2 semaines après sa démission surprise: La France se saisit du dossier Wodié

Selon plusieurs sources, l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire a reçu la semaine dernière l’ancien président du conseil constitutionnel Francis Wodié qui n’a toujours pas fait de passation de charges avec son successeur. Le diplomate jouerait les entremetteurs entre le professeur de droit constitutionnel et le pouvoir et espère calmer le jeu.

Mercredi 18 Février 2015 - 22:51


Francis Wodié
Francis Wodié
En attendant, le conseil constitutionnel est toujours bloqué. Deux semaines après la rocambolesque démission de son président, le Pr. Francis Wodié, cette structure essentielle à l’organisation des élections n’a pas encore retrouvé son calme. Le nouveau président, le magistrat Koné Mamadou, n’a pas officiellement posé ses valises dans ses nouveaux bureaux et un inédit ballet de personnalités se déroule à quelques kilomètres de là, au domicile de l’ambassadeur de France plus précisément. Selon plusieurs témoignages, l’ambassadeur de France s’évertue en effet à pacifier les relations entre Francis Wodié et le chef de l’Etat. Car les deux hommes ne se seraient pas bien quittés. Certes, le président du conseil constitutionnel est retourné à son bureau, une semaine après les événements, et a brièvement expliqué au personnel, sans prendre le temps de s’asseoir, qu’il avait effectivement démissionné de ses fonctions comme l’avaient relaté la presse. Mais les mêmes sources affirment que l’ancien président aurait voulu être traité avec un peu plus d’égard. C’est ce qu’essaierait de faire le diplomate français qui tente de convaincre Ouattara de décorer l’ancien président du conseil constitutionnel avant de le nommer dans les fonctions d’ambassadeur dans un pays à l’étranger. Cette stratégie aurait en effet l’avantage d’amadouer Wodié et aiderait à mieux préparer la passation des charges qui n’a toujours pas été programmée, deux semaines après le départ officiel de l’ancien président. Certains proches du régime tentent d’ailleurs de minimiser les suites de cette affaire. Selon l’un d’entre eux, si la passation des charges n’a pas encore eu lieu, c’est essentiellement parce que Wodié a demandé du temps pour rédiger son rapport et mettre en place les dossiers sur lesquels va porter la passation. Une telle version a cependant du mal à prospérer, puisque selon les médias la démission de Wodié était sur le bureau de Ouattara depuis au moins dix jours. Et que si, en plus, c’est sans rancune qu’il s’en va, il se serait certainement préparé à mettre de l’ordre dans les dossiers de passation. En revanche pour des sources émanant de personnes se sentant proches de l’ancien président, le gouvernement tente de calmer le jeu, étant donné qu’une réaction négative de l’ancien président ruinerait les apparences de changement bien assumé par chaque partie. Car si Wodié aurait toujours dit que s’il a été accusé d’avoir été un piètre homme politique, en revanche on ne le prendrait jamais à défaut sur une question de droit, certains observateurs assurent qu’il a été forcé à partir. « Certes, il ne parlera jamais mais on sait tous que Wodié a été démissionné et il veut être réhabilité ». Quelques espèces et trébuchantes pourraient-elles à elles faire retomber la tension entre Ouattara et Wodié ? Les prochains jours nous situeront. En attendant, l’ancien président s’est replié sur sa résidence de Grand-Bassam. Des sources qu’il nous a pas été possible de vérifier assurent que Francis Wodié s’était réfugié, après sa démission à l’ambassade de France avant de regagner son domicile. Cela dit, deux semaines après le départ de l’ancien président, le conseil constitutionnel ressemble à une maison hantée. En l’absence du nouveau président qui n’a pas encore été officiellement installé et de son vice-président Hyacinthe Sarassoro, avocat de Ouattara, fatigué par l’âge, c’est le secrétaire général qui assure le fonctionnement de la maison. « Personne ne travaille ici. Moi, je passe mon temps sur facebook. Puis à 12 heures, je descends pour ma pause. En remontant, je fais la même chose jusqu’au soir, à l’heure de la descente », assure un agent du conseil constitutionnel rencontré il ya quelques jours. En raison de l’ambiance qui prévaut dans les bureaux, difficile de se confier. « Moi j’ai décidé que quelque chose ne sortirait pas de ma bouche et je m’y tiens », conclut notre interlocuteur qui attend l’arrivée du nouveau président avec anxiété. Parce que, comme il le dit, « si tu n’es pas RDR, ton compte est forcément bon ! »


Sévérine Blé

Source: Aujourd’hui / N°829




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