50 millions à la présidence de CI : La CEI serait-elle au dessus du peuple ?

Jeudi 16 Mars 2017 - 21:59


Youssouf Bakayoko, président de la CEI
Youssouf Bakayoko, président de la CEI

DECLARATION :GRADDH-AFRIQUE

 

  1. RAPPEL DU CONTEXTE :

Par voie de presse GRADDH-AFRIQUE a appris qu’à l’occasion d’un atelier dit d’évaluation interne qu’elle a organisé à Grand-Bassam, le samedi 11 Mars 2017, la Commission électorale indépendante (CEI) de Côte d’Ivoire a fait, bien curieusement, des recommandations visant à modifier, à durcir, les conditions et les modalités à remplir pour tout prétendant à la candidature à la Présidence de la République et à la députation en Côte d’Ivoire.

Au moment où des mutineries à répétition coûtent des dizaines de Milliards aux contribuables ; ainsi que les grèves des fonctionnaires, des étudiants et des élèves préoccupent les populations ivoiriennes ;

Au moment où les procès contre le Président Laurent GBAGBO et ses partisans confondent de jour en jour le régime-Ouattara, tant à Haye qu’à Abidjan ;

GRADDH-AFRIQUE s’interroge sur l’opportunité et sur la légitimité de la CEI pour faire de telles propositions aux Ivoiriens, s’agissant notamment de la caution à verser pour candidater à la présidence de la République qui passerait désormais de vingt (20) Millions à cinquante (50) Millions de Francs CFA.

  1. ANALYSE DE LA PROPOSITION DE LA CEI :

L’analyse du Groupe de Réflexion et d’Actions pour la Démocratie et les Droits de l’Homme en Afrique (GRADDH-AFRIQUE) consiste en des interrogations portant sur la forme et sur le fond.

1/ Sur la forme :

GRADDH-AFRIQUE se demande si la Commission électorale dite indépendante a la légitimité requise, devant le Peuple souverain et au regard de la Constitution ivoirienne, pour statuer sur les conditions ou modalités à remplir pour être candidat à la présidence de la République ou au Parlement ivoiriens.

En effet, dans un pays disposant d’un Parlement dont les membres viennent d’être renouvelés, auquel s’adjoindront désormais des Sénateurs ; sans négliger l’existence d’une Chambre Nationale des Rois et Chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, on peut se demander quelle est la légitimité des membres d’une Commission électorale pro-Ouattara, de (simples) personnalités nommées par le Chef de l’Etat, souvent sans qualification aucune en matière d’élection, pour prétendre réfléchir (à eux seuls) sur les dispositions de candidature à la magistrature suprême du pays ? A quel titre ?

Et puis qu’en dit le Conseil Constitutionnel ivoirien ; à quoi sert donc cette institution : n’y-a-t-il pas là violation de la Constitution ?

2/ Sur le fond :

GRADDH-AFRIQUE veut comprendre pourquoi, si le régime au pouvoir considérait la condition financière si importante à ses yeux, cette disposition n’a-t-elle pas été intégrée dans sa Constitution, afin de la faire plébisciter par ses partisans et sympathisants ? La CEI voudrait-elle se loger au dessus du Peuple souverain ?

D’un point de vue Morale et Ethique, GRADDH-AFRIQUE se demande pourquoi sous le règne de M. Alassane OUATTARA, lui et ses amis de l’ex-rébellion et du RHDP avec qui il gouverne le pays, sont-ils si portés, soit sur l’Argent, soit sur les Armes ?

Doit-on conclure que le régime au pouvoir actuellement en Côte d’Ivoire n’a que faire des valeurs morales ou humaines, ou de la probité de celles et de ceux qui dirigent ou aspirent diriger le pays ?

Cette sortie de la CEI ne vise-t-elle pas en réalité à soutenir les candidatures déjà déclarées des ‘’preneurs d’armes’’ et des ‘’braqueurs des banques’’ ?

Enfin, dans une Afrique en pleine émergence démocratique, à quoi rime une telle proposition portant sur la fortune financière des candidats, si ce n’est à faire rétrograder la Démocratie ?

GRADDH-AFRIQUE s’interroge et NOUS interroge : QUELLE CÔTE D’IVOIRE ET QUELLE AFRIQUE VEUT-ON LAISSER EN HERITAGE AUX GENERATIONS FUTURES ; CELLE DIRIGEE PAR DES VOLEURS ET DE VULGAIRES RICHES, SANS VALEUR AUCUNE ?

  1. GRADDH-AFRIQUE S’INDIGNE ET REFUTE :

GRADDH-AFRIQUE s’indigne contre cette méthode hasardeuse de la Commission électorale ivoirienne ayant abouti à ces recommandations : de telles propositions eussent été faites par des élus à l’Assemblée Nationale ou au Sénat, ou par un collège de partis politiques et d’acteurs de la Société civile, qu’elles auraient été crédibles.

GRADDH-AFRIQUE rejette donc cette pseudo-proposition de la CEI !

GRADDH-AFRIQUE invite par conséquent les Ivoiriennes et les Ivoiriens, dans leurs différentes composantes au sein de la société, à rejeter et à s’opposer à cette proposition de 50 Millions, qui tend à dévoyer ou à pervertir la société ivoirienne et donc l’Afrique.


 

Fait à Rome, ITALIE, le 14 Mars 2017

Pour GRADDH-AFRIQUE

Groupe de Réflexion et d’Actions pour la Démocratie et les Droits de l’Homme en Afrique

Le Président


 


 

Dr BOGA Sako Gervais





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