2ème anniversaire de la déportation à la Cpi: Sangaré révèle la face cachée de Gbagbo

A l'occasion du 2ème anniversaire de la déportation à La Haye du père de la démocratie en Côte d'Ivoire, son compagnon de lutte, Abou Drahamane Sangaré, dévoile la face cachéede Laurent Gbagbo.

Lundi 2 Décembre 2013 - 17:00


Il y avait foule, samedi dernier, au siège provisoire du Front populaire ivoirien (Fpi), à la Riviera-Attoban (Abidjan). Et on pourrait dire, sans se tromper, tout ce beau monde a eu le nez creux en faisant massivement le déplacement à l'ex-quartier général de campagne du candidat de La Majorité présidentiel (Lmp). A l'occasion de la commémoration du 2ème anniversaire de la déportation de Laurent Gbagbo à La Haye, aux Pays- Bas, son ancien compagnon de lutte, Abou Drahamane Sangaré, a levé un coin de voile sur la vie du père de la démocratie en Côte d'Ivoire. Mais avant, le 1er vice-prési - dent du Fpi a tenu à rendre un hommage mérité aux chefs d'Etat africains et à la présidente de la commission de l'Union africaine (UA) pour leur combat en faveur du respect et la dignité de l'Afrique. « En s'insurgeant contre la Justice raciale de la Cour pénale internationale, ils ne s'engagent pas dans un combat pour l'impunité pour les dirigeants africains, mais dans un combat pour leur considération » , a-t-il précisé. Aux patriotes de tous les continents, aux forces sociales et démocratiques ainsi qu’à toutes ces personnes anonymes éprises de paix et de Justice, il a dit son admiration pour leur mobilisation permanente pour la libération du président Laurent Gbagbo. « En cela, ils ont compris le sens de son combat pour l'indépendance et la souveraineté de l'Afrique », indique l'ancien inspecteur général d'Etat. Convaincu que, dans un jour proche, sa formation politique et tous ces combattants de la liberté se retrouveront avec le président Gbagbo pour célébrer l'amitié et la fraternité véritables. Sangaré Abou Drahamane leur fait, à l'occasion, une confidence : «votre foi continue d'accomplir des miracles : les diaboliques sont à la manœuvre. Le faux est vrai. Le vrai est faux. Le beau est laid. Le laid est beau. Le gentil est méchant. Le méchant est gentil. Le diable se fait ange. Et les anges sont peints sous les traits du diable. Les conflits commencent, non quand on brandit les armes, mais quand on appelle vraies les choses qui sont fausses et inversement ». Alors il dira : « Nous irons jusqu'au bout pour faire triompher la Justice et la vérité. Alors seulement alors, le vrai sera le vrai, le faux sera le faux, le beau sera le beau, le laid sera le laid, la victime sera la victime, le bourreau sera le bourreau, le gentil sera le gentil, le méchant sera le méchant, l'ange se fera ange, le diable se fera diable. Et la Côte d'Ivoire qui, aujourd'hui, marche sur la tête se redressera et marchera sur les pieds» . Sangaré Abou Drahamane explique, en effet, qu'avec la mobilisation de tous, la communauté internationale, de plus en plus, se rend compte que Laurent Gbagbo pris pour le bourreau n'est en réalité que la victime. Et qu'elle s'aperçoit qu'elle s'est laissée abusée. A la direction de son parti et aux militants de base, le 1er  vice-président du parti à la rose a dit sa fierté d'être militant du Fpi.  « Un parti né dans la souffrance et la douleur et qui continue à porter la croix de la démocratie», dira-t-il. Laurent Gbagbo, l'un des 5 membres fondateurs de ce parti, est à la Cpi. Un autre, Simone Gbagbo, est réclamé par la Cpi. Un autre encore, l'ambassadeur Kokora Pascal, a pris la voie de l'exil. Il est aux Etats-Unis d'Amérique. Le quatrième, Emile Boga Doudou, a été abattu par les rebelles, le 19 septembre 2002. Et le cinquième, Sangaré Abou Drahamane, est un prisonnier politique en liberté provisoire. L'ancien compagnon du président Gbagbo a salué ses camarades pour avoir surtout pris la décision de commémorer la date anniversaire de la déportation de leur leader à la Cour pénale internationale. Synonyme, à l'en croire, du requiem de la mort du processus démocratique en Côte d'Ivoire à l'opposé du 30 avril qui marque le retour du pays au multipartisme. «Ailleurs, dans d'autres formations, on aurait assisté à un festival de positionnement assorti de crocs en jambes... A l'heure de trahison et de retournement de veste, à l'heure où certains affirment leur loyauté avec déloyauté, il faut dire merci même quand cela va de soi. Ensemble, nous l'avons accompagné dans l'oppostion, ensemble nous l'avons accompagné au pouvoir, ensemble nous avons le devoir incompressible de l'accompagner dans son cruel et injuste exil et d'œu - vrer à sa libération sans condition et à son retour effectif en Côte d'Ivoire, son pays » , rassure-t-il. Aussi, il dira que l'histoire de la Côte d'Ivoire est aussi l'histoire de Laurent Gbagbo. Ce « chaînon manquant de la réconciliation de la réconciliation ». C'est d'ailleurs pourquoi il invite les Ivoiriens à avoir une pensée pieuse pour tous les prisonniers politiques et exilés politiques. Sangaré Abou Drahamane fait alors une incursion dans la vie de son compagnon de toujours. Mais il prévient, la vie et le combat de Laurent Gbagbo sont pour la Côte d'Ivoire, pour l'Afrique et non pour le pouvoir. Même si pour y arriver, cela exige la prise du pouvoir. Tout en reconnaissant qu'il n'est pas facile de faire la différence entre la vie de Laurent Gbagbo et son combat et entre sa vie et son combat. Toutefois, Sangaré Abou Drahamane va axer son exposé autour de trois points. La révélation, les clefs de réalisation de la révélation et la révélation se fait certitude, Laurent Gbagbo président de la République. Parlant de la révélation, il affirme que la vie du président Laurent Gbagbo rappelle l'univers impitoyable de la série télévisée américaine Dallas. « Dans sa vie, par moments, tout se joue sur une opportunité qu'il faut savoir saisir. Parce que sa vie a pris le risque de se mêler à l'histoire. Une histoire parfois tragique ». Alors, il révèle que le père de Laurent Gbagbo avait prophétisé que son fils sera président de la République. L'actuel pensionnaire de la prison de la Cpi était encore au cours préparatoire Première année. Il révèle par ailleurs que Laurent Gbagbo a dû aussi abandonner les études de Latin pour étudier l'histoire. Et s'engager dans le syndicalisme et finir dans la politique pour être plus utile à son pays et à l'Afrique.

Robert Krassault ciurbaine@yahoo.fr

Source : Notre Voie N°4581 du lundi 2 décembre 2013




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