcroît à des risques d’insécurité compte tenu notamment de la présence annoncée d’agents provocateurs dans la ville»
 
Village de la liberté ou foire de l’insouciance!

 Le CPAD invite les patriotes ivoiriens à s’écarter de l’essentiel et du symbolique pour se retrouver dans ce que nous qualifions de foire de l’insouciance. Alors qu’ils devraient manifester essentiellement le 18 juin à la proximité de la Cour Pénale Internationale, à la suite d’une marche, les patriotes ivoiriens sont invités avant, et le jour même , à une foire qui ne dit pas son nom. Le village de la liberté se présente comme une véritable foire aux allures festives, un salon national et international des affaires et des affairistes. Telle est la lecture que nous faisons de ce propos du CPAD:
«- le village accueillera une exposition-photo sur la crise ivoirienne. - Une tente centrale sera affectée aux séances d’information, aux discussions politiques et aux conférences avec les conférenciers invités - Les différentes associations qui le souhaitent peuvent y tenir et animer des stands pour faire connaître leurs activités. - Un espace de rencontre est prévu également pour mettre en contact les patriotes qui souhaitent nouer d’éventuels partenariats dans les domaines économique, social, Humanitaire etc. les hommes et femmes d’affaire ainsi que tous les porteurs de projets sont donc attendus.- Des espaces de restauration sont également prévus : moyennant un droit de patente destiné au financement des activités, les personnes qui le souhaitent peuvent occuper un espace. - Un espace avec un podium et une sono sera dédié aux prestations des artistiques. - Des écrans géants seront déployés pour permettre de suivre les débats de la Cour .»
Des conférences pour dire quoi à qui, pour apprendre quoi à qui? Alors que le sort de Gbagbo se joue à la CPI, l’on veut profiter de l’occasion de ce 18 juin pour faire des affaires: «- Un espace de rencontre est prévu également pour mettre en contact les patriotes qui souhaitent nouer d’éventuels partenariats dans les domaines économique, social, Humanitaire etc. les hommes et femmes d’affaire ainsi que tous les porteurs de projets sont donc attendus.» Après avoir lu cela, nous éprouvons de la nausée. L’on est en droit de se demander si le 18 juin sera pour les patriotes ivoiriens un rendez-vous de manifestation politique ou un rendez-vous d’affaires pour le bonheur des affairistes.
 

 
 

Un "pilotage" discriminatoire des différents convois.

 
Le CPAD a opté pour la discrimination en appelant les patriotes ivoiriens en France de ne considérer que deux convois: celui organisé par les Femmes patriotes et celui du « train de la liberté ». Voici l’appel du CPAD aux patriotes ivoiriens en France: «- PARTICIPES aux convois organisés dans chaque pays par le CPAD et ses structures en vue d’une présence massive à la Haye. En France, notamment à Paris, hormis les cars organisés dans les différentes provinces, nous t’encourageons vivement à t’inscrire :
-Au convoi (Car + hébergement + repas) organisé par les Femmes Patriotes de France ainsi qu’aux formules d’hébergement (Places en auberges ou bungalows) proposées par celles-ci ; 800 places d’hébergement sont disponibles.
-Au «TRAIN DE LA LIBERTE» organisé par diverses organisations patriotiques.». Cependant le CPAD n’ignore pas qu’il y a plusieurs convois organisés à Paris par d’autres Organisations. Le CPAD ignore t-il qu’il n’a aucune légitimité pour donner indistinctement une telle consigne de voyage à tous les patriotes ivoiriens en France? Le CPAD espère-t-il par cette consigne incongrue saboter les convois qui ne font pas son affaire, avec qui il n’a pu conclure de deal dans son intérêt?

A force de planer dans les airs, les pilotes du CPAD semblent ne pas voir la réalité ou ne pas la comprendre. C’est pourquoi nous leur demandons vivement de faire leur atterrissage, de redescendre sur terre.
 
Conclusion
 

Les patriotes ivoiriens se rendront à la CPI le 18 juin pour l’essentiel et le symbolique. Car il s’agira de rendre publiquement témoignage de la moralité de Laurent Gbagbo. Tel est le sens de la manifestation du 18 juin. Ce témoignage peut peser dans l’appréciation des juges. Le message de ce témoignage est simple et clair: «Gbagbo n’est ni un criminel, ni un dictateur comme on veut le faire croire au monde entier. Il est le président légitime de la Côte d’Ivoire, victime d’un complot politique international. S’il était criminel, il n’aurait recherché pendant 8 ans la paix en Côte d’Ivoire à travers, dialogues et Accords politiques. Nous qui manifestons ne saurons soutenir un criminel. Démocrate, Gbagbo a accepté la tenu de l’élection présidentielle sous la pression de la communauté internationale, alors que tous savaient que les conditions d’un scrutin apaisé n’étaient pas réunies. Élu président selon la décision du Conseil Constitutionnel, une guerre lui a été imposée. En position de légitime défense, Gbagbo n’a fait que défendre son pays dont la sûreté relevait de sa responsabilité. Juges de la CPI, les criminels sont en liberté, libérez l’innocent Gbagbo, notre président.»

 
Une contribution de Michel Zahui

Note: (1): Le budget présenté sous forme de devis:
Budget prévisionnel du village de la liberté:
Devis "Village de la Liberté Laurent Gbagbo à la Haye"
 
 
par jour (Euros)
 
 
 
1
 
 
Location de la place Malieveld
 
1800
 
2
 
 
Location podium + sono
 
2500
 
3
 
 
Location grande tente 6m/9m + petit podium
 
460
 
4
 
 
Location 2 petites tentes
 
400
 
5
 
 
Location Beamer + Ecran
 
350
 
6
 
 
Location 15 toilettes
 
750
 
7
 
 
Location 50 tables + bancs
 
400
 
8
 
 
Location 2 groupes électrogènes 30kva
 
480
 
9
 
 
Location éclairage
 
170
 
Total
 
 
7,310
 
 
 




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