A l’approche du 13 juin 2014: Les bonnes nouvelles se multiplient pour Gbagbo

Dimanche 25 Mai 2014 - 00:59


Malgré la consigne du « grand chef » de ne pas piper mot de leurs échanges avec le président Laurent Gbagbo, pratiquement, tous ceux qui ont récemment effectué le voyage sur la Haye, ne peuvent s’empêcher de rester muets comme une tombe, même s’ils se gardent néanmoins de donner des détails de leurs différents  entretiens. « Comment garder pour soi, ce grand optimisme, cette foi profonde en une libération prochaine du président Laurent Gbagbo, qui lui-même, dans ses propos, se projette déjà dans l’après-CPI, dans ce qu’il fera, dans les prochaines semaines, en tant qu’homme libre» ? Selon un proche du célèbre prisonnier du pénitencier de Scheveningen, rentré fraichement de la Haye, telle semble la principale difficulté qui se pose à tous ceux qui ont récemment échangé avec le président Laurent Gbagbo. D’où les fuites relayées régulièrement dans les colonnes de certains journaux de la place. Des indiscrétions qui de l’avis de certains observateurs, sont des signes avant-coureurs d’un grand bon- heur attendu depuis plus de trois ans, par les partisans de l’ex-chef de l’Etat ivoirien. Dans l’intervalle, ces derniers ont de quoi soigner leur moral et leur optimisme avec notamment les malheurs continus de la procureure Fatou Bensouda, de plus en plus mise à mal dans son dossier d’accusation, par ses propres témoins, mais aussi avec la nouvelle posture du duo sino-russe qui entend désormais dire son fait à l’Onu et aux pays occidentaux, bourreaux des petits Etats et partant, des dirigeants jugés « gênants » par ces puissances occidentales. Dans le premier cas, si on s’en tient aux récentes observations de Me Emmanuel Altit, sur les dernières conclusions de la procureure de la Cour pénale internationale (CPI), on comprend, par exemple, que sur la question des vidéos versées au dossier, « (…) 43. Pas plus qu’en janvier  et février 2013, le Procureur n’a pris la précaution élémentaire de faire vérifier les vidéos dont il dispose qui toutes sont des montages composés à partir d’images de provenances diverses. Non seulement le Procureur n’a pas fait analyser ces vidéos par un expert, mais encore, n’a-t-il pas pris la peine de vérifier leur provenance. Les témoins qui lui auraient remis ces vidéos, P 18952, P18543 et P 21754, sont éminemment suspects. Quant à l’origine des vidéos, elle est inconnue. Enfin, le Procureur ne semble pas disposer d’un seul original et s’être contenté de copies lui ayant été apportées par des personnes inconnues ou qui n’avaient aucune raison de disposer de telles vidéos. Pour le reste, il semble avoir récolté quelques- unes sur You Tube. Dans ces conditions, des vérifications élémentaires s’imposaient. » Et l’avocat d’enfoncer, un peu plus loin, le clou : «44. Le Procureur n’a respecté ici aucun des critères de base permettant de produire des vidéos en justice. En d’autres termes, il n’a mené aucune enquête en relation avec ces vidéos. Ceci est d’autant plus regrettable que, dans une affaire aussi importante, il avait comme obligation de prendre toutes les précautions de façon à se prémunir et à prémunir la défense et la Chambre contre toute tentative de manipulation. » C’est dire si la magistrate gambienne aura toutes les peines du monde à faire prospérer sa science auprès des juges de la chambre préliminaire 1 dont le verdict est attendu le 13 juin prochain ! A charge pour ces derniers d’indiquer, si oui ou non, les éléments du procureur sont susceptibles ou non d’ouvrir la porte à un procès du président Laurent Gbagbo. Autre élément de réconfort, l’engagement nouveau des dirigeants de la Russie et de la Chine, décidés à se démarquer dorénavant des micmacs et autres manœuvres de déstabilisation franco-américaines, partout dans le monde, l’Afrique y compris. Un nouvel état d’esprit qui fera certainement réfléchir par deux fois, les comploteurs occidentaux même dans leurs traditionnelles sphères d’influence. Dans l’affaire Laurent Gbagbo, ce nouveau cap peut faire changer bien de choses après avoir fait bouger les lignes bien évidemment. Autre bonne nouvelle, la CPI, dans un communiqué mis en ligne hier, a indiqué que les affaires Laurent Gbagbo et Blé Goudé sont deux procédures bien différentes devant la Cour. On comprend par là, par exemple que, le président Laurent Gbagbo pourrait bénéficier le 13 juin prochain, d’une mise en liberté provisoire sans que les juges ne soient obligés d’attendre le 18 août 2014, date de l’audience de confirmation ou non des charges contre Charles Blé Goudé avant de se faire une conviction définitive. Autres éléments et non des moindres, les négociations souterraines qui ont lieu ces dernières semaines, dans les cercles occidentaux, autour du cas Gbagbo et la reprise du dialogue politique entre le FPI et le gouvernement. Ce n’est un secret pour personne aujourd’hui que des tractations ont cours depuis peu entre les lobbyistes occidentaux de Gbagbo et des émissaires franco-onusiens à l’effet de régler politiquement l’affaire. S’agissant du retour du FPI à la table de négociation, c’est une nouvelle étape de franchie, vu que le régime Ouattara a toujours promis de s’investir davantage dans la recherche de solution au cas Gbagbo si et seulement si le FPI faisait profil bas et se montrait plus conciliant avec les nouveaux dirigeants. Or depuis jeudi dernier, le président Pascal Affi N’guessan et les siens sont sur ce chemin. ▄

Géraldine diomandé

Source: Aujourd’hui / N°650 du Samedi 24 au Dimanche 25 Mai 2014




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